‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 59 sur 192 · LA PHILOSOPHIE ET LA JURISPRUDENCE · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE ET LA JURISPRUDENCE

le vrai talent sait l’éviter. On ne prétend pas que la raison philosophique doive suivre l’artiste jusque dans le travail de la composition. S’il en est ainsi, c’est qu’il n’est pas vraiment artiste ; il manque de génie et de talent. — De grands artistes ont été étrangers à toute culture philosophique. — Cela est vrai, mais à quelles époques? Quels sujets ont-ils traités? N’y a-t-il rien, sous ce rapport, à reprendre dans leurs œuvres? Celles-ci n'auraient-elles pas été supérieures s’il en eût été autrement? Les exemples ne peuvent renverser des preuves directes, si elles sont évidentes. Euxmêmes doivent être discutés et bien compris ; ils confirment la règle. On ne décide rien avec des exemples.

QUESTION XIX

Rapport» de la Philosophie avec la Jurisprudence. — En quoi la Philosophie est-elle utile & l’étude du Droit?

PROGRAMME

Tous les grands jurisconsultes ont proclamé l’union intime de la science du droit avec la philosophie. Leurs raisons méritent d’être approfondies et développées.

1” Rapport de la science du droit avec la morale. Droits et devoirs sont corrélatifs; le droit est une extension de la morale. — Objection : Pour être bon jurisconsulte, faut-il être moraliste et métaphysicien? L’idée de la justice, base des lois humaines, est une des notions innées de la raison. En toute décision, il suffit de consulter la conscience? — Discuter cette opinion et montrer les avantages d’une connaissance supérieure, précise et raisonnée sur les révélations souvent obscures de la conscience et du sens commun.

2° L’interprétation des lois est une logique appliquée. Celle-ci relève de la logique générale. Est-il bon d’en connaître les préceptes? Le jurisconsulte, sans être logicien, ne doit pas ignorer ces règles. — Objection : La logique naturelle ne peut-elle pas suffire ? L’art de raisonner, de discuter, s’acquiert surtout par l’exercice. Apprendre les règles de la logique abstraite, c’est consumer un temps précieux dans une étude oiseuse. — Discuter et réfuter cette objection analogue à la précédente.

3* Sans insister autant sur les autres parties de la philosophie ( psychologie , théodicée, histoire des systèmes) , on fera voir combien ces connaissances sont utiles à l’étude du droit.

4* Influence des idées philosophiques sur le progrès des lois et des institutions. Ce que la science du droit sous ce rapport doit à la philosophie. Exemples : droit romain, législateurs ou jurisconsultes, et publicistes, qui ont été plus ou moins philosophes (Montesquieu, Rousseau, Bentham). — Conclure.

QUESTION XX

Rapports de la Philosophie avec les sciences exactes et positives. — En quoi l’étude de la Philosophie est utile aux études

scientifiques?

PROGRAMME

Le divorce de la philosophie et des sciences mathématiques et physiques est un fait regrettable. Cette séparation sans doute ne peut être que funeste à la philosophie ; mais ne porte-t-elle aucun préjudice aux sciences? Les savants en général n’en sont pas convaincus. Pour combattre ce préjugé, on devra approfondir et discuter les points suivants.

1° De l’esprit philosophique dans les sciences. En quoi consiste cet esprit ? Est-il bon qu'il soit soigneusement entretenu, comme nécessaire aux progrès des sciences? Inconvénient de l’esprit contraire; isolement et fractionnement; absence de points de contact entre les sciences et entre les savants eux-mêmes. — L’esprit philosophique peut-il exister sans la métaphysique? Est-il logique de proscrire cette science et de vouloir fonder une nouvelle philosophie des sciences ?

2* De la science de l'esprit humain, comme servant de lien entre toutes les sciences. Celles-ci étant des créations de la pensée sont soumises aux lois et aux procédés de l’intelligence.

3° L’examen plus particulier des avantages que peut retirer de l'étude de la philosophie et de ses diverses parties (psychologie, logique, morale, théodicée) celui qui se livre à la culture des sciences mathématiques et physiques.

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