‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 63 sur 192 · ÉTUDE DE L’ESPRIT HUMAIN · texte numérisé non relu

ÉTUDE DE L’ESPRIT HUMAIN

rimentation; le physicien ne crée pas plus que le psychologue les faits qu’il étudie. — Est-il vrai qu’on ne puisse vérifier la fidélité des analyses ? Qu’appelle-t-on ici vérifier f Est-il vrai qu’en s'observant soi-même on ne puisse dégager le général de l’individuel ? Socrate étudiant Socrate n’a-t-il connu que Socrate? — Cette autre proposition, la pensée ne peut s’étudier sans les organes, n’est-elle pas équivoque ? Peut-on faire autrement que d’étudier d’abord l’esprit et ses facultés indépendamment des organes? Que produirait la méthode contraire? L’étude du cerveau faif-elle connaître la nature de la pensée, ses opérations et ses modes? Insister sur ce point. — L’argument tiré de la division qui règne entre les philosophes est-il bien solide et bien concluant? Cette division est-elle aussi grande qu’on le dit? Sur la nature et les facultés de l’àme, rien de certain n'a-t-il été établi ? Cette objection ne prouve-t-elle pas l’ignorance ou le savoir superficiel de ceux qui la font ? — Conclure.

QUESTION II

Des difficultés de l’étude de l’esprit humain et des moyens de les surmonter.

PROORAMME

Si l’on ne doit pas les exagérer, il est nécessaire do les reconnaître, afin de pouvoir les combattre. Nous indiquerons les principales.

1° Difficulté de la réflexion. Combien il est difficile de se replier sur soi-même. Le retour de la pensée sur elle-même est contraire à toutes nos habitudes.

2° Obstacles qui s’opposent à l’exercice de la réflexion et à la connaissance vraie, exacte et fidèle des faits intérieurs : images du monde extérieur, causes intérieures de distractions.

3* Disposition à expliquer et à représenter les phénomènes de l’esprit par les lois et les analogies tirées du monde matériel.

4° Difficultés qui proviennent du langage et de la nécessité de se servir des mots de la langue vulgaire.

PSYCHOLOGIE

5° Opinions toutos laites, préjugés apportés à cette étude; esprit systématique. Difficulté de s’en dégager.

6“ Disposition à raisonner au lieu d'observer, à vouloir expliquer les faits avant de les avoir suffisamment étudiés. Attrait des questions qui sollicitent l’esprit à les résoudre.

7° Influence plus grand ; des passions et des intérêts dans cet ordre de questions.

On montrera oomment on parvient à surmonter toutes cescauses et à triompher de ces difficultés (1).

QUESTION III

Qae doit-ou penser de la proposition de Descartes : « L'esprit

est plus aisé & connaître qae le corps? • (Disc, de la Mtth.,

2' Médit.)

ESQUISSE

Cette proposition, qui semble contredire la précédente, est peu d'accord avec l’opinion commune. Pourtant elle est vraie à certains égards et il n’est pas inutile de mettre en lumière les côtés par lesquels elle peut se justifier.

1° Les corps se perçoivent par les sens ; l'esprit se connaît sans intermédiaire. Avantages qui en résultent. L’observ ation est mise à l’abri des chances d’erreurs qui tiennent à l'état dus organes et à l’emploi des instruments destinés à en augmenter la portée.

2" L’homme qui veut s’étudier porte partout en lui-même le sujet du ses expériences. Il n'en est pas de môme du savant qui observe la nature et ses phénomènes.

3" L’esprit ayant conscience de lui-même et de ses actes, il on résulte que ses opérations et ses facultés n’ont besoin de subir aucune altération pour être observées, il n'en est pas de même de la vie organique. Il faut détruire le corps pour observer sa structure. Le jeu des organes ne peut souvent être saisi que quand il s’est arrêté ou que la vie a cessé. C’est dans les maladies, sur les animaux, etc., que cette

(1) V. Kenl, 1. Ul, p. 7H ; 1 IV, |>. Il, — U. Stewart , Phil. du l'etjii. hum., lutrod. ; — Joulfroy, Préf. aux Esquisses de D. Stewart.

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