‹ Questions historiquesChapitre 121 sur 258 · Idem, VI, 56 ; X, 2 ; X · texte numérisé non relu

Idem, VI, 56 ; X, 2 ; X

COLYBE OU L\ (illKCE CO.Nnl'lSE l'Ai! I.K.S ItOMAlNS. 1H5

est cortainoiuenl la plus fôcontle en leçons cl la plus utile pour la [iialique. C'est par là que Polybe a pu faire de la coniuiissance des temps passés « le nu-illcur enseignement des hommes' ». Aussi sa principale élude est-elle « de l'aire connaître les suites, les circonstances, et surtout les causes des faits )' ; son grand art est de nous faire comprendre l'économie des événements. Il semble qu'il ait pris à Udiin' (|ii(li|uc chose de l'esprit pratique des Romains, i/hisloire n'e^l pmir lui ni une anivre d'art, ni une onivre de curiosité. > lii homme sensé, dit-il, ne cultive pas l'arl pour l'art, ni la science pour la science'. « L'hisloire est une œuvre d'iitililt'; c'est pour les hommes d'État qu'il écrit; il veut qu'ils apprennent dans son livre qu'ils sont les maîtres des faits, el comment ils peuvent presque avec certitude amener le succès et conjurer le revers. De chaque événement ils doivent tirer une instruction pratique. La lecture de l'histoire sera ain^i unr |iri''|i;ir;ilioii à l'arl de gouverner".

Mais le meilleur enseignemenl que les (irecs doivenl tirer de l'ouvrage de l'olybe, c'est de savoir estimer Rome. l'olylie, en justifiant la conquête romaine par la sagesse avec laquelle elle a été conduite, travaille déjà par ce moyen à la faire aimer des Grecs; mais ce n'est pas assez. Ce qu'il se propostî par-dessus tout, c'est de montrer comment Rome ustî dtî sa domination, et d'enseigner « h ses contemporains si cet empire est à fuir ou à désirer, à la postérité si elle doit se féliciter ou se plaindre' ". Il répond à celte question par le contraste de ses jugements sur la Grèce el de ses jugements sur Rom(\ par le peu d'estime qu'il professe pour l'une et l'admiralion qu'il a pour l'autre, par le spectacle qu'il mou-, donne des agitations el des vices de ses compatriotes, el iiar celui ([u'il si! com|ilait à nous montrer des instilulions calmes et sages des Romains. Il ressort de sa manière de présenter les faits que l'œuvre de Rome est juste el bonne, et c'est pour la faire apj)récier, pour la faire

Page 1