PUE FACE
Qiixro.
L'Iiisloirc iif ri'sKiil |ms les questions : elle nous apprend à les examiner. Elle nous enseigne au moins comment il l'imt s"y [irendre pour observer les lails humains. Le regard ipie nous jetons sur les choses présentes est toujours Iroulili' pai' quelipie intérêt personnel, quehjuc pi'éju^é ou (pu'hpic passion. Voir juste est presipie impossilile. S'il s'agit au conli-aire du passé, aoli'c rcj^ard est plus c dme et |ilus sûr. .Nous comprenons mieux des événements et des révolutions dont noïis n'avons rien à craindre et rien à espérer. Les faits accomplis se présentent à nous avec une bien autre netteté que les laits en voie d'accomplissement, ^ous en voyons le commencement et la fin. la cause et les effets, les tenants et les aboutissants. Nous y distinguons l'essentiel de l'accessoire. Nous en saisissons la marche, la direction et le vrai sens. Pendant qu'ils s'accomplissaient, les hommes ne les comprenaient pas; ils étaient troublés, mêlés d'éléments étrangers, obscurcis par des accidents éphémères. Il y a toujours dans les événements humains une paitie qui n'est qu'extérieure et apparente; c'est d'ordinaire cette (larlie qui frappe le plus les yeux des
xvr PRÉFACE.
contemporains. Aussi esl-il fort rare qu'un grand fait ail été compris par ceux-là mêmes qui ont travaillé à le produire. Presque toujours chaque génération s'est trompée sur ses œuvres. Elle a agi sans savoir nettement ce qu'elle faisait. Elle croyait viser à un but et c'est à un but tout autre que ses efforts l'ont conduite. Il semble qu'il soit au-dessus des forces de l'esprit humain d'avoir l'intuition nette du présent. L'étude de l'histoire doit avoir au moins cet avantage de nous accoutumer à distinguer dans les faits et dans la marche des sociétés ce qui est apparent de ce qui est réel, ce qui est illusion des contemporains de ce qui est vérité.
FUSTEL DE COUL.VNGUS.
DE LA MA.Mi'HE DECIUIŒ