‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856Chapitre 67 sur 199 · LES DEUX COURANTS · texte numérisé non relu

LES DEUX COURANTS

5 mai 1843.

Un courant entraîne la Franqe républicaine ; un autre courant la retient; de ces deux courants, l'un et l'autre démocratiques, qui vont en sens contraire, lequel sera le plus fort? Sera-ce celui de la violence, de rintimidation, de l'injure, de l'anarchie, de la destruction ? Sera-ce celui de la liberté, de- la persuasion, de la discussion, de l'ordre, de la régénération? Nul aujourdluii ne pourrait le prévoir et le dire. Il n'y aurait aucun doute que ce dernier courant ne fût celui qui remportât, si le gouvernement provisoire lui-même n'était pas divisé, et n'obéissait pas à deux tendances opposées.

Ainsi, pendant que des démagogues, plongés dans l'ivresse furibonde d'un triomphe inespéré, ne reculent devant aucun excès de la liberté de la presse, ne craignant pas d'attenter à la raison du peuple par des proclamations insensées, des dénonciations mensongères, d'ignominieux libelles, d'ignobles chansons, des démocrates, d'une sincérité non suspecte, s'efTorcent, par dévoûment pour la République qu'ils aiment et qu'ils voudraient conserver pure, de mettre une digue au débordement de l'injure et de la calomnie. C'est une noble mission qu'ils se sont donnée 1

Il faudrait n'avoir pas d'yeux pour ne pas voir que la Ré-

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