‹ Questions historiquesChapitre 120 sur 258 · I';iiis;iili;i-. VUI, .>U · texte numérisé non relu

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veager de leurs maîtres. D'après les idées des anciens, cette pensée était loin d'être injurieuse ; il leur éliiil nrdinaiic d'aimer mieux dt;v(ur leurs succès à la Forlune (|u'à (mixmèmes, el le litre d'heureux était celui dont ils tiraient le plus de vanité.

Les Grecs, émerveillés et effrayés en même temps de ce qu'ils prenaient pour la maripie d'une faveur spéciale des dieux, en vinrent à conlondre dans leur esprit l'idée de Rome et celle de la Divinité. S'ils se Tussent expliqué les succès de ce peuple, ils l'eussent seulement estimé; mais, croyant voir dans Rome l'ouvrage miraculeux de la Fortune, ils l'adorèrent. Dès la première guerre de Macédoine, Chalcis associa Flamininus à ses dieux; et ce Romain avait encore, trois siècles après, dans une ville d'Eubée, son temple, ses prêtres, ses fêtes et ses cantiques'. Au temps de Caton, Smyrne éleva un temple à la Ville de Rome", et après la guerre de Persée Rhodes pla(;a dans son principal temple la statue colossale du peuple romain". Rome semblait d'une autre nature que le reste de la terre.

Mais Polybe, en homme réfléchi et en homme d'Etat, sait que la Fortune a peu de part aux événements humains. 11 ne croit pas non plus que les dieux règlent toutes choses en ce monde et se donnent souvent la peine d'agir à notre place'. Pour lui, chaque événement humain a son explication el sa cause dans l'âme de l'homme. L'élévation ou la chute d'un Etat est imputable à ses institutions. Le succès est dans nos mains. Si une cité a éprouvé des revers, c'est que sa constitution était vicieuse. Si Rome a conquis l'empire, c'est qu'elle l'a mérité.

Cette idée est d'un esprit désintéressé et d'un grand esprit. 11 y a deux façons de concevoir le lien et la source des faits de l'histoire : on les peut attribuer à l'action de la Providence ou au travail libre et méritoire de l'homme. Cette dernière façon d'envisager la science historique, si elle n'est pas la plus vraie,

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