IV. PHILOSOPHIE ECOSSAISE ET ITALIENNE
Philosophie Écossaise. (Programme.) I. Caractères. — 1“ Esprit écossais sensé, fin, judicieux, mais réservé, t mide, peu porlé aux aventures et aux spéculations abstraites. Caractère écossais : franchise, droiture, probité, mmurs pures et sévères; sens moral et religieux. L’école écossaise, née au sein des universités (Glascow, .Saint- André), s’y développe. Conséquences. — Ses philosophes, la plupart ministres protestants; influence du presbytérianisme. — 2" Idée delà philosophie. Point de vue étroit, esprit positif : lejet de la métaphysique. L'ensemble des sciences philosophiques identiques à la philosophie.
— Psychologie, base et point de départ de ces sciences — 3” Méthode : expérimentale et inductive { Bacon), rejet de tout procédé à priori. Observation par la conscience. Sens commun : son autorité iuvoqué contre les systèmes, d’où le nom de Philosophie du sens commun. — II. Développement historique, — 1" Période 1729. (Origine et transition.) Se détache du sensualisme de Locke et y tient encore. Substitution du sentiment à la sensation. (Hutcheson, Smith.) — 2e Période (Iteid et D. Stewart). Spiritualisme plus net et plus décidé. L’école se constitue; Reid en est le chef, sa polémique contre. Locke, Berkeley, Hume. Ses travaux sur la perception et les autres facultés. Vérités premières, on Principes du sens commun base de la science, remplacent la métaphysique. — Dugald Stewart, son disciple, continue ses recherches. Philosophie de l'esprit humain. Après lui rien de neuf et de significatif.
— 3e Période. (Haraillon). Influence du Kantisme. La critique et la logique remplacent la psychologie. Influence anglaise el du positivisme.
— Ilf. Résultats, mérites et défauts. — Pas de système ni de hautes spéculations. Analyses exactes et solides des faits de conscience et des facultés sensibles. Service principal : la Science, de f esprit humain fondée sur une base positive, mise à côté des sciences naturelles. Son domaine séparé et mesuré par la conscience. — La logique élargie, ramenée à sa sévérité primitive (Marmiton). — Morale très-pure ; rien de neuf. — Droit naturel et politique étudiés dans uu sens libéral, peu approfondis dans leurs hases. — Economie politique, fondée par Smith, une des gloires de l’école. — Esthétique: quelques bonnes analyses psychologiques. — Histoire et Philosophie de l'histoire, faibles. — En somihe, travaux estimables et utiles, services réels rendus à la partie positive de la science, mais pas de solution aux grandes questions philosophiques. Rôle modeste et peu élevé. D’oii faible influence au dehors. Ses écrits, utile préparation aux éludes philosophiques. — Influence sur la philosophie française é son début au xix' siècle. Royer Collard, Jouffroy. Cousin. — Lisez Cousin : Phil. écossaise, Jooffroy, trad. des œuvres de Heid. Garnier, etc. Dict. des sci. phil., t. I, p. 17â, t. V, p. 35S.
Philosophie italiexxk (Programme). Le génie italien a snriont marqué sa place dans l’art et la poésie. Le sol de l'Italie est couvert de ses chefs-d'œuvre et de ses monuments. Il s’est distingué aussi dans les sciences , celles surtout qui ont pour objet le monde extérieur : mathématiques, aslronomie, physiqne (Galilée, Torricelfi, etc.). Ce double esprit personnifié dans L. de Vinci. — La philosophie italienne mal aisée à caractériser. Originalité, fécondité, éclat, grandeur; représentants illustres à toutes les époques ; riche en travaux importants.
Enseignement florissant dans les universités et les académies (Florence, Rome, Naples, Padom-, Bologne, etc.). Services éclatants. Esprit philosophique vrai, a produit des héros et des martyrs (Vanini, J. Bruno, etc.): la première a rallumé le flambeau des sciences et rouvert les trésors de la spéculation antique. Néanmoins peu d'initiative et de puissance ciéatrice ; pas de grands systèmes à elle propres; n’a pas ouvert de voies nouvelles; presque toujours a travaillé sous l’influence étrangère. Serait-ce que l’imagination jointe à une vive sensibilité nuit à la raison réfléchie, que chaque peuple marqué d’un trait principal n’excelle que dans son rôle ? Toujours est-il que la pensée artistique s’y mêle partout aux spéculations abstraites et en a gêné peut-être l’essor. Elle s’y révélé : 1° dans la manière d’envisager les grands objets. Le monde e6t saisi par son côté harmonique ; Dieu en est l’artiste et l’architecte. L’âme plutôt objet de contein] lation que d’analyse. Les titres des œuvres principales sont significatifs : De harmonia mundi totius (Gozzi). Del mfinilo, universo e mondo (J. Bruno). Amphitheatrum æternæ providenliæ (Vanini). Contemplaliones de anima (Cremonini). — 2” Forme d’exposition vive et animée, caractère diamatique, emploi fréquent du dialogue; talent littéraire, éclat du style , don commun à tous ces auteurs. — 3" Choix des questions. Les problèmes de philosophie naturelle ont le premier pas ; la métaphysique, lWo/ojjte, la logique viennent après. La psychologie qui veut plus de patience observatrice, moins cultivée ; morale générale alliée à la théologie ou bornée à des vues sur la dignité humaine. Le droit, la Jurisprudence , IVu'sfoire philosophique offrent de beaux résultats. — h° Prédominance, caractères des systèmes. Tous s’y rencontrent, mysticisme fréquent; scepticisme presque nul; sensualisme a de brillantes couleurs, et ne va pas jusqu'à un grossier matérialisme. L’idéalisme domine; il conduit au Panthéisme. Aurait naturel vers celui-ci ; a séduit les plus grands esprits (J. Bruno. Campanella). Mais il diffère du panthéisme allemand. L’âme ne s’y perd jamais tout entière, l'homme y défend mieux sa personnalité, et conserve le sens de la réalité extérieure. Au lieu de se replier sur lui-même, de rentrer en soi, de s’abimer dans ses profondeurs , l’esprit est attiré vers la nature dont il veut sonder les mystères et qui lui paraît divine. Dieu n’y est pas l’être absolu , sans individualité ni couscience, mais la cause du monde (Causa del mondo. (J. Bruno.) Créateur et artiste. Bien qui ressemble à l’aride dialectique et à ses inintelligibles formules, au rliylhme pesant de cette méthode qui chemine lentement à travers d’obscurs souterrains. Tout à la lumière brillante du jour; des élans mystiques, d’éclatantes images, la pure contemplation, les rapides procédés de l’intuition. — 5“ La méthode composée d’analyse et de synthèse où la synthèse domine : mélange d’observations et d’hypothèses hardies ; l’imagination devançant la raison amène d’heureux résultats. — Tels sont les traits principaux de celte philosophie dont on ne peut ici suivre la marche ni étudier l’histoire. — Son état actuel est le même que partout en Europe. Temps d’arrêt. Peu ou point de conceptions originales, travaux de critique ou d’érudition. Des représentants de toutes les écoles. Adhérents du positivisme, nombreux. Le spiritualisme non déserté et défendu, l’hégélianisme accueilli (Naples) ou objet de curiosité. — Politique et problèmes sociaux captivent l’attention et engendrent de nombreux écrits. — V. Ferry, Uist. de laphil. en Italie. Dict. des sc, phü., t. Ht, SUC.
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