LES TROIS REFORMES
Renoncer au suflrage universel ?
Recommencer une révolution ?
Revenir à la dictature ?
Renoncer au suffrage universel! ce serait condamner la légitimité de la révolution du 24 février faite avec ce mot d'ordre : Réforme! Ce serait absoudre M. Guizot! Ce serait glorifier le roi Louis-Philippe !
Recommencer une révolution ! Mais où est la garantie que cette révolution serait moins stérile que celle du 24 février? Où est la preuve qu'il y a plus d'idées dans la tète de M. Blanqui que dans celle de M. Ledru-Rollin? Où est la preuve que les idées de M. Pierre Leroux sont plus justes que celles de M. Louis Blanc, idées que deux mois d'épreuves ont suffi pour condamner ? Et puis, cela fût-il, comment MM. Blanqui, Barbes, Pierre Leroux et Cabet s'y prendiaient-ils pour que le suffrage universel, qui n'a produit, à en croire la Réforme, qu'une Assemblée non sérieuse, portât des fruits plus mûrs ?
Revenir à la dictature! La dictature a existé pendant soixante-douze jours. Qu'en ont fait MM. AlDert, Louis Blanc, Flocon, Ledru-Rollin, tous les quatre inscrits sur le progi"amme du 15 mai? Où est la certitude que, remise de nouveau entre leurs mains, la dictature serait moins impuissante ?
Si la Réforme le peut, qu'elle réponde à ces trois questions. Mais elle n'y répondra pas , elle craindra d'y répondre.
La question de réforme politique est donc une question jugée; ce que la réforme politique pouvait donner, elle l'a donné. On a élargi le diamètre de la meule, peine inutile ! « Le moulin n'avait rien à moudre. » Ainsi se trouvent converties en fait nos paroles du 14 octobre 1847, adressées à M. Ledru-Rollin.
La question de réforme sociale est sinon une question jugée, du moins une question gravement compromise par les décrets relatifs au travail datés de l'Hôtel-de-Ville, et par les discours tenus à la commission du Luxembourg. V Atelier