‹ Questions de morale et d'éducation: Conférences faites a l'école de FontenayChapitre 8 sur 31 · XIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XIV AVANT-PROPOS

erale, d'un Maix-Aurële, d'un Pascal? L'homme verlueujc, disait Aristote, est lui-même la règle et la mesure de la vertu. Et n'est-ce pas en effet un véritable criténum, que l'accord des intelligences humaines, et en particulier des plus sublimes intelligences, sur les fins qui conviennent à l'activité de l'homme?

Je ne suis donc pîis dépourvu de guides; je trouve des principes direcleurs, en entrant en communion avec les hommes en général et avec les plus grands penseurs et hommes de bien de tous les temps. Peutêtre toute la sagesse en matière pratique se résumet-elle dans la parole célèbre : « Je suis homme, et ne considère rien d*humain comme m'élant étranger. » Il serait étrange qu'un homme rejetât, sans en rien vouloir retenir, les idées et les sentiments qui ont créé Thumaniléj qui l'ont dotée des biens et des aspirations auxquels elle est attachée aujourd'hui même. Combien n'est-il pas plus naturel, plus juste, et sans doute plus salutaire, de chercher dans toutes les grandes manifestations de la nature humaine l'élémcnt foncièrement humain qu'elles ne peuvent manquer de receler, de le recueillir pieusement et de le rajeunir en l'incarnant dans des formes nouvelles î

Souhail erait-OD de tirer des réflexions qui précèdent quelques conséquences positives immédiatement applicables à l'enseignement? Ces conséquences seraient les suivantes.

La morale se vit avant de s'enseigner; c'est par l'exemple qu'elle s'introduit tout d'abord à Técole. Dans son enseignement, le maître, en cette matière

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moins qu'en aucune autre, ne saurait avoir le droit de donner carricre h son imagiuation ou à ses préférences individuelles. Il ne peut parler que sous Tidée de TuniverseL Non seulement il aura égard à tous ses élèves et non pas seulement à quelques-uns, mais il parlera les fenêtres ouvertes, de manière à ne dire que ce qui peut être entendu de la société tout entière. Co qu'il dit d'ailleurs ne s^impose pas à luimême moins qu'à ses auditeurs. Il n y a pas de maître devant la morale.

A la question : pourquoi doit-on faire cccî el éviter cela? le maître ne connaît qu une réponse, la seule en définitive que possède Thumanité : « Ceci est bien, cela est mal. » On n'élève pas les enfants en leur apprenant à ergoter sur le devoir. Le père de famille quij à chaque instant, est aux prises avec la réalité, sait qu'une seule parole est efficace ; « Ceci ne se fait pas; il faut faire cela, » La force de cette parole réside dans Tégalité de situation où se trouvent devant *lle les grands et les petits.

Quant k savoir quelles sont les choses que Ton doit faire ou éviter, c'est ce que le maître trouvera occasion d'apprendre à ses élèves à propos de toutes les matières de renseignenient. Le travail comme le jeu doit être dominé par des idées de devoir, de conscience et d'honneur; etj sans prêcher en aucune façon, on peut aisément rappeler les enfants à robservalion conslanlc de ces principes. Si d*ailleurs on considère certaines matières de renseignement, telles qnoriiistoire et la littérature, il est trop clair que, pour qui ne

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s'en LionL pas aux mots et aux faits matériels, mais voit dans ces objets ce qui les constitue en effet, à savoir les iitées, les sentiments et les destinées de Tâme humaine, ils fournissent à tout propos des moyens d'instruction et de culture morales.

Comme exercice pJus directement approprié à celte culture, on peut recommander l'étude d'exemples ou de maximes remarquables, tirées de Thistoire et de lalitlérature-

L'exemple est probablement le moteur moral luimême. Qui a fait le cbrîsLianisme? Est-ce une théorie ? Est-ce une vie?

Los maximes sont la forme de la théorie qui se rapproche le plus de la pratique. Les stoïciens et les épicuriens, qui prétendaient que leur philosophie fût un genre de vie, la réduisaient en aphorismes. Leibnitz, pour mettre T ho m me en garde contre le psittacisme, qui répèle les paroles sans en être touché et sans faire effort pour les mettre en pratique, aimait à répéter : «t Penses-y bien et souviens-toi. » Ce précepte suppose que l'on a tlans Tesprit les idées sous forme de maximes. Et, de fait, quelle n'est pas la force d'une pensée revêtue de cette forme souveraine, qui la fixe pour réternilé ! Un long discours fera-t-il sur nous une impression plus protonde que ce vers de Corneille :

Un père ©it toujours père :

Rien n'en peut elTacer Je sacré caractère?

Une maxime bien frappée se grave dans la mé-

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