IL LES CONCILES OECUMENIQUES
Prétons l'oreille maintenant aux Conciles œcuméniques pour lesquels nous avons toujours professé un aussi profond respect que nos adversaires. Oui, nous y voyons « très visiblement descendre le Saint-Esprit. »
Nous contemplons avec amour ces Assem-
blées incomparablec, enveloppées dans la lumière divine; puis, nous recueillons avec tremblement dans nos esprits et dans nos cœurs toutes les paroles qui sortent de cette lumière pour en faire désormais la règle certaine de notre foi. Et nous avons montré plus haut comment cet amour sans réserve pour les Conciles s'harmonise aisément, dans Fàme d'un infaillibiliste , avec son amour pour les Papes.
Deux Conciles œcuméniques ont pris la parole sur la grande question, objet de tant de débats : le deuxième de Lyon et celui de Florence. « La sainte Église ro- € maine (s'écrie solennellement le représentant de l'Eglise grecque, dont les paroles ont été certainement dictées ou tout au moins approuvées par les Pères de Lyon), « la sainte Église romaine possède la souve- « raineté et la pleine primauté et princi- « pauté sur l'Église catholique tout entière, « et elle reconnaît avec vérité et humilité « l'avoir reçue, avec la plénitude de sa « puissance, du Seigneur lui-même dans le « bienheureux Pierre, prince et chef des
« apôtres, duquel le Pontife romain est le « successeur. Et de même que cette Église <c est obligée au-dessus de toutes, les autres « de défendre la vérité de la foi; ainsi, •< lorsqu'il s'élève des questions sua LA « FOI, c'est par son jugement qu'elles doi-
« VENT être TERMINÉES * . »
Est-il rien de plus fort : Si quœ de fide subortse fuerint questiones^ suo debent ju-
DICIO DEFINIRI * ?
Nous n'ignorons pas qu'on a beaucoup discuté sur le second texte, sur celui du ' Concile de Florence. Nous admettons trèsvolontiers ces débats scientifiques, et nous nous y intéressons autant que personne.
Que l'on discute donc pour savoir s'il existe ou non une édition officielle de ce Concile, et s'il faut lire dans ce texte célèbre : Quem-
1. Trad. de Dom Guéranger, p. 223. — On a dit, en pensant diminuer Timportance de ce texte, que ce n'est pas un Canon, mais une et Profession de foi »
pour les Grecs. Il nous semble néanmoins qu'une y'
telle Profession de foi, dictée à l'Orient par un Con- ^- — cile œcuménique, a, sciENTiFiQUEMEirr et RELiGiEUr SEMENT, autant de valeur qu'un Qanon.