CE QU-0>' A VOTÉ LE ?3 OCTOBRE
23 octobre 1848.
La Constilulion est volée !
La discussion, ayant commencé le 4 septembre et fini le 23 octobre 1848, a duré cinquante jours. Quelle vive lumière a jailli de cette longue discussion? Un temps si précieux ne pouvait-il donc recevoir un plus utile emploi?
Ne pouvait-on se hàler moins lentement de sortir de ce provisoire qui, depuis neuf mois qu'il dure, nous mine, nous ruine, et menace d'entraîner dans sa chute Téboulement de la société?
N'élait-il donc pas possible de concevoir une Constitution sommaire et cependant complète, dont la rédaction, la discussion et le vote n'exigeassent qu'un seul jour?
Sans doute, ce sont trois nobles mots à inscrire au frontispice d'une Constitution que ceux-ci : liberté, égalité, fraternité; mais il en est trois autres qu'il n'eût pas été inutile d'écrire à la base : simplicité, élasticité, stabilité.
^Simplicité! car une Constitution destinée à se graver dans la mémoire de tout un peuple ne doit imposer à son intelligence aucun effort. Il serait désirable qu'elle fût assez courte pour tenir au revers de nos pièces de monnaie.
Elasticité! car une Constitution, sous peine de révolu-
CK QU'ON A NOTE LE 2:i OCTOBItE 1848. 715
lions nouvelles, doit se prùler à toutes les nécessités du temps, à tous les redressements de l'expérience.
Stobilité! car une Constituîion qui ne se barne pas à recueillir les titres du passé, qui empiète sur Tavenir, qui se Hasarde dans riiieonnu, est une constitution jnécaire et condamnée.
Dans le mécanisme d'une Conslituliun, on ne saurait trop se garder d'introduire un rouage, ne IVil-ce quini seul, qui n'ait pas été éprouvé.
C'est là une vérité élémentaire (luenseignait Texpérience. Cette fois encore on n'en a tenu aucun compte.
Un seul jour eût pleinement suffi à la rédaction, h la discussion et au vole de la Constitution suivante :
CONSTITUTIOX DE 1848.
« Les ruprésentantâ du peuple français, élus par le suffrage universel et constitués en Assemblée nationale, ont déclaré ce qui suit :
« I. — I.,a lléptiblique est la nouvelle forme du gouvernement de la ). France.
» II. — Tous les droits proclamés par les Constitutions antéiieures sont » reconnus sans discussion et maintenus sans re:?trictions. Ils sont invlo- » lubies.
» III. — La loi seule oblige les citoyens. La majorité fait la loi. La ma- II joi-ité de la F"rance électorale est représentée par la majorité de l'As- » semblée nationale, siégeant en vertu du suffrage direct et universel et se » réunissant de droit le l*^' mai de chaque année.
» IV. — Tous les pouvoirs législatifs et exécutifs sont délégués à un » président qui reçoit le titre de : Président responsable. Il est élu par l'As- » semblée nationale; il choisit et révoque les ministres qu'il s'adjoint rt II exerce ses fonctions aussi longtemps qu'il conserve la confiance de la » majorité. Celte confiance s'exprime par un vote spécial et par le vote » annuel des recettes et des dépenses de l'Etat.
)> V. — Aucun impôt nepeutètre perçu et ne doit être payé s'il n'a été » voté par l'Assemblée nationale.
h VI. — En cas d'usurpation du pouvoir o-i d'atteinte aux libertés pu » bliques, le refus de l'impôt est un droit et un devoir. «
Quelle Constitution ii la fois plus subslantirlK^ et plus brève '?
Nous le demandons h quiconque la lira.
Est-il rien d'omis, rien de superflu '^
71(i lf*48.
Esl-il un tilre plus simple o( co[)on(liuil plus solennol : le Président responsable '/
Pour le ehef du pouvoir exécutir. (juel avertissement salutaire que cet appel constamment atlressé à sa mémoire et a sa conscience, puisqu'il ne pourrait rien signer clans l'exercice de ses fonctions (pi'il n'ait à ti'acer au-dessous (le son nom ce mol, toujours ce mot : Responsable !
Oui, responsable, car la res|)onsal)ililé est d'essence républicaine, comme l'inviolabilité est d'essence monarchique. Qui tlii hérédité dit inrio'abilité: qui dit fonction dit responsabilité.
Au lieu d'un président responsable, qu'a-t-on fait ?
— On a fait un roi temporaire, une i-oyauté de troisième degré.
Ce qu'une telle royauté durera, on le verra !
Fl>' DU VOLUME
Pages.
1848. CuuSancc! confiance! 3
— Au Peuple C
— La République lO
— Pas de Régence 14
— Le Commerce n'ira plu> 21
— Une Idée par jour 2ii
— Loi électorale provisoire 2H
— La Liberté 38
— La Politique île l'avenir 43
— Organisez, ne désorganisez pas <iii
— Les Impuissants ti?
— Xécessité d'un Congrès européen 72
— Ce qui pres.se '■'<
— Henri V 82
— Aux Ouvriers 88
— Les Républicains du lemliinain 94
— I.aGuerreetla Peur ' «9
— Notre Idée fixe 1"7
— Les Circulaires et les Elections 109
— Majorité et Monarchie 114
— Divisez le travail, centralisez le pouvoir 12()
— Patriotisme, mais Impuissanc^i 12.5
— M. de Girardin e>t-il pour la Régence? 13.'i
— Les Elections ; . . 13^i
— Les Idées.. . .■ 151
— Premier Épisode d'une grande histoire 15.";
— L'Ordre sans fusils I<i3
— Le Droit d'association sous la République Ifîti
— La Dictature ; l'Arbitraire lt>^*
— La Faiblesse du pouvoir l'4
— L'Optimisme et la Misère .1"^
— Question et Réponse.' 184
Pages.
1343. Les Paroles d'un voyant . . : 139
— Le A'«/(onai et la Presse 1%
— La ni'forme et \a. Presse 203
— Deuxième Épisode d'une grande histoire 209
— Un Mauvais Citoyen 221
— Les Élections du 28 avril 1848 234
— La Réaction 265
— Vn ^lois de trêve 270
— Le Décret des gilets blancs 274
— L'Assemblée nationale 277
— Trop ou trop peu 284
— La Paix c'est la Liberté 28*)
— Les deux Courants 290
— La Vérité 292
— Ce que signifie le mot : Modéré 314
— La Terreur déguisée 318
— Le Représeiikint du Peujile 325
— La Liberté personnelle sous la Piépublique 344
— Les Incapables 347
— Il ne faut pas s'endormir 352
— Accusation de pessimisme 356
— Candidature acceptée 358
— Anarchie 372
— Les Trois Réformes 331
— Lettres du prince de Joinville 337
— La Loi du 26 mai 1848 402
— Un Ministre déplorable 403
— Les Illusions dangereuses 408
— L'Egalité devant la misère 414
— ' Les Républicains de naissance 416
— Angleterre et France 420
— On l'on nous mène 425
— L'Abnégation en politiqr.e 431
— Court Dialogue 436
— Retirez-vous 437
— Ils se sont retirés 441
— Journal d'un journaliste au secret 447
— Réforme du régime pénal.
— Le Peupl^.
— Les Conspirateurs.
— Les Républicains delà veille.
— Bon Sens : Bonne Foi.
•» Défuillauee des journaux en juillet 184S.
Pages
1843. Documents pour riiisloire 512
— 1. Protestation.
— II. Pétition à l'Asseniblte nationale.
— III. Consultation et Adhésions.
— IV. Aux Abonnés de la Presse.
y. Au Pri'sident de l'Assemblée constituante.
— VI. La /'/e.v.';? supprimée reparaît.
— Égalité devant la loi 5t}-!
— Le Droit ancien et le Droit nouveau 579
— L'Erreur de tous les Partie. 587
— La Misère 590
— Ils s'accusent et se ressemblent 593
— L'Enquête du 15 mai 184B ôOii
— L'Erreur de tous les gouvernements tiÔO
— Liberté de la presse sous la République (502
— Sincérité des élections sous la République 63(5
— Les Transportés de juin 184S H4ti
— La Ten-eur 649
— Encore la Liberté de l'enseignement 051
— L'Amendement Grévy 653
— Le Vote du 7 octobre 1848 661
— L'État de siège 66H
— Le Gouvernement le plus parfait 675
— L'Optimisme républicain 679
— La Logique des situations 686
— Pardonner c'est prévoir 690
— Le Ministère du 15 octobre 1848 692
— Confusion : Conciliation 697
— Le Luxe 703.
— La Justice et la Politique 705
— Le Bonnet de la Répiiblitiue 708
— M. Guizot absous 71
— . Les Distinctions arbitraires 712
— Ce qu'on a voté le 23 octobre 1848 ' 714
UN Uli L.V T.vni.E UES .M.\T1ÈUES.
BINDING SECT. DEC 1 7 1970
DC Girardin, Êrnile de
266 (^iuestions de mon temps