‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 60 sur 192 · LA PHILOSOPHIE ET LA MÉDECINE 4S · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE ET LA MÉDECINE 4S

4° La séparation des sciences mathématiques et physiques et des sciences morales est-elle sans inconvénients dans l’éducation? N’est-elle pas hautement préjudiciable et aux unes et aux autres? N’offre-t-elle aucun danger sous le rapport de la moralité ? Insister sur ce point. — Conclure. — (V. de la Phil. dans l'Ed. classique, sect. II, chap. m.)

QUESTION XXI

Rapports de la Philosophie av eo les études médicales.

PROGRAMME

Les études médicales doivent-elles être précédées d’une étude sérieuse de la philosophie? Tout homme sensé doit le reconnaître. Mais il est bon d'en faire valoir les raisons, dont voici les principales :

1° Le médecin qui étudie le corps, pour le guérir, doit-il rester étranger à la connaissance de l’âme? Doit-il se borner, à ce sujet, à la connaissance vulgaire Montrer l'insuffisance de l’éducation commune à ce sujet et la nécessité d'une instruction supérieure.

2° Sans parler des maladies qui affectent directement le moral, les autres, et les plus communes, n’ont-elles pas souvent des causes morales ? Une attention spéciale donnée à ces causes sera-t-elle utile dans leur étude et dans leur traitement? Autrement, le médecin ne sera-t-il pas enclin à les négliger ou à tout rapporter à des causes physiques ?

3° L’esprit philosophique, dans la médecine, peut avoir ses inconvénients; n’offre- t-il pas des avantages supérieurs ? Si l’esprit de système est à craindre, la routine ne l’est-elle pas encore plus ?

4* L’ignorance complète des grandes doctrines philosophiques peut-elle sc concevoir chez le médecin qui cultive son art d’une manière libérale ? Celui qui doit être le bienfaiteur de l’humanité et soulager ses souffrances peut-il rester étranger aux problèmes qui intéressent la nature de l’homme, son origine et sa destinée?

5° On insistera sur les tendances matérialistes que développent les études médicales exclusives. Est-il bon que d'au-

très études contre-balancent et maintiennent l’équilibre? Le matérialisme dans la médecine est-il une bonne condition, même pour l’exercice et la pratique de cet art ? — Conclure. — (V. de la Phdl., p. 650 )

QUESTION XXII

Rapports de la Philosophie et do sens commun.

PROGRAMME

On oppose souvent le sens commun à la philosophie. On doit, dit-on, rejeter tous les systèmes qui s’écartent du sens commun ou le contredisent. D’autre part, les philosophes réclament leprivilége d’émettre des théoriesquiéchappent à la compétence du simple bon sens. Leur vérité, en opposition avec la croyance commune, n’en est pas moins démontrée. Exemples : en astronomie, Copernic et Galilée; dans les sciences morales, toutes les grandes réformes ont pour résultat de détruire des préjugés universels (l’esclavage, le polythéisme, la superstition, etc.). Il est donc très-important de fixer les rapports et les limites respectives de ces deux formes de la pensée humaine.

Pour traiter ce sujet avec méthode, on doit : 1* déterminer la nature du sens commun, son objet, son rôle et ses limites; 2° faire le même examen pour la philosophie. La solution du problème devra sortir de cette comparaison.

1* Le sens commun : Forme simple et universelle de la raison (raison commune). Son objet : les faits premiers et les vérités nécessaires, base de nos jugements. Exemples. Se borner à affirmer ces vérités sans les expliquer. — Distinguer le sens commun du bon sens et de l'opinion commune. Le bon sens, forme simple de la raison jugeant les cas particuliers (raison pratique). Il est une qualité individuelle. Le sens commun, attribut de l’espèce. L'opinion commune, variable, limitée à une époque ou à une nation. Immutabilité et universalité du sens commun.

2° La philosophie : Forme supérieure de la raison (raison réfléchie). Son objet : la recherche des causes, l’explication des faits et la systématisation des vérités ; elle aborde des problèmes inconnus au sens commun .

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