‹ Questions historiquesChapitre 109 sur 258 · Idein, XXIX. I · texte numérisé non relu

Idein, XXIX. I

Rome et Pcrséc, les partis qui divisaiLMit les villes grecques se linrciil en présence, comnu" dos ennemis (|ui allcndaieni riicurc de se ruer l'un sur l'autre. Les haines comprimées j)ar une incertitude de trois ans s'accumulaient, et devaient éclater le jour où la victoire de Persée ou de Rome déciderait quel parti serait persécuteur, quel parti serait victime. Ce fut Paul- Émile qui l'emporta, et alors, dans toutes les villes, les amis de Rome se livrèrent à la joie, comme s'ils avaient vaincu eux-mêmes. Ils coururent auprès du consul, comme pour s'assurer leur jiarl de victoire; et cette part de victoire pour chacun d'eux, c'était dans leur cité la ruine de leurs ennemis. Yoilà ce qu'ils vinrent en foule demander au consul. Les Étoliens, plus pressés, n'attendirent pas le signal pour massacrer, exiler, confisquer. Des autres Etals accoururent des dénonciateurs, apportant des listes de suspects. 11 en vint de partout. d'Acarnanie, d'Epire , de Béotie, de Rhodes; et du Péloponèse yinl Callicrale, qui dénonça Polyhe entre mille.

H est bien difficile à un vainqueur de tenir tète à tant d'exigences. Deux ans auparavant, quand les commissaires romains avaient parcouru les villes, ils avaient résisté à Callicrate et à tous ceux qui accusaient Lycortas, Archon et Polybe. En Étolie, en Epire, on leur avait demandé la condamnation des ennemis de Rome; ils l'avaient encore refusée. Vainqueurs, ils ne purent plus modérer les Grecs. La terreur régna alors dans toutes les villes. Les massacres d'Étolie furent approuvés par Paul-Émile, qui ne lit informer que pour s'assurer qu'aucun des égorgés n'était ami des Romains. Sur les instances des dénonciateurs de la Grèce, et d'après les listes fournies par eux, on manda de toutes les villes une foule de citoyens qui fuient arrêtés comme suspects, et conduits à Rome sous prétexte d'y être jugés. La teneur s'étendit jusqu'aux îles. A Lesbos, la ville d'Antissa avait reçu dans son port la (lotte de Persée; ordre fut donné de la raser; et l'ordre fut si bien exécuté, qu'au temps de Pline il ne restait plus trace de la ville. A Rhodes, on décréta la peine de mort contre tous ceux qui avaient agi, parlé ou pensé contre Rome. En Épire, les

POLYBE OU LA GRÈCE CONQIISE l'AR LES ROMAINS. 179

suspecls fui-ciil assassiiu's dans Imirs maisons, sur les places, au gi-anil jour; tua qui voulut; des listes de proscripliou furent dressées contre les riches, contre des fenim(>s. |';uil- Emilc |icMiiil loiil, cl ((Miiiiii' la soir ,{,■ \\,f ,.| ,||, ^an^ gapnail ses troupes, il ijiil jiMir accorder à leur Imii' le pillajîe de rKjtire, la desiruclion dr 7(1 villes cl rcsclava'^e de 150 000 tètes. "

I/Arhaïc. (|iii (Icpiiis hviilc ans avail loiijoiii's ai(i('' M,. nie à vaincre, ne l'ut pas traitée auti-einenl ipic le- \ain(iis. Il csl vrai qu'on ne pouvait alléiruer contre elle aucun acie, aucun discours pulilic, aucune correspondance secrèlc avec Persée. Les noies du roi de Macédoine étaient aux mains du consul, qui n'y trouvait rien contre les Achéens'. Le lieis parii doiiunait d'ailleurs en Acliaïe; el celle province, à la diirércn.-c des autres, n'avait pas vu la démocratie s'agiler et lenler des efforts en faveur de Persée. Lycorlas et Arclion avaient montré de la docilité, et Polyhe du zèle. Mais Callicrale cl ses amis poursuivaient le consul de leurs dénonciations; ils n''poii,l,iie,ii des mauvaises intentions de leurs concitoyens : il lulhiii les en croire.

Ce qui put (railleurs irril.T cl ellVayer' l'aul-Linile, cV-l ,|„c le tiers parti avait jwis, depuis plusieurs ainn'vs. un a-ccndanl inaccoutumé, .pi'il avait éloi-né les amis de Home du pouvoir, et que même dans ces derniers temps, lors(pi<; partout là victoire de |'\,lna avail donné l'autorité au parli romain, les Achéens n'avaient éprouvé aucune rév(diili.)n. avaicnl c(uisèrvé leur stratè-e, et laissai.'ul Callicrale si iinpopulaic^, .pie les Romains |)ouvaienl allecicr de craindre pour sa sùrelé'..

Rome d'ailleurs redoutait hien plus ce tiers parli. (pii Tavail autrefois si hien servie, que celui qui se déclarai! i.-so|,nuenl conireclle. Des trois partis, celui de Callicrale loi ,'.|,,ii ,|,-son,'. et vendu; celui (|ui, faihle alors, se souleva vinyl ans api'ès avec Diaeus, lui élait peul-èlre utile; il pouvait enircr dans ses desseins d'avoir des ennemis dans les cilés. Le licis parti seul l'embarrassait et lui faisail oi,slacle. Si on rc^vlciniin.iii. il

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