‹ Questions historiquesChapitre 108 sur 258 · Polvbc, XXVIII · texte numérisé non relu

Polvbc, XXVIII

avec Lycdilas, Arclion, Poiyl»!, tous les chefs de ce |)arli dans les villes, Arcésilas et Ariston de iMé^alopulis, Stralius de Tritée, Xénon de l'alras, ApoUonidas de Sicyone, tous d'arconl d'opinion et did'érant seulement par la hardiesse. ApoUonidas et Slratius reconnaissaient iju'il eût été imprudent de se déclarer contre Rome; mais, « s'il y en avait qui se jetaient dans ses bras et qui cherchaient sa faveur aux dépens de la patrie et des lois, il fallait les comhattre et leur tenir tète sans sourciller ». Lycortas, avec sa netteté ordinaire, fit un tableau de la situation, montra les deux puissances également ambitieuses, la même imprudence à soutenir l'une ou l'autre, un égal danger à se déclarer contre l'une des deux. Pai' embarras et par désespoir, il conclut pour une neutralité absolue. Archon, effrayé sans doute par les Romains, conseilla de s'abandonner au courant des circonstances et d'éviter avant tout de donner prise aux accusations de leurs ennemis; rappelant à l'assemblée le sort d'un certain Nicandre, Étolien, que Rome avait puni par la mort d'une amitié secrète pour Persée, il entraîna la majorité des sufï'rages. Il fut nommé stratège. Folybe avait sans doute soutenu son opinion, puisqu'il fut élu avec lui commandant de la cavalerie. I.e premier acte des nouveaux magistrats fut de rétablir les honneurs d'Eumène, alors en faveur auprès du sénat. Puis Archon offrit aux Romains le concours de toutes les forces de la ligue, et ce fut Polybe (jui fut chargé d'aller porter cette offre au proconsul Q. Marcius.

Marcius essayait alors avec beaucoup de peine et de grands dangers de forcer l'entrée de la Macédoine. Ce qui ne laisse pas d'être singulier, c'est que Polybe, trouvant l'armée romaine dans l'embarras, différa de s'acquitter de sa mission, et qu'il attendit pour le faire que le consul, sorti d'une situation difficile, parût tout voisin du succès'.

Marcius ne manqua pas de refuser alors ce qu'il aurait peut-être accepté plus tôt. Le tiers parti lui offrait une armée pour apaiser sa colère; il la refusa pour pouvoir le punir. El

t. Pûlvbo, XXVIII, 10, II. Tile-Livc, XLIV, 3.4,5.

PnLYBE OL LA GRÈCE CO.NOUISE PAR LES ROMAINS. 177

comiiic un de ses lieutenants, moins avisé, demandait à la liiîue 5000 auxiliaires, le proconsul défendit d'envoyer ce secours. Polybe se trouvait alors daiis son camp, comme vdjonlaire on comme représentant; ce fut lui qu'il cliarpea de la mission pénible de porter aux Achéens celle défense; pour le compromettre encore davantage, il eut soin de ne pas lui donner d'ordre écrit. Lorsijue Polybe se présenta dans l'assemblée des Achéens, et {|u'il annonça son invraisemblable mission, on le somma de montrer les lettres du proconsul, el ses ennemis purent faire semblant de croire qu'il parlait sans ordre et en son propre nom contre les intérêts de Rome. Son obéissance eut tous les dehors de l'opposition. Il devait bientôt en porter la peine.

(;ej)endant dans ses actes, dans ses écrits, Polybe est tout aux Romains : dans ses actes, car il a quelque temps combattu dans leurs rangs; dans ses écrits, car il affecte une haine amère contre IVrséc et ses partisans. Les amis de l'iome sont toujours pour lui les hommes honnêtes, les hommes sains, oi ÛYi»îvovT£;. Un homme est-il ami de Pcrsée, c'est qu'il est criblé de dettes et «ju'il compte sur les bienfaits du roi. Quiconque s'intéresse au mi de Macédoine est un brouillon, /.'.vr-r,; /.iX v.x/i/.-rrt^. Il qualilie de sottise l'essai de médiation des Rhodiens'. Il est cruel et habile à représenter les mesquines négociations entre Eumène et Persée et leur lulte d'avarice, lorsqu'il ne tint, suivant lui, qu'à quelques talents d'argent que le roi de Pergame ne; devint l'ami du roi de Macédoine*. Il les rabaisse l'un et l'autre, il efi;ice ce qu'il y avait de grandeur chez Persée. Il insiste sur son avarice avec aulant de complaisance qu'il avait appuyé précédemment sur la cruauté de Philip|M'. 11 a lendu If père odieux, il tâche à rendre le fds ridicule. A-t-il contre lui une haine réelle, ou bien veut-il se faire pardonner ses hésitations qu'il croit hardies et coupables?

Pendant les trois années que la liilto fut douteuse entre

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