‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 64 sur 192 · ÉTUDE DK L’ESPRIT HUMAIN · texte numérisé non relu

ÉTUDE DK L’ESPRIT HUMAIN

action s'observe alors. Les expériences psychologiques, sous ce rapport, sont plus faciles et plus directes que les expériences physiologiques.

4“ Les actes intimes de la vie organique sont plus obscurs et plus voilés que les actes de la vie spirituelle.

5° La cause qui produit ces actes (force vitale) ne nous est connue que par ses effets. Le moi, principe des phénomènes de la pensée, nous est connu en lui-même comme cause ou sujet des actes intérieurs. Cela seul suffirait pour justifier le mot de Descartes. Insister sur ce point, discuter et réfuter l’opinion contraire.

6° Les arts de l’esprit, la logique, art de penser, la morale, art de vouloir, si on les envisage dans leurs règles et leurs préceptes, etc., sont-ils moins avancés que les arts du corps, la gymnastique, l’hygiène, la médecine ?

La thèse contraire peut très-bien se soutenir.

Il résulte de ces différences que, contrairement à l’opinion commune, l’esprit est plus aisé à connaître que le corps; ce qui justifie la proposition de Descartes. Mais par d’autres côtés on trouverait qu’il offre plus de mystères. La vraie conclusion serait peut-être que la science de l’àme est à la fois la plus aisée et la plus difficile 'des sciences.

QUESTION IV

Quels -ont les moyens les plus propres à développer le talent de l’observation Intérieure.

PROGRAMME

L’emploi régulier et méthodique de la réflexion, secondé par une disposition naturelle, constitue le talent de l’observation intérieure. Ce talent fait le psychologue, comme l’art d’observer les phénomènes naturels fait le physicien et le naturaliste. Il sc perfectionne et se développe par plusieurs moyens qu’il est bon de rappeler et sur lesquels il convient d’insister.

1° Toute faculté se fortifie et se perfectionne par l’exercice. Cette loi s’applique à la conscience ou la réflexion comme à

PSYCHOLOGIE

toutes nos facultés. Combien cette faculté peut acquérir Je force et de pénétration par l’habitude.

2° L’ordre et la méthode facilitent cet exercice. Jusqu'à quel point l’art de diriger nos pensées aide et rend fécond le travail de la méditation intérieure. Exemple : les grands philosophes.

3° Eloignement des obstacles qui s’opposent à la méditation : 1° obstacles extérieurs; 2° obstacles intérieurs; moyens de les affaiblir ou de les écarter. Exemples.

4° Do l’esprit de système; comment on s’en préserve. Nécessité de se soustraire à cette cause qui a souvent vicié les travaux des plus grands penseurs et les a empêchés d’arriver à la vraie connaissance des choses de l’âme.

QUESTION V

La science de l’esprit doit-elle avoir pour base l'étude du corps et de Bes organes 1

PROGRAMME

Nul doute que la science de l'esprit n’est complète qu’au tant qu’on y ajoute celle du corps et de ses organes. On ne peut nier l’union intime des deux principes et leurs nombreux rapports. Mais telle n’est pas ici la question. Il s’agit de savoir comment s’observe d’abord l’esprit en lui-même, comment on connaît ses actes, ses opérations, ses facultés, et en général tous les phénomènes do l’ordre intellectuel et moral. Est-ce en interrogeant les organes, conditions matérielles de leur développement? Ou doit-on employer un autre moyen, s'adresser à une autre faculté que les sens par lesquels on voit et on étudie ces organes?

1° Que peut-on savoir de l’esprit et de ses facultés en observant les organes? Que peut-on apprendre sur l’intelligence, ses lois, etc., sur les sensations, les passions, la volonté, etc., en étudiant le cerveau et toutes ses dépendances? Insister sur l’impuissance et la stérilité de cette méthode.

2* Le physiologiste lui-même, quand il s’occupe des faits organiques liés aux facultés ou aux actes de l'esprit, n’est-il pas obligé de recourir aux données fournies par la conscience

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