ThiievdiJe, VUI
5. Conslndto di manni cinerici, loinjhi almen otto, e larghi sei palmi, con ferri impionbali compienti (Coronelli, /so/«cio, [1690]). .Michèle Jusiiniani (Scio sacra) cite aussi ce temple.
MÉMOIRE SIR L'ILE KE ClllO. 239
èlre siliié près du port, à l'ciulroil où sont aujourtl'hui les villages de Périvolaki et de Marmaro. C'est là (pie l'on trouve ([iiehiiifs iléltris de colonnes et une rangée d'oves d"uii lieau travail; rinscription iriecipie qu'on lit à Caidannlc y a ('■lé apportée de Marmaro'. A l'époque des désordres el de la |iiraterif. le village recula jusqu'à une lieue dans l'inliMicur, s'établit sur deux monticules et se fortifia. On voit encore les restes du mur d'enceinte et de la tour carrée qui s'élevait au centre. I-ors(jue les elTorts des puissances occidentales el la destruction de l'Ordre de Malte' eurent lendn la sécurité aux mers, la population de Cardamyle redescendit insensihlemenl vers le port et y fonda les villages de Marmaro et de I'ériv(daki. Il s'y fait (juelque commerce maritime.
Continuant vers le nord-ouest, on traverse une contrée montagneuse, pierreuse, presque entièrement stérile, el dont la côte, sur une étendue de io kilomètres, ne présente pas le moindi'c port. Il est impossible de ne pas reconnaître à ces traits la contrée que Strabon nomme Anisia^. Elle produit encore aujourd'hui, comme de son temps, le meilleur vin de l'île. Mais ce vin, qu'on exporte dans l'Arclii|)eI et à Conslantinople, ne parait pas enrichir beaucoup ceux qui le font : ce sont les plus misérables de l'île.
Aniathès, Vicki, Gamvia, Spartounda. Phyta, sont de petits villages rangés en demi-cercle sur les dernières pentes du mont Saint-IIélie, l'ancien Pelinxum\ Le Saint-IIclie a un aspect grandiose; c'est un pic énorme, qui domine de la moitié de sa hauteur toutes les montagnes de l'Ile. Ihirière lui uu |Me un peu moins élevé semble s'en être détaché. H n'en fallait jias jilus pour faire le sujet d'une fable antique. Diane, irritét; contre Orion le fort chasseur, avait brisé la montagne ])our faire sortir
1. ,(;i'. Uœckh, :>21t c; 'Eorjti-ç';, aoùl 1889; l'aspalis, V'/Mzziy.o,, p. iôO cl p. 16-1
2. Les galères de Malle poursuivaient les navires cliiotes comme navinuant sous pavillon lurc.
5. 'Ap'.ouïi'a. /tûsi Tsr/=îz y.«"i iA';j.svo:, aTiofiov ôiov ■zy.y./.ozis. (il faut lire Tf.ixôîi», et non pas Ti'.i/.ovta, ijue portent quelques éditions). Strahon, XIV, p. 615.
i. Strahon : ri-Xv/aîov. Etienne de Bvzance : nEX).r,v«roî. Pline : Pelhireum. 'ÏJaiAÔTïTov Tûiv iv T^ v^îo» (Strabon, ibidem).
2i0 OrKSTIONS lIISTOIilnl KS.
de ses entrailles un énorme serpent', (iliaque montagne, chez les anciens Grecs, était consacrée à un dieu ; le Pélinœum, par sa grandeur, méritait de l'être à Jupiter. Un temple, ou tout au moins un autel, s'élevait sur son sommet', à l'endroit où l'on \oil la chapelle de Saint-Hélie. Quand vint le christianisme, il changea tous les noms. Ce qu'on avait adoré sur presque tous les promontoires sous le nom de Neptune, on l'adora sous le nom de saint Nicolas. Les montagnes consacrées généralement à Jupiter ou à Apollon passèrent sous le nom de Saint-Hélie. Au lieu de donner le nom d'une divinité et un temple à chaque montagne et à chaque rivière, on leur donna le nom d'un saint et une chapelle.
Le mont Saint-Hélie projette à l'ouest le promontoire Saint- Nicolas, qui s'avance en face de la petite ile dePsara. l\ poi'tait chez les anciens le nom de cap Noir, Melxna acra", et ce nom se perpétue encore dans celui du petit village de Mélanio.
Je ne ferai pas la nomenclature de tous les villages qui s'étendent entre Amathès et \olisso: ils sont fort nomhrenx, très peu peuplés et très pauvres, trois choses qui s'accordent assez bien.
Pour trouver quelque richesse il faut aller jusqu'à Aolisso, sur la côte occidentale. Là sont des terres fertiles qui portent des oliviers, du coton, des céréales et quelques vignes; mais la culture du mûrier et l'élève des vers à soie forment le principal revenu du village. Aolisso est divisé en trois parties et occupe deux collines, à un quart de lieue de la mer; sur la plus haute sont encore les ruines d'un grand chtàteau génois, avec la tour centrale et l'enceinte carrée. Là s'était réfugié le village au moyen âge; mais plus récemment il a rompu ses liens, franchi le mur d'enceinte et est descendu un peu plus bas.
(In sait combien les (irecs ont eu et ont encore de goût pour la recherche des étymologies. Leur zèle en cette matière n'a d'égal que leur inhabileté. Les Chiotes remarquèrent une ressemblance de quelques lettres entre le nom de Volisso (BoXi'T'jô;)
\. Anitus, Phœnomena, v. 636.
i. n£/.'.vaîo;' 6 Z:ù; Èv Xico (tlésychius).