‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 80 sur 192 · UU MATÉRIALISME DANS L’HISTOIRE · texte numérisé non relu

UU MATÉRIALISME DANS L’HISTOIRE

On montrera que, dans l’hypothèse matérialiste, il est impossible de rendre compte d’aucune des idéos qui doivent servir de base à une politique vrâimentlibérale, qu'au contraire ce système est la justification la plus complète d’une organisation sociale fondée sur le despotisme et la tyrannie, quels que Soient le mode de cette organisation et lâ forme du gouvernement.

Les deux principes de toute politique sont l 'ordre et la liberté. Que deviennent-ils dans l’hypothèse matérialiste?

1» Ordre. En quoi consiste l’ordre social? quel en est le but? Le bien-être matériel, but suprême de l’association politique; subordination des autres fins.

2® Liberté. Par quels moyens doit-on chercher à établir l'ordre social ? Règne de la force, suppression des libertés. Communisme, socialisme. Quelle peut être la liberté politique dans un Système qui ne reconnaît pas la liberté morale (1)?

3° Qu’entend-on par le progrès social dans ce système ?

4° En quoi consiste la souveraineté? De l’obéissance aux lois et à l’autorité dans ce système.

5« Application à quelques-uns des droits naturels de l'homme, à la liberté dépenser, h. la propriété, etc.

Conclusion : la vraie liberté est la liberté des âmes; le vrai progrès, le progrès moral. 11 n’y a de vraie politique que la politique spiritualiste.

QUESTION XL

Do matérialisme dans l’histoire.

PROGRAMME

Le matérialisme dans l'histoire y introduit le fatalisme avec toutes ses conséquences (V. suprà). Il en est d’autres

(1) « Si l’homme individuel n’est pas libre, de quel droit demander la liberté pour les hommes réunis, pour la société ? Quelle chimère que la liberté politique lk où manque la liberté morale! Un être qui n’est pas Hbre a>st qu’un» chose et non pas une personne : il n’a point de droits, il n’a point de titres légitimes au respect. Toute invocation d’institutions libres pour des êtres qui ne le sont pas est la contradiction la plus choquante qui fut jamais. l.e despotisme est le seul gouvernement fait pour des créatures qui n'ont pa* reçu la liberté en partage. > (Cousin, Phil. sertÉualiitc; Helvétius.)

qui tiennent également à la nature de ce système et qui lui sont propres. Elles n’ôtent pas moins à l’histoire son vrai caractère, son intérêt et sa moralité.

1° L’historien matérialiste doit considérer l’histoire de l’homme et du genre humain comme une suite ou une branche de l'histoire naturelle. Comment l’histoire perd ainsi son caractère propre et son véritable intérêt?

2° Elle perd aussi sa moralité. L’historien doit s’abstenir de porter un jugement sur les événements humains et sur la conduite des personnages. Indifférence sophistique; froide impassibilité.

3° Dans l’histoire, les causes physiques doivent non-seulement précéder, mais servir à expliquer tout le reste (1* race, le climat, la nature du sol, le régime ou la manière de vivre des nations, etc.). Les mœurs, les institutions, les arts, la religion, la philosophie s’en déduisent rigoureusement et fatalement.

4° Suppression de la vraie personnalité, comme de toute responsabilité dans les individus. Des grands hommes. Leur apparition, leur caractère, leur rôle, etc.

On devra non-seulement signaler les conséquences et montrer le lien qui les rattache au principe, mais faire voir qu’elles dénaturent et faussent entièrement l’histoire. Pour rendre cette démonstration plus évidente, on fera bien d'opposer à l’historien matérialiste l’historien spiritualiste qui, sans nier les causes physiques et leur importance, fait intervenir d’autres causes et assigne à l’homme et à sa liberté une part de plus en plus grande dans les événements humains, ou qui fait du triomphe de l’esprit sur la matière le véritable intérêt, comme la moralité de l’histoire.

QUESTION XU

On matérialisme dans l'art et la littérature.

L’art et la littérature sont loin d’être étrangers au mouvement des idées philosophiques. Ils subissent l'influence des systèmes. Il y a un art matérialiste, sceptique, fataliste; un art spiritualiste, idéaliste, panthéiste, etc. Quelles sont 1»

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