W . . HOTES
de mal résulte donc de la nature même d'un être crtë et ne peut être imputé à Dieu, qui ne peut créer les êtres que conformément à leur nature.
Le mal moral, les fautes des êtres Iflbres, est de l'essence de la liberté. Comment Dieu pourrait-U à k f(»8 donner à un être la liberté de faire le Men on le nul et l'empêcher d*abuser, s'il lui plait, de cette lîbertét flyaurait contradiction dans les termes.
Le mal physique, enfin, la souffrance, peut être oonsi-. déré le plus souvent comme le châtiment mérité du mal moral, et comme la préparatioti pour l'être qui souffire à un plus grand bien. On a ajouté que Dieu' n'est pas tenu à donner à ses créatures le plus grand des biens possibles, il suffit qu'il les rende heureu$e8, et la somme de biens est * certainement plus grande en ce monde que celle des maux. "
Sans nier' la valeur de ces réponses, q^ s'appuient sur les grandes autorités de Tertullien, de saint Augustin, etc., nous oserons affirmer deux choses.
La première, c'est que la révélation biblique, en faisant connaître à l'homme, par l'existeHce du péché originel, l'explication de l'étendue du mal moral qui règne et dans son cœur et autour de lui ; en permettant de considérer le monde où nous vivons comme déchu, par suite du péché de l'homme, de son harmonie et de sa splendeur primitives, prête beaucoup de force à ces arguments ; on peut même croire qu'il est douteux que la raison humaine eût pu s'élever par elle seule à de telles considérations et que saint Augustin les eût développées avec tant de netteté s'il n'eût été chrétien.
La seconde, c'est que, quelque yalablos qu'elles puissent être, la question de l'existence du mal n'en reste pas moins pour l'esprit d'un homme ordinaire une difficulté trèsgrande, d'autant plus qu'elle renaît pour lui toutes les fois qu'il souffre ; le murmure se place sur ses lèvres aussitM après les soupirs et les cris. Il est donc vrai d'affirmer )que, pour résoudre cette question, ou plutôt pour empêcher qu'elle ne fasse douter l'homme de la bonté divine et qu'il ne s'abandonne ad désespoir, un secours étranger à la raison est sinon logiquement indispensable, au moins d'une utilité pratique si grande, qu'efio équivaut, en fait, à la nécessité.
Note C.
Tous ces raisonnements de M. Simon contre la prière ne sont justes, je n'ai pas besoin de le faire remarquer, qu'autant qu'on lui a accordé sa première proposition, à savoir que la Providence gouverne le monde par des lois générales et s'abstient d'intervenir dans le détail de ce gouvernement par aucune action directe et particulière. Or nous croyons qu'en se fondant même sur des principes exclusivement rationnels il est parfaitement possible de se faire de la Providence une autre idée. Il est parfaitement possible, suivant nous, de concevoir que Dieu suspende à son gré, dans certains cas, le cours des lois même qu'il a établies par des exceptions prévues elles-mêmes dans sa sagesse. Ces exceptions seraient de véritables miracles, si elles se passaient sous nos yeux, mais peuvent être très-bien
m, 3I0TBS,
aussi dérobées à nos regards el n'altérer en rien le eoors des faits que nous observons. Nous ne connrâsims que fai fliiirrace de la nature, ei la plupart de ses seorets noil^ sool inconnus. Parmi les faits même que nous fj/bserfom, 3 en ^t que nous ne pouvons assujettir à aucune loi. L& eriatîoii de& ètr^ vivants, leur mort, la diversité de leara dispo$itiaii& morales/par eiemple,sont des faits qu'on ne p^tatta^ier à uue loi parfaitement fixe, qu* on ne peut ni comj^Jét^daai^ expjiqueir ni sârement prévoir. Un immense chanip est'dono^ encore réservé à Ttu^ion de Dieu directe, en ddMMV dea hht générales que sa sagesse a établies^ et rien n'autorise. à affirmer avec M. ISmon que Dieu gouverne le motnde ui^ quement par des tois générales.
Dés lors, le raisonnement de Rousseau et de H. Simon contre la prière toml)e de lui-même, car Dieu est maître de l'exaucer ou d'y rester sourd, suivant sa volonté, puisqu'il n'est point astreint à se conformer toujours en tout point à une régie fixe et déterminée.
D'où vient cependant que presque tous les déistes ont admis cet argument et qu'il n*est pas un système de reli* gion nalurellequi ne conclue comme Rousseau et H. Simon? L'explication de ce fait nous parait celle-ci. Bien que le spectacle de la nature ne contredise pas logiquement Tidée d'une providence spéciale gouvernant directement et paternellement le monde; bienqu^on puisse mème,eri y regardant de près, saisir l'action de cette providence, on peut dire cependant que ce caractère n'y est pas empreint en traits as3ez visibles et assez marquants pour forcer l'attention des hommes, et que si aucune révélation, aucune communi(;fition plus directe de Dieu ne vient leur rappeler sa
présence constante et son action continue, ils finiront à peu près nécessairement par le méconnaître et Toublier. L'étude des lois générales de la nature effacera bientôt Tétude moins facile et plus obscure des voies particulières de la Providence, et la raison, livrée à elle-même, finira, par une sorte de nécessité non pas logique mais morale, par ne plus voir en Dieu que ce que H. Simony a vu, à savoir une abstraction de la nature. C'est ce qui m'a permis de suivre, sans le réfuter, le raisonnement de M. Simon et d'en tirer une preuve de plus de l'impuissance de la raison à fonder une religion "proprement dite.
Note D.
Dans l'enseigneinent catholique, la nécessité pour l'homme de demander à Dieu un secours étranger pour l'accomplissement de la tâche qui lui est imposée se justifie de deux manières :
i® L'homme, depuis le péché originel, est déchu de son état primitif; le désordre s'est glissé dans ses facultés ; son intelligence, sans être éteinte, est obscurcie; sa volonté, ^ sans être enchaînée, est affaiblie ; pour connaître et accomplir ses devoirs, pour remonter en un mot au point dont il est tombé et remettre l'ordre dans son être, la grâce divine lui est nécessaire. La nature a perdu son équilibre, la grâce le rétablit ; et, comme la grâce a été promise à l'homme en vertu du sacrifice de Jésus-Christ, il a droit d'y compter et de la demander.
2® De plus, même avant sa chute, l'homme a>4it reçu
HOTK&
de Dîeo le droK, et par consèqoent le deroir dTaq^îrer à me fin dennère, sopërieinre à sa Datnre, à mue fin soniaturelle qu'on noaune en théologie la trtstm héaUfiquef el qu'il ne poorail prâit même akurs atteindre par ses propues fiiroes. Un secours étranger lui était donc dés lors néces^ saire et promis.
Dans le système de rdigion naturelle.proposépar H. Simon, aucun de ces deux motife d'implorer et d'attaiidre h grâce n'enste. Lliomme n'est point déchu, il n'a rien perdu des forces primiti f e s de sa nature, et il ne se propose aucune fin sumaturdle.
Dés lors, il n'a pas de raison de^demander un secours étrango*, et, tout au moins, iln'a pas le droit de Tattendre, puisqu'il ne peut se fonder sur aucune nécessité éL sur au-, cune pranesse divine. Dieu peut sans doute le lui accorder, mais fl n'a, pour sa part, aucun, droit d'y compter.
NOTB E.
Nous ne prétendons point soutenir ici que Dieu, dans sa toute-puissance, n'aurait pas pu faire grâceaux hommes pécheurs sans le sacrifice de Jésus-Christ. Qui sommes-nous pour limiter la puissance de Dieu et descendre dans le secret de sa miséricorde? Nous disons seulement qu'ayec les données de la ra'.son seule, Dieu apparaissant principalement comme doué de Tattribut de justice, et la justice condamnant tout péché à Texpiation, Thomme n'a aucune raison de compter sur le pardon de Dieu, et toute raison
au contraire de craindre sa justice. Cette crainte doit exister surtout chez ceux qui admettent, comme M. Simon, que Dieu procède en toutes choses par des lois générales qui ne souffrent pas d'exception. Car, évidemment, le châtiment du péché est une de ces lois établies de Dieu lui-même pour le gouvernement du monde.
Note F.
En parlant ici principaleinent et avec détail des effets de la révélation chrétienne pour compléter les données de la raison, nous ne voulons pas méconnaître qu'une partie de ces effets aidait déjà été produite par les révélations précédentes, soit par la révélation primitive faite aux premiers hommes et aux patriarches, soit par la révélation spéciale dont la nation juive avait été l'objet. Mais, d*une part, l'une de ces révélations s'était fort effacée de la mémoire des hommes, par suite de leur dispersion et de liurs fautes, et la seconde n'était adressée qu'à un petit peuple couvrant un territoire impercepjlible sur la face du monde. De l'autre, il est clair qu'étant beaucoup moins détaillées, moins complètes, moins consolantes que la révélation chrétienne, elles offraient à la raison un auxiliaire beaucoup moins sûr.
IT
Mai 1859.
Le 25 avril dernier, le Correspondant prenait triste-^ ment congé des dernières espérances de paît derÈurope. Un mois s'était à péinè ééèûlé, et defiix grandes armées: sont déjà aux prises jdans les plâinôs dé la haute Italie. Siir ce èhamp de bataille prédestiné, où tout lui parle dé sa gloire, la France ne s'est laissé devancer par personne. Les perplexités douloureuses auxquelles l'opinion publique a été en proie pendant ces longs mois d'hiver n'ont communiqué aucune incertitude à nos premiers mouvements militaires. Profondément troublée pendant les délibérations qui
ont précédé la guerre, la France se retrouve, au jour du combat, pleine de résolution et d'élan.
Dans une nation patriotique et belliqueuse comme la nôtre, personne n'échappe entièrement à Félectricité contagieuse de l'ardeur militaire. Tout, autour de nous, semble respirer l'odeur de la poudre, et le paisible public de nos cités ne discute déjh plus depuis qu'il sait qu'on va combattre. Sans suivre à l'aveugle cet entraînement, nous ne voudrions pas, quand nous le pourrions, y rester tout à fait étrangers. A coup sûr les graves motifs qui nous ont fait, dès les premiers jours, redouter la guerre, n'ont point cessé de peser péniblement sur notre esprit. La guerre nous apparaît encore aujourd'hui pleine de maux certains et de dangers imprévus. Comme chrétiens , nous déplorons toujours de voir monter à la surface des sociétés tout ce fond de passions violentes que va réveiller, au sein des nations les plus civilisées, le premier appel fait à la force. Comme citoyens, nous n'oublions pas que toute guerre, dans l'état présent de l'Europe, court risque de déchaîner deux génies funestes f l'esprit de révolution et l'esprit de conquête ; et, pour détester presque également ces deux maux, nous n'avons pas même besoin de nous rappeler que la France ne les a jamais portés chez autrui sans les subir tôt ou tard chez elle-même. Tous ces nuages noirs assombrissent
encore à nos yeux l'horizon, et le bruit même du canon ne suffit pas à les dissiper. Toutefois, puisque la guerre est déclarée et flagrante, nous lui devons au moins une consolation très-imparfaite, que nous sommes décidésà goûter : c'est celle de pouvoir parler librement, sans voir notre humble tribune accusée de parler trop haut. Du moment où les événements sont entrés dans cette sphère où Dieu seul agit et où cesse la responsabilité de Thomme avec sa puissance, aucune réserve ne saurait plus nous empêcher d'exprimer très-nettement nos vœux, nos espérances et nos craintes.
Nos premiers vœux, avons-nous besoin de le dire? sont pour le triomphe de nos armes. Nous souhaitonsles succès de nos armées : nous les souhaitons rapides,, brillants, irrésistibles. Nous les demandons tels au Dieu des combats , tels nous les attendons de la valeur de nos soldats. Ce vœu ne part point seulement d'un légitime amour-propre national; il est dicté par d'autres sentiments que nous pouvons partager avec tousles amis de l'ordre en Europe. Plus la victoire sei*a prompte, en effet, plus il y a de chances que la guerre soit courte dans sa durée, limitée dans son action^ décisive dans ses effets. Plus la victoire sera prompte,, et plus il est permis d'espérer que la lutte ne sortira pas du champ étroit où elle est encore aujourd'hui renfermée. Les guerres qui durent et se prolongent
aigrissent les ressentiments, rendent les inimitiés irréconciliables et les transactions impossibles ; tout incendie, quand il dure, s'anime et se propage. Tous les témoins impartiaux du grand duel qui s'engage doivent désirer une solution rapide, qui fasse accepter de haute lutte par le vaincu la leçon de l'adversité, et écouter de bonne grâce par le vainqueur les conseils de la sagesse. Les succès rapides rendent la modération facile; la modération à son tour rend seule les succès durables. Après nos armées, tous nos vœux sont pour l'Italie^ Nous avons pu penser au début , nous pouvons même trouver encore que la cause de l'Italie, qu^^ljl^^pf^ pathie qu'elle inspire px .çjOGiVsi^ ^'à^ n'agit
pourtai^ pdéi ^éitvé^ demandeîr: impérieusen^nt à là ^ France le sang de ses soldats et au moiide le siacriâcé
de son repos. Nous avons pu 'penser aussi que la somme de libertés dont nous jouissons chez nousmêmes n'était pas encore assez considérable pour qu'il nous restât du superflu à répandre^ au dehors. Mais, puisque l'épée est tirée, nous souhaitons du fond de notre âme que , pour prix des périls que nous allons courir, celte grande nation, mère de la civilisation antique et centre de la civilisation chrétienne, retrouve enfin le bien autrefois perdu par ses fautes, et depuis longtemps refusé à ses espérances, de se gouverner elle-même par ses lois , par ses magistrats, suivant
rinstinct de ses mœurs et conformément à ses droits. Ce désir n*est pas né d'hier parmi nous : nous n'avons pas attendu pour l'exprimer qu'il fût appuyé par une armée de cent mille hommes. Tout le passé de ce recueil en est plein. Depuis qu'il existe, pas une parole ne s*est glissée dans ces colonnes, qui ne fut de nature à porter à toutes les nations souffrantes de l'Europe le témoignage d'une sympathie profonde et l'espoir d'un meilleur avenir. Les vrais, les sincères amis de ^ ritalie, Balbo, Rossi, Cantù, Rosmini, Manzoni, ont trouvé parmi nous de chaleureux appréciateurs. À la ^vérité, depuis bientôt dix années, on nous a rendu au dedans et au dehors de Tltalie la tâche plus difficile. Il s'est fprmé entre les partis les plus opposés comme une sorte de conspiration pour faire croire au public qu'il était impossible à l'Italie de recouvrer sa liberté sans perdre sa foi ; que, de l'autre côté des monts, catholicisme et indépendance étaient deux choses inconciliables, et que l'Italie cesserait d'être soumise à l'Église le jour qu'elle ne le serait plus à l'Autriclie. Les organes des opinions les plus contraires ont admis cette vérité comme incontestable, et c'est en partant de ce principe commun que le gouvernement piémontais a agi, que la tribune de Londres a parlé , et que les journaux qui se prétendent exclusivement catholiques, à Paris, ont discuté et déclamé. Que d'autres ac^îep-
m L'HTiLIl
tent oette inoompatibilité pr^ndue ; ce n'^ pss ihhis qui nous y laisserons prendre/ Nous connaissons dte longue date cette tadique imaginée par fa maHoei mtè* ressée des incrédules et accréditée par Taveugleffl^ent des fanat^ueS) et qui consiste à accoter rautorité de rÉglise aux indilents les plus passagers et ^mtent te j^us odieux de Vhistoire des peuples. Les gens qui feulent en Italie rendre TEg^ solidaire de la dommation autrichienne sont les mènros qd, pàttti noitô, la font ausd responsable de tous tes abus du temps |>aësé . rt ennemie de twtes les aspirations des taiips mâh demes. Les gens qui mt^^nt aux abdiques itàlkttis d'adirer à la liberté nationale sont les mêoi^ qdl veulent nous Interdire, à nous catboHques français,^ prmdre notre part du progrès social et de fyrètaidre i la liberté politique. Nous n'acceptons pas pournousmêmes et nous n'imposons à personne de pareilles interdictions. Nous ne parlons , nous ne pensons, nous n'existons que pour les combattre. Non, il n'est point de nation assez abandonnée du ciel pour être obligée de choisir entre le don le plus précieux de la grâce et le vœu le plus légitime de la nature, entre le maintien de sa foi et la liberté de sa patrie. Aucune nation n'est semblable au malheureux enfant dont parle TEcriture, et n'est exposée à se voir déchirée par les embrassements de deux mères : la patrie et l'Église. Nulle part,
SOUS aucun ciel, sur aucun sol, dans le cœur d'aucun homme, le sentiment chrétien et le sentiment patriotique ne sexcluent et ne se combattent ; et, si ce supplice était réservé à un peuple, ce ne serait point assu-
rément à Tltalie, qui n'a jamais été plus libre qu'au jour où rÉglise était la plus florissante et dont l'indépendance s'est affaissée en même temps que le sentiment religieux s'affaiblissait dans l'Europe. Laissons dire les journaux voltairiens de Paris et les agents des sociétés bibliques de Londres. Si l'Italie est affranchie, elle n'oubliera pas, nous en avons la conBance, que le gonfalon de l'Église conduisait au combat les lignes lombardes, et que, quand les nefs des croisés sortaient des lagunes de Venise, l'Adriatique était Tépouse des doges, et non la servante des Césars.
Mais, en faisant des vœux sincères pour que le bien
de l'Italie sorte de la guerre présente, pouvons-nous dire que nos espérances ne soient troublées par aucune crainte? Pour goûter cette sécurité complète, il faudrait avoir trop peu de mémoire et trop peu de prévoyance. Dix ans nous séparent à peine des derniers combats que l'Italie a livrés pour son indépendance. Dans des circonstances incroyablement favorables et en présence d'un succès presque assuré, lltalie a péri alors, parce que les enfants de ses diverses provinces n'ont su ni unir leurs efforts ni modérer leurs préten-
: L'ITAUB !
lions. HoosprioDsDieade la présenrer aiqourd'huides nnêoies finîtes qa'aggravendt encore la préseooe d*ar* niëesétnDgireSyjmémefiaiiçaîsesrtmèmaanii^ C'est toigwrs une pMUeuae extrémité pour une uatbn qui leot s'aflBranddr qoe d'a^pd^ à son aide un auxiliaire aussi puissant que son maitie. 11 est arrivé pliis d'mud fins à ritalie, d^uis trois siédes, de diai^per seulement le joug qu'elle croyait secouer. Pour prévenir le retour d'un pardi malheur, qui ne serait pmnt. exempt dé ridicule^ il fiiut à la fins beaucoup de résolution; et beaucoup de sagesse, savoir persévérer dans sesdSbrts et borner ses espàances. Point de divfeions funeslesi^ point de rêves d*une unité chimérû|ue, se contaati^du possible, nr point risquer le Inièa d>tenu jKmr vm mieux imaginaire, se prêter à tous les aooommo4e^ ments honorables : tel est l'esprit que nous souhaitons àritalie; nous lui conseillons, en un mot, de tout mettre en œuvre pour avoir besoin de libérateurs le moins longtemps et le moins souvent possible.
Mais un conseil que nous lui donnons, avant tout autre, et que la sévère justice des événements se chargerait de cx)nfirmer s* il était méconnu , c'est de se garder de compromettre, dans la poursuite de son indépendance particulière et nationale, une autre indépendance plus élevée, plus générale, et qui intéresse à un plus haut degré le monde civilisé. Nous voulons
parler de Tindépendance de toutes les consciences catholiques répandues dans l'univers ; et c'est celle-là qui •est engagée dans la personne du vicaire de Jésus-Christ, siégeant à Rome, avec la plénitude des attributions souveraines ; dans c^tte souveraineté du pape, en un mot, objet depuis tant de siècles de tant d'attaques, mais toujours forte dans sa faiblesse même, et d'autant plus assurée de la protection divine qu'elle est plus délaissée et plus calomniée par les hommes.
Faut-il le rappeler en effet ? Notre génération est-elle si oublieuse ou si ignorante, qu'il faille lui répéter tous les dix ans les premiers éléments de toute éducatioh politique? La souveraineté temporelle du chef de l'Église, qui n'est pas un article de foi du Credo, n'est pas non plus défendue par les catholiques pour le bienêtre du Pape ni même pour l'éclat extérieur de l'Eglise. Une couronne est un triste bien par le temps qui court, et sa splendeur est peu de chose à côté de celle de la tiare. Quelques pouces de terre et quelques milliers de sujets apportent plus de souci que de profit i\ celui que Jésus-Christ a établi sur des millions d'âmes. Mais, si le Pap« lui-même est le moins intéressé des catholiques au maintien de son pouvoir temporel, c'est nous qui le sommes tous à sa place. C'est chacun de nous, . c'est tout fidèle marqué du sceau du baptême et membre du corps sacré de l'Église qui voit dans la souve-
mi L'IMLIB
rmoelé dn iricnre de Jèsos-Cfarisl, bmi sans dmrie condîtioft ewcntielle. da iwmticB de sa M, Bunsonc garantie dBeaeed un speMe èdalantde sa fiberlé spirituelle^ S'il*B!est passeoimiân, eo effet, et i*égal de» f lus poissants de ee JWMide, le <tef db l'Ki^ise ddt .être leur sdHirdoiiBé el Jew înlMeor. Soav^raiaeu
S9jet, la bogue el la«ssi^M» pditiçies lie ^i)Ma^^ pas de ffoisiéme alternative. Se figMs4^a sérieusementi dans Tétat de dirisiw de TEuropei le ^pe sujet d'une seule des ppissances qui s'en part9g$nt le territinre ? le Pape soumis» par^Msé^pi^ dans toute cette ]^rtie du gouveniemeot de l'E^^ ^le ne garantit paes Pinfaittibilkè dogmatique, à la {Nressioo d'une fiicœ prépond^nte, ou à l'ii^hiraeeûfôensihledes préjugés natibnaux? Les cattadiques de Franee se smtiraie&fils en sécurité si le Pape était sujet de l'empereur d'Autriche, du roi de^^aples ou de Piémont, et si, pour la direction de leur culte el la nomination de leurs pasteurs, il fallait correspondre avec un étranger qui pourrait devenir un ennemi? Je ne sais si lés fidèles se contenteraient d'un tel état ; mais, à coup sûr, lorgueil royal ne s'en accommoderait pas loyigtemps. Aucun monarque ne voudrait céder à son voisin l'avantage de posséder le Pape à ses côtés et sous sa main : chacun ferait un pape à sa guise, et la robe sans couture de Tunité catholique serait divisée en mille lam
E'T le pouvoir temporel du pape. 403
beaux. Vingt églises purement nationales s'élèveraient aux pieds de tous les trônes, et ce que deviendrait la liberté de conscience dans ce partage, Ryzance et Moscou sont là pour le dire. Que les âmes soucieuses de la dignité delà conscience humaine y veuillent bien songer un instant. Jamais elle n'eut dans le monde de plus éclatante représentation que ce petit territoire de Rome, respecté à travers les siècles par tant d'ambitions en conflit et tant de conquêtes successives. Dans les âges où la force brutale couvrait la surface du monde , ce fut sur ce point élevé que brilla Tunique phare de la liberté spirituelle. Dauties vents que ceux qui soufilent autour de nous ont déjà passé sans Téteindre. La main qui contient et qui déehaîne les orages est encore assez puissante pour le préserver aujourd'hui.
Que l'Italie nous permette donc de le lui .dire : il y a là pour la liberté, pour la conscience, pour les droits les plus chers et les biens les plus précieux de l'humanité, un intérêt qui ne contrarie nullement, mais qui prime de droit celui d'une seule nation. Si, suivant des conseils aveugles, elle se laisse égarer jusqu'à séparer sa cause de celle de la papauté, 1^ sort de la lutte qui s'engage est écrit par avance dans l'histoire. Ce n'est pas la papauté qui périra. Le sol de Rome a toujours porté malheur à ses spoliateurs et à ses conquérants.
LfEâUB
fTol ce ^'a ffil^ mh diole, le i — i ie ijia de la nSBoet 4Pi est en BCBe te^ps le g wc fi i de nos er- Bées. Ccst dflB le lae de sipeier si cane de edle fse povsaheBt les tribens et les fiiihWlrini de hUioMioB fda a fiit sroir sskHdleMBl, per Ferg^Be de sanaMBlre des cnkeSt à tsas les èféqpies de RiHey à leas cjuul ^ne le npe nniclie ses fifèies,
de leapeckr F irftgrilè des droils tan-
cet lioiii-> à h josliee 9 ce m'est pes fse nous igOQK
lespranesses éorilessarks papiers alieidssattt la^^deasest esi^erlées par le souffle knpètoeiii des èfèBeaseBls, et ceadMen 3 est diffidle d'arracher le secret de TsMoir aux arrière-pensées de la politique et aux caprices de la fortune. Ce n'est pas que nous soyons plus sourds que d'autres à tout le bruit qui se fait et qu'on laisse &ire autour de nous, et qui, bien que parti de très-bas, se répand pourtant très-loin, grâce au siloice uniYersd. Mais c'est qu'une parole souveraine, publiquement adressée à l'Europe, doit fiûre foi pour tout le monde jusqu'à ce qu'il ait été prouvé <)ue celui qui la donne manque de puissance ou de Yolonté pour la taiir. Ce ne peut être la Yolonté, et, à coup sûr, œ n'est pas la puissance qui manque au maître de la France et au commandant de deux cent
mille hommes. Quand on rend à une nation le service que Napoléon 111 offre aujourd'hui à Tltalie, on a le droit et le moyen d'être écouté. 11 dépend entièrement de lui de faire comprendre aux plus égarés des Italiens que l'Italie n'est rien sans Rome et que Rome n'est rien sans le Pape. Tant que cette déclaration sera écrite sur le drapeau de la France , sans être démentie par les actes de sa politique, nos inquiétudes peuvent être vives, mais tous nos sentiments sont à Taise, et nous ne voyons rien qui nous empêche de nous montrer, cette fois comme toujours, dévoués à la cause de rÊglise, de la France et de la liberté dans le monde.
LA
' Janvier 1860.
Le jour s'est fait depuis un mois sur le nuage qui 'couvrait encore, au moment où le dernier Correspond dant sortait des presses, la situation réciproque de la France et du sainl-siége : nous n'avions devant nous alors qu'une brochure d'origine inconnue ; nous rencontrons aujourd'hui une lettre impériale. Tant de lumière succédant à tant d'ombre est bien faite pour . éblouir les regards : hier la discussion ne savait à qui se prendre; aujourd'hui ce n'est pas la connaissance qui lui manque, c'est la liberté peut-être : tâchons du moins que ce ne soit pas le courage.
406 Là LETTRE IMPÉRUIB
. Sous la constitution qui nous r^t, le gouvernement tout enti^ est concentré dans la personne de TEmpe* reur. Tous Tes actes du gouvatiemaat sont des actes* de l'Empereur même. Les lettres impériales n*<Hit ,. b eèi égard, aucun privilège. SK la dîscifôsioh est p^mise^ sur les actes du gouvernement, comme on noiis en a donné tant df tm f assuranoe, die dcât être permisesur les lettres impériales comme sur tout autre document officiel; la forme seule peut différar. Un peu plusde solennité d'un c6té doit imposer un peu plus de réserve de l'autre ; c'est une condition qu'il ne nous est pad difficile de remplir.
Au demeurant, la lettre impériale, qui est sons nos yeux, n'est ni la première ni la seule communkatio» du même genre émanée du même trtae, depuis que les armées françaises, franchissant les Alpes, ont fait lever sous la poussière de leurs pas la question qui^ émeut si vivement l'Europe. 11 en est d'autres, et très-^ nombreuses, qui se sont succédé rapidement et qui correspondent dans leur succession aux périodes diverses que la question elle-même a tour à tour traversées. 11 n'est ni sans intérêt ni sans instruction de* passer rapidement en revue et ces périodes mêmes et Jes paroles officielles qui en ont caractérisé les différences et marqué les progrès.
La première de toutes a été celle qu'on pourrait ap-
peler la période des espérances et des promesses. Dans Tardeur d une expédition annoncée sous les plus brillants auspices, on promettait alors (qui ne se le rap*^ pelle ?) tout ce qui était demandé et même ce qui ne 1 était pas : aux Italiens la liberté complète de leur patrie et une fédération d'Etats dont tous n éprouvaient pas le désir ; au pape, le maintien de tout son pouvoir et une présidence des futurs confédérés,^ dont il n'avait jamais réclamé le fardeau. L'Italie devait être libre jusqu'à l'Adriatique : toutes les murailles en portaient l'assurance souscrite du seing impérial. Le pape serait conservé dans ï intégrité de tous ses droits temporels. Toutes les voûtes des églises retentissaient de cet engagement signé du confident attitré de la pensée souveraine. Devant de telles assertions le doute que quelques-uns s'obstinaient à concevoir était considéré comme un outrage, et on leur enjoignait de cesser d'être inquiets sous peine de devenir factieux. Des mandements épiscopaux, qu'on n'empêchait pas les^ journaux de reproduire, envoyaient acte de la parole donnée dans les moindres paroisses de France ; mention en était faite au début de toutes les prières. Si les^ serments des hommes sont reçus dans le ciel, jamaisaucun ne lui fut porté par tant de bouches à la fois.
On sait ce qui est advenu : la rencontre de fortes citadelles en Yénëtie et l'apparition précisément aussi
4f« Là usfftB iiipêbiam;
inattendue d'^émenls révoitttbnnaires en Italie ; It guerre «ibitement arrêtée; la paix pkis aubitaôaent conclue. L'Italiç ne put être libre toutentière, e| l'in* tègrité des États du pape fet entamée par rk^irreetion. Les prunMsses ne se triniratitf remises ^n^s^ personne, en les remplaça par des one^^s qui fisent également oSerts à 4oirt le monde : conaiâ aui^^Italiai»: de^renoneelr à t^ute tentetiw d'imké. o^i^féiée ^éà raatrer de bonne grèeesousl-autoritè^e lairspriaoes diefaus; conseil au PiémQnldeTOn<Mioeif'àl& poursuiia ^Mpsexions eixNcbitaÎBlesf eoosril à TAutridie de mMab&p fatdwetà'de son jeug en VénMie^ et d^ouvrii^aas citaddles à des tioqpes italienne. } txmA au |iape de ébmm&tm^ aujets par r^lffire de eonéèmMs liites^i leui^ivœux s«qnFbséB. Chàam dEa ^wi ^^S&BBat&i^ùnl se dépêche officielle et même son épitre autographe. Les conseils ont eu le même sort que les promesses. Comme les unes n'avaient pu être tenues nulle part, nulle part aussi les autres ne furent agréés. Les Italiens ne firent pas mine un seul instant de se prêter au retour •des autorités renvoyées, dussent-elles revenir les mains pleines de toutes les réformes et de toutes les constitutions possibles. Le pape ne jugea point convenable d'offrir à ses sujets insurgés des concessions refusées d'avance. Tout se traînant ainsi dans l'incertitude, c'est la politique française qui a dû faire un pas de
plus. La période des conseils avait succédé h celle des promesses ; elle est remplacée aujourdhui par celle des exigences et des sacrifices.
Seulement voici la différence : hier encore on parlait à tout le monde ; aujourd'hui c est au pape seul qu'on s'adresse. C'est lui, et lui seul, qui doit liquider à ses dépens les frais de la succession embrouillée qu*ont laissée derrière elle une guerre qui a tout ébranlé et une paix qui n*a rien raffermi. Sous une forme polie, discrète, mais claire, aisément intelligible, la lettre du 31 décembre, s*il faut en croire plusieurs de ses commentateurs de la presse, est une sommation respectueuse adressée au pape de sacrifier ce qu'il a perdu, sous peine de perdre ce qu'il possède. Par cela même que la garantie des provinces encore soumises à l'autorité du saint-siége n'est accordée qu'en échange du sacrifice de provinces insurgées, il est très-évident, de leur aveu, que le refus du sacrifice doit entraîner la perte de la garantie ; c'est à prendre ou à laisser. Au début de la crise, tout était promis sans condition : huit mois à peine écoulés, on offre en échange d'une perte certaine une caution conditionnelle.
Ains> avons-nous marché de jour en jour et d'heure en heure, précipitant ou suivant les événements ; poussant les révolutions devant nous, ou poussés par elles. Chacune de nos stations n'ayant duré que quelques
semaines, il est possible que très-peu de temps s'écoule avant que nous arrivions à la dernière, à celle qui mettra délinilive^ient en cause le pouvoir temporel tout entier.
Les faits, en elTct, comme le dit très-bien la lettre impériale, ont une logique inexorable : et même il faut leur rendre celle justice, que, tout bons logiciens qu'ils soient dordinaire, ils n'ont jamais ni mieux ni plus sûrement raisonné que depuis huit mois. Aussi n a-t-il pas été nécessaire un seul instant d'être prophète pour prévoir leur cours ; il a sulli , il suffit encore de savoir tirer les conséquences d'un syllogisme. Il était parfaitement, logiquement certain que la guerre entreprise en Lombardie serait suivie d une insurrection immédiate dans les Etats pontificaux. U était parfaitement^ logiquement certain que l'insurrection, provoquée par la guerre et victorieuse par la force, ne céderait point devant la raison et ne s'arrêterait point devant les prières. U était parfaitement, logiquement certain que l'entreprise de concilier non-seulement les vœux légitimes, mais les fantaisies passionnées des Italiens avec tous les droits du saint-siège, aboutirait à une contradiction insoluble, et que des promesses contradictoires faites à des parties opposées conduiraient à se démentir nécessairement. Il n'était pas si sûr, mais il était malheureusement trop probable que dans cette alternative
ET LA SITUATION. 4i3
le choix des sacrifices tomberait sur celle des parties qui n'avait pour elle ni foi*ce armée, ni force populaire, ni insurrection, ni citadelle. Il n'est pas moins certain, toujours au nom de la même logique, que la proposition faite aujourd'hui au saint-siége, qu'elle soit acceptée ou non, enrantera dans un délai très-court une atteinte radicale à tout le pouvoir temporel de la papauté.
Comment éviterions-nous, sur la pente où nous marchons, de franchir ce nouveau pas ? La lettre impériale demande au saint-pére une concession en lui offrant une garantie. La concession compromet tout : la garantie ne répond de rien. Les insurgés de Bologne se sont soulevés non pour des griefs , ni au nom de droits à eux particuliers, mais au nom d'un principe général, au nom d'une incompatibilité prétendue entre le pouvoir ponlifical et l'ordre social des temps modernes ; principe répété par toute la presse anticatholique d'Europe, amplifié, commenté avec additions de développements doucereux et oratoires par l'opuscule qui a servi d'éclaireur à la lettre impériale. S'il est vrai aujourd'hui, ce principe sera vrai demain; s'il est vrai à Bologne, il est vrai à Rome ; incapable de gouverner sur l'Adriatique, le pape ne peut être capable de gouverner sur la Méditerranée. Dans l'état des choses, après ce qu'on lui a dit, et au prix de tout ce qui se
proclame en Europe, ce n'est point la concession d'une province qu'on lui demande, c est l'aveu de son indignité ; c'est son jugement d'interdiction qu'on lui propose de souscrire, et Tarrêt sera^xëcutoire partout où s'élève encore Técusson de la tiare et des clefs.
Reste la garantie promise au nom de TEuropc, promise seulement, et déjà refusée par TAngleterre. Mais, à moins que la langue ne contienne un vocabulaire d'assurances jusqu'ici inconnu, comment s'y prendre pour que cette garantie ^oit plus explicite et plus positive que celle que la France avait naguère, non pas promise une fois, mais cent fois donnée, et qui n'a pourtant rien empêché ? Comment le débris des États pontilicaux serait-il mieux protégé par l'espérance d'une promesse diplomatique que l'intégrité n'a pu l'ôlre par la réalité d*une parole impériale? Qui garantira cette fois les garants et la garantie? Qui défendra le saint-siége contre la chance des scrupules tardifs, contre l'autorité supérieure des faits accomplis, contre tous les prétextes de résiliation tirés de ces cas fortuits que tout le monde avait prévus? Quoi 1 en déchaînant l'orage on avait juré de préserver de tout péril le navire qui portait le successeur de Pierre : le naufrage est arrivé sous vos yeux, contre l'écueil même que le moindre pilote vous indiquait. Quelle foi voulez- vous désormais qu'inspirent tous les contrats d'assurances?
Ef LA SITUATION. 415
Direz-vous que ce n'est pas la France seule, mais l'Europe entière qui promettra? Ah ! je ne fais pas à la France l'injure de croire que la promesse de l'Europe soit plus sincère et plus eflicace que la sienne.
Point de doute, par conséquent point d'illusion possible ; arrivés maintenant sur le dernier rebord du fossé, nous en pouvons mesurer la profondeur. Ce n'est pas tel genre d'exercice ou telle partie du domaine du pouvoir temporel de la papauté qui est en question. C'est le pouvoir temporel tout entier, dans son principe le plus général et dans la moindre de ses applications. Ainsi aggravé, le débat pourtant s*élève et s'cclaircit. Tout ce qui avait pu troubler l'esprit ou arrêter les efforts de quelques-uns, môme parmi les catholiques : le scrupule de venir en aide à de regrettables abus, le désir de hâter de souhaitables réformes, le souvenir des extensions ou des réductions successives qu'a pu recevoir l'Etat de l'Eglise ; la crainte de confondre ce qui doit durer aveccequi passe etcequi change, toutes ces considérations, concevables encore il y a peu de mois, se dissipent aujourd'hui sous l'impérieuse et croissante clarté des événements. C'est tout le pouvoir hu- ^ main de la papauté ; c'est cet édifice fondé par le temps, sorti sauf de tant d'usurpations despotiques et de tant de révolutions populaires, consacré par l'hommage de tous les génies politiques de l'Europe , et à
l'ombre duquel la conscience de tant de millions d'âmes a vécu libre pendant dix siècles : c'est là ce qui est atteint à la base et menace de s'écrouler aujourd'hui. Il ne s'agit plus de savoir si le chef de l'Église gouvernera de telle façon ou commandera à telles personnes ; il s'agit de savoir s'il descendra du rang de souverain pour n'avoir plus à choisir qu'entre la condition de sujet et celle de proscrit.
Gomment se posera cette question suprême 7 D'où naîtra , d'où viendra le dernier péril ? sera-ce du fait ou de la permission de -la France ? Sa part à l'inévitable crise sera-t-elle directe?. Fera-t-elle intervenir ici ce fameux congrès, toujours annoncé, toujours renvoyé, fantôme impuissant qu'on évoque et fait rentrer dans Tombre à volonté, auquel on remet toutes les difficultés du lendemain et dont le jour n'arrive jamais? Laissera-l-clle propager sans obstacle jusqu'aux portes du Vatican le mouvement dont la guerre d'Italie a été le signal ?
Je l'ignore, je ne sais quelle résolution succédera au refus certain d'une proposition inacceptable.
Mais j'avoue qu'ici le moyen me touche fort peu; les distinctions ont peu d'importance, le résultat seul a quelque prix à mes yeux, et en aurait, je crois , aux yeux de l'histoire. Que la France détruisît ou laissât tomber, en retirant sa main , le pouvoir temporel du
saint-siége devant les passions qu elle a mises en liberté, peu importerait, en vérité. Dans certaines situations et pour certains peuples, faire et laisser fcnre sont exactement la même chose. Qu'on dirige le flot ou qu'on lâche l'écluse, si l'inondation survient, on n'en sera pas moins responsable et probablement pas moins victime.
Non, la France, étant ce qu'elle est, pouvant ce qu elle peut, et après tout ce qu'elle a fait, ne sera jamais ni sincèrement ni impunément neutre, dans un débat engagé à ses portes entre ses alliés d'hier et le chef de son Église; si elle n'est pas avec la papauté, elle sera contre elle. Quand on est la Francefet qu'il s'agit du pape et de l'Italie ; de plus, quand on a conduit deux expéditions en dix ans, l'une sur le Tibre, Vautre sur le Pô ; l'une pour rétablir une aulodté méconnue, l'autre pour renverser des autorités existantes ; quand on tient ici une garnison et là une armée ; quand on s'est mêlé de tout et chargé de tout ; quand on a tantôt provoqué, tantôt retenu les populations ; quand on a pris les destinées d'un pays à son compte et placé ses passions sous son égide, on n'a plus le droit, si on Ta jamais eu, de se ranger pour laisser passer les événements ; on est responsable de tout, quoi qu'il arrive. Quand on a mis dans une balance, déjà par elle-oiéme très-instable, le poids d'une main armée, si on la re-
4it LA LETTRE IMPÉRIALE
tire subitement et que le fléau trébuche, dira-t-on qu on n*a rien causé? A quoi servirait d'ailleurs de vouloir être neutre dans une question qui ne Test pas ? Il est des questions de telle nature, qu'on ne leur échappe pas à volonté, on y est engagé malgré soi; quand on se recule Rêvant elles, elles vous suivafit et vous atteignent. La question du pouvoir temporel de la papauté est de cet ordre. Une grande nation, située en pleine Europe, avec trente millions de catholiques dans sou sein, ne p^ut y rester étrangère ; quelque indifférence qu'elle affecte, ou qu'on lui conseille, tôt ou tard et plus tôt que plus tard , il faudra bien qu'elle s'en émeuve ; car, dès que cette question s'ébranle, elle touche au point sensible la stabilité des gouvernements, l'indépendance des citoyens, le repos de tous les intérêts et la liberté de toutes les consciences.
Faut^il le dire? 11 y a quelque chose de plus affligeant peut-être encore que les incertitudes de notre politique : ce sont les aveuglements volontaires par lesquels, à la veille de grandes crises, les hommes, les sages même de notii;e temps, pour se décharger d'un souci qui les gène et se dispenser d'un acte de courage, se njetlent de gaieté de cœur à oublier tout ce qu'ils ont appris et à niéconnaitre tout ce qu'ils savent. Qui aurait pensé , je ne dis pas il y a dix ans, mais il y a un an, mais il y a six mois, qu'il fût besoin de démon-
trer, en France, aux gens de bon sens, la nécessité de Fexistence d'une souveraineté temporelle assurant rindépendance de la papauté, pour maintenir, au sein d'une Europe divisée , un équilibre entre les nations catholiques, et au sein de chaque peuple la liberté des intérêts spirituels ? C'était là un axiome de politique, à peine contesté par quelques rêveurs, mais que ne discutait seulement pas quiconque prétendait posséder la moindre pratique des afTaires. 11 n'était pas nécessaire d'être dévot, il suffisait d'être sensé pour Taffirmer. En 1849, au sein d'une majorité législative où siégeaient côte à côte des juifs, des protestants, des catho- Ih]ues, des fils de la Révolution et des vétérans de . l'ancien régime, de vieux défenseurs du pouvoir et d* obstinés dmmpions de la liberté, pas une voix n'avait réclamé contre cette vérité de raison , pas une dissidence ne s'était fait jour. Et aujourd'hui, parce qu'un tourbillon s'est élevé, parce qu'une complication s'est rencontrée et qu'il y a un obstacle sur la voie, il se ^ trouve des gens à prétention de sagesse et des publicistes soi-disant conservateurs pour nous enseigner d'un ton doctoral que Texpérience des siècles s'était trompée en attachant )a moindre importance à cette pièce jusque-là regardée comme essentielle et principale de l'édifice européen. 11 nous faut apprendre de leur bouche que ce que nous avions été élevés, instruits
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par eux-mêmes ou par leurs maîtres à considérer comme une question d'ordre public et de liberté universelle, n'était qu'un débat insignifiant, qu'on peut laisser vider sans inconvénient en champ clos entre Saint-Pierre et le Vatican par la souveraineté des peupies aux prises avec celle de l'Eglise. Cela s'appelle, dans un langage nouveau , laisser ritalie faire ses afTaires. 11 est entendu dorénavant qu'il n'y a d'intéressés ici que des^ Italiens, et tout au plus quelques ardents et aveugles catholiques. Ces théories se font jour dans des journaux indépendants, le lendemain des brochures anonymes et la veille des lettres impériales, et s offrent officieusement à la politique offlcielle.
On peut dire et écrire tout cela : on a dit et on a écrit tant de choses en France ! On peut même le faire croire à des esprits dévoyés , à des raisons étourdies par tant de révolutions successives et qui tiennent dailleurs à s'apercevoir le plus tard possible, pour . s'émouvoir le moins possible des périls qui les menacent. Je ne donne pas deux mois aux événements, s'ils arrivent comme on le prédit et comme on le souhaite, pour avoir démontré aux plus incrédules qu'il y a autre chose ici d'engagé que des Ilaliens et des catholiques. Dans la catastrophe qui menace, ce ne sont là ni les seuls ni les principaux intéressés : ni les uns
n'ont rien exclusivement à y prétendre, ni les autres rien de particulier à en craindre.
Le ciel voit la sincérité de mon cœur quand j'affirme qu'il ne s'y est pas élevé un seul jour, depuis un an, un vœu qui ne fût en faveur de la noble cause de Tindépendance italienne. Je ne suis point de ces prophètes de malheur qui, contestant aux Italiens le droit d'exister . n'ont cessé de leur prédire le retour des mêmes souffrances en punition des mêmes fautes. J'espère au contraire, du fond de mon âme, que la légitimité de leurs vœux et la persistance de leurs efforts ont enfin trouvé grâce devatit la sévérité prolongée des arrêts de la Providence. Je ne sais rien d'ailleurs de plus respectable et de plus touchant qu'une nation qui ressuscite. C'est une bonne fortune qui n'arrive qu'aux nations chrétiennes, à celles que Dieu, comme dit TEcriture, a faites perpétuellement guérissables. Mais on ne peut ressusciter que comme on a vécu, dans les mêmes conditions de prospérité et dévie, et aussi avec les mêmes charges de conscience et d'honneur. Or, jamais à aucune époque de Thistoire de l'Italie, dans l'esprit d'aucun de ses grands hommes, dans le calcul d'aucun de ses politiques, dans l'espoir d* aucun de ceux qui, pendant ses jours d'oppression, ont souffert et vécu pour elle, Rome et la papauté souveraine n'ont été considérées comme des propriétés dont l'Italie pût
m LA IifinftS IMPÉEIàU
dbpmer à sa fanteMe. Rome est un d^pM % ue la Pre*' ifideQoelui a eontté : ee n'est point unbiâi^ hii q>-! parltenne. Boine n'appartint qu'à rii«mMifé, dont elle a été deux fois mare et deuKlSi^ midtréssew Ainri^ ont toujours pensé, ide nos jrars et jusqu'à Imp méme^' les enftiRts les plus dévoués de ritalie.iitt . ^
Le bonlmir 4e nui jeunesse nifa dit deseendrey^^r œmiple, dans les profondeurs même àéfàmc #an» frand» peut-être du plusrgrand lUtUenide^^ms joo»;! l^aitvu de près TiUi^to Rossi, bk» a?ant qe^e safin ' eût ^ foit eonqirendre de imm «t apjj^fécier sa ne. Sons ' lemmtemderambassadeiHrdeFinneé^j^aiswIibettie le oœur de l'Italien» àttadié à sa patrie adq^w parla reeonnaissanee et le defoir, jlecmsévvait toiqoi«» pour l'ItaUe rinstinet delà nrtare etk naouvementdn san^j Combien de Fois, dans cette redoutable année quia précédé Tébranlement du monde, au bruit de la Péninsule frémissante et de ITurope chancelant sur ses bases, m'a-t-it été donné de m'entretenir avec lui sur les rapports de cette Italie qui lui avait donné le jour, de cette France qui avait réparé ses malheurs et de cette papauté à qui il devait offrir sa mort! J'atteste que, si dans le cours de ces entretiens quelque tiers, sunenant, fût venu lui dire que l'existence souveraine de la papaulé était une question exclusivement italienne, dont ritalie seule devait connaître et où la France
n*eût 1 ien à voir, toutes ces belles choses, eussent-elles été accompagnées, comme aujourd'hui, de propos légers et de grâces sautillantes, n'eussent pas même obtenu de lui une réponse. Je crois le voir d'ici lancer sur ces agréables railleurs un de ces regards froids qui déconcertaient la légèreté tranchante; je crois voir passer sur ses lèvres ce dédaigneux sourire qui ne Ta pas quitté dans la mort.
Non, parce que le souffle qui a porté l'Evangile à travers le monde a déposé sur la colline du Vatican le germe de la souveraineté pontificale, l'Italie n'a pas le droit, aujourd'hui que l'arbre est séculaire et que tant de nations chrétiennes, assises à son ombre , seraient atteintes par ses ruines, d'en saper la base, ou, ce qui reviendrait au même, d'en mutiler les racines et d'en détourner la sève. La question n'est donc pas exclusivement italienne, mais elle n'est pas davantage exclusivement catholique. On fait aux catholiques de France l'honneur de beaucoup s'occuper d'euxen cet instant.Les uns les raillent, les autres les outragent, ceux-ci demandent qu'on les persécute, d'autres leur apportent des consolations dédaigneuses, assaisonnées de récriminations blessantes. Personne ne me parait comprendre le véritable état de leurs sentiments. On dit qu'ils sont émus, surpris, ébranlés. Émus : sans contredit ! Comment ne le seraient-ils pas des inquiétudes du Père corn-
m LA UTTRI IlFtRULI
mon desfidâeSydesépmivesiKMùttUes, desiii|uiw^ seotesy de la hiUe iostante entre leur {^trie d FÉglnel Surpris : pour quelques-un», c'est po4^i||le^ U ra est, et ra trèt^grand nombre^. qui. s'étaient i^ormb a murmure de parole» fljitteuses, mr |a foi d'unie pn^ tec^ion bumaine, que les preroim iffondemeiits de l'orage n'ont même pas ]ré?eUlés et qui, pendftrit km sommeil, se sont laissé ra?ir tout^ lemrs armes de défense. Ceux-ci peuv^t èHn rarpriai mais 4'aii4iê^f * je le garaptb, oeui^à même à cêté de qui je ptele id, n'ont point éprouvé de surprise : n'ayant janûs dormi; ils n'ont pas eu )>esoin de se réveiUerl ](|nant à être ébranlé, j*ose dire que cda n'est vrû pour pensenne. Et de quoi sçraient-ils âiranlés? £n qpnii, en efiètt r^rçuve qui s'anmmce les âiranlerailrdfe dans le fondement même de la confiance chrétienne? Est-ce qu'il y en a un seul qui croie la foi menacée et FÉglise ruinée, parce que le pouvoir temporel serait momen-. lanément suspendu ? En vérité, je ne puis m'empécher de sourire quand je vois des apprentis en histoire ecclésiastique s'efforcer gravement de convaincre les catholiques que le pouvoir temporel n'est point ess^itiel au pouvoir spirituel, que son existence n'est pas de foi ni son origine contemporaine de la papauté ellemême. Continuez, ai-je envie de leur dire : vous vous arrêtez trop tôt en si beau chemin ! Vous nous dites
comment la papauté est née ; nous vous dirons comment elle a vécu. Elle est née dans la pauvreté ; elle a vécu dans les traverses. Vous nous menez de la crèche aux catacombes ; nous vous conduirons de~ Saleme à Savone, entre les tombeaux ,et les prisons des papes , proscrits. La papauté a passé son temps à être chassée de Rome et à y revenir, à y être assiégée et délivrée. Une fois de plus, ce n'est vraiment pas la peine d'en parler. Mettons que celte fois Texil fût plus long et le divorce plus profond; qu'en résulterait-il? la conti-' riuité d'une grande injustice, beaucoup de gêne, des communications difficiles entre les pasteurs et les fidèles, une action irrégulière et violente des souverains politiques sur le pontificat sans défense, l'oppression plus facile, et par là peut-être la faiblesse plus fréquente ; graves inconvénients, et que nous ne sommes point assez superbes pour dédaigner. Rien pourtant, dans tout cela, qui atteignit la durée de l'Église ou l'intégrité de la foi. Tout ce qui est temporairement menacé n'est rien auprès de ce qui est éternellement garanti. Non, vous ne savez pas, vous ne pouvez pas savoir combien ces orages passagers de la surface se font sentir peu avant dans les profondeurs de nos croyances ; vous ne savez pas, vous ne pouvez pas savoir combien ce qui touche 1q bord de la robe sans tache flottant sur la terre est loin encore de la
4i6 LA LETTRE IMPÉRIALE ^
tête auguste qui se perd dans les nuages. Quand vous nous dites insolemment de mieux distinguer Tordre temporel de Tordre spirituel, c est vous qui ne savei pas et qui ne pouvez pas savoir ce que cette distinction est pour nous, et combien les agitations du temps sont loin d*ëbranler les convictions qui tendent à Tèlernité.
Mais, si ce ne sont ni les Italiens ni les catholiques qui ont ici exclusivement et principalement le droit de se faire entendre, qui est-ce donc qui est vraiment in* téressé, qui est-ce quia sujet d'être effrayé, et qui estce qui doit Tôtre ? Ah ! je vais vous le dire. Ce sont tous ceux, catholiques ou non , qui ouvrent leurs yeux de sang-froid sur Tétat présent de TEurope et de la France, au lieu de les détourner par étourderie et de les fermer par prévention. Ce sont ceux qui la voient, cette vieille Europe, toute divisée contre elle-même, ayant perdu toutes ses ancres et toutes ses boussoles, travaillée par ses dissensions intestines, et prête à devenir tour è tour ou la proie des factions ou le jouet de Tambition. Ce sont ceux qui la voient, cette France mobile, à la fois pleine d'orages et lasse de révolutions, et, dans la défaillance de ses règles morales, prompte à servir la force sous ses formes diverses, despotiques ou populaires. Ce sont ceux qui, ayant vu tout cela, considèrent, ne fût-ce qu'en appréciateurs indifférents, ce
qu'est la papauté dans le monde, quels principes s'y rattachent, combien de consciences et d'idées se groupent autour d'elle, et ne trouvent pas qu'il soit ni si plaisant ni si simple de déplacer de sa base cette masse imposante, pour la jeter ensuite au hasard, à droite ou à gauche, sur les flancs ballottés du navire qui porte la société moderne. Ce sont ceux qu'intéresse, au dehors, l'équilibre relatif des États, et parmi nous le maintien d'une autorité morale, indépendante, en face du plus grand développement qui fût jamais de force matérielle. Pour se ranger parmi ceux-là il n'est pas nécessaire, mais il n'est pas défendu d'être catholique.
Il n'est pas nécessaire d'être catholique, il suffit d'être Français, pour se poser avec effroi cette alternative : Si le pape n'est pas souverain à Rome et souverain avec toute la plénitude et toutes les ressources de la souveraineté, il faut qu'il dépende de quelqu'un : ce sera donc de nous ou d'aulrui. Or ni Tune ni l'autre de ces sujétions ne plait ni ne rassure. L'une, si elle était possible , inquiéterait le patriotisme ; Vautre menace au point le plus délicat et le plus sensible ce qui survit encore parmi nous de liberté morale.
Que l'amoindrissement de la papauté dût le jeter dans la sujétion et sous la dépendance d'une autre puissance que la France, nous ne voulons pas même le supposer. Ce serait un résultat trop étrange d'une
m LA intiB iMFtiiits
guerre enlréprieé pcNir rènMlcfper (oH-nmiB Fa M) de fiofliieiiee âutriddenBe/ Bmé leir .dhriricMtt de rEorope, danermeerlitiide de«8 iMémàb^ nMtoôlec les dfiiiees de son areiiir, qui eet-€e ^pn iNMidniit metlAi d'un aulre ôMé que edui drla Friiiee» WMm* It iMtt prèpondéfiiilef en nMitie X-^sg^fàsic ciMMidèreliie dont la plîpauté diqpeeé ? Si le papen'ébutj^md^pmdant k Beme, qui estrce gni ^ouâriit qall 9tk flaoè eow une antre main que la ntoef
Vais al<^ tmei oe qni m'alnhm : la numi de h France, die eet trèe-fbif e an dMmrs; dte est plus^fiirte enoere an dedtns. (Testlaniaind^un ^pommr immense, que dix réi^ohitiôns , chose ètrangél ont smeessivement accru : pou?mr très-di0&rsnt delmies'tes fiâUes autorités de TEurope^ qui viv^t de traditions ^ de souvenirs, et dont les débris s'écroulent à chaque souille des temps nouveaux : pouvoir retrempé, au contraire, dans les eaux populaires, et porté dans les flancs de la société moderne. A ce pouvoir, Fadministration donne mille bras et la centralisation une seule léte. Il a une armée incomparable qu'il peut jeter à volonté à droite et à gauche. Sa pensée vole avec la rapidité de Féclair, et ses canons vont atteindre ceux mêmes qui n'en entendent pas le bruit . Une combinaison savante de vieilles et de nouvelles lois a mis entre ses mains toutes les sources et tous les freins de l'activité
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sociale : la justice, la publicité et la richesse. A ce pouvoir, je ne connais qu'un seul égal, qui est en même temps un supérieur, c est celui de TÉglise catholique. Sur la surface de la France, je ne conçois qu'une seule autorité qui ne relève pas de lui, c'est l'Église^ Je ne connais qu'une seule porte dont il n'ait pas la clef, c'est celle de la prière et de la conscience. Conçoit-on pourquoi il est grave, en face d'un tel pouvoir, d'amoindrir, fût-ce d'une ligne, la seule tête qui soit de niveau avec lui, et qui puisse le regarder en face? Conçoit-on quel danger il y a à lui donner une prise nouvelle sur le représentant du seul domaine où il n'ait pas encore pénétré? Cela est grave surtout pour ceux qui n ont pas foi dans les promesses faites à l'Église, qui ne connaissent pas le ressort intérieur qui la soutient et qui peuvent craindre de la voir, si. on tentait de l'asservir, faillir et s'affaisser sous l'épreuve.
Nous savons, nous, que cela ne sera pas : vienne l'épreuve, elle trouvera tous les cœurs prêts. D'autres, au début de ce siècle, l'ont déjà connue et l'ont traversée. Dépouillée, l'Eglise ne s'est pas laissé enchaîner. Elle a résisté, et sa résistance a été le signal du triomphe de Tesprit sur la matière, et de la conscience sur la force.