‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 52 sur 192 · DE L’ESPRIT SOPHISTIQUE · texte numérisé non relu

DE L’ESPRIT SOPHISTIQUE

1° Définition du sophiste. Sa sagesse apparente opposée à celle du philosophe (1): esprit superficiel du sophiste; sa prétention au savoir universel; négation des principes; scepticisme frivole, indifférence à la vérité, habitude de soutenir le pour et le contre.

2' Caractère du sophiste opposé à celui du philosophe : vanité, présomption, charlatanisme, amour du gain et des honneurs, légèreté, versatilité (2).

3" De l’art sophistique ou des moyens qu’emploie le sophiste pour donner au mensonge l’apparence de la vérité : fausse dialectique, raisonnements captieux et trompeurs, ou sophismes. Leur danger, leur faiblesse comparée à la force de l'évidence dans les arguments qu’emploie le philosophe pour faire triompher la vérité.

4° Du langage des sophistes et de leur fausse éloquence (3) : artifices et faux ornements du discours comparés au langage simple de la vérité et aux qualités du véritable style philosophique; alliance de la sophistique et de la fausse rhétorique, du rhéteur et du sophiste. — Conclusion.

QUESTION IX

Quelles dispositions dolt-on apporter & l'étude de la Philosophie?

PROGRAMME

Outre les dispositions générales que réclame une étude quelconque, et qui doivent en assurer les progrès, il en est de spéciales qu’exige la philosophie. Après avoir rappelé brièvement les premières, on devra s’attacher à celles-ci, les déterminer et les motiver. Il est clair qu’elles doivent se tirer de l’objet même et du caractère particulier de cette science. Voici les principales qu’il s’agit de développer.

1* La première est une certaine maturité d’esprit, et l’ha-

(1) La sophistique est une sagesse apparente qui n’a rien de réel. (Aristote, de Soph) Les sages parlent selon la nature *'t la vérité. Le sophiste ne sorge qu’à tirer profit de sa sagesse apparente.. (Ibid, ) Il nie la vérité, car il affirme qu’on peul ooncevoirsimultanément les contraires. Jd., Met., IV, ir.)

(2, La sophistique est l'art de faire des prestiges à l'aide du discours, l’art de trafiquer des choses de l’Ame. (Platon, le Sophiste.'

(8) Duloe orationis genus et solutum et effluens, sententris argulum, verbis sonans... porapœ auain puante aptius. {Oral., XIII.) — Voy. notre Essai sur la sophistique à la suite au Gorgias de Platon.

bitude de la réflexion. En décrire les caractères, les signes, les conditions et les moyens de l'affermir. Indiquer les principaux obstacles qui empêchent cette qualité de sè développer et qui produisent les défauts contraires, la légèreté, la frivolité, etc.

2* On insistera sur une certaine disposition à la critique et an dénigrement qui, lorsqu’elle s’est emparée du jeune homme, rend stériles les plus beaux dons de l’esprit, l'empêche de reconnaître et d’apprécier la vérité là où elle est nécessairement mêlée à l’erreur, comme elle le rend incapable de discerner et d’admirer les beautés de l’art et de la littérature.

3’ Aux qualités de l’esprit doivent se joindre celles de l’âme ou du cœur: un désir ardent de connaître la vérité, le désintéressement, la noblesse et la pureté des sentiments, le mépris des jouissances vulgaires, la haine du mensonge et du sophisme, etc.

Toutes ces qualitéspeuventse trouver à un degré suffisant chez le jeune homme dont le naturel n’a pas été gâté par des habitudes vicieuses et qui a reçu une saine et solide éducation. (V. Ptaton , Rép., V et VI.)

QUESTION X

Développer cette pensée de Platon : l'étonnement est un sentiment propre au philosophe, car U est le commencement de la Philosophie (Théêlète).

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