‹ Questions historiquesChapitre 143 sur 258 · Thutydiilc, VIII · texte numérisé non relu

Thutydiilc, VIII

'J. [Voyez noire iiiéface.)

.). Strabon, liv. \IV, p. C45 : ripwTQv tiiv to Uoiiio-.vj, -Ux <]?i'ix:,... lî-x N'JT'.r/,... iiTx Aaicij;... ciOev Et; tjjv noXiv £;jizo/Ta araî:<u« !aO[iô;... ilia ^\0.x:;x

>j42 QUESTIONS DISTORIQUES.

(juc l'on trouve rarement dans ceux du nord. Ce qui est surtout remaniuable, c'est que la richesse y est é.salement n'-i.artic. Quoique l'hiver de 1850 ait compromis pour lun-tcuips la récolte de mastic et d'oranges, je n'ai pas vu un seul mendiant. Cette contrée, qui n'a guère en étendue que le quart de l'ilc entière, paye plus d'impôts que tout le reste et est plus peuplée. De ses vingt et un villages, il y en a plusieurs (pii reulermenl 2500 et 5000 hahilanls.

Les villages de Chio ont un caractère particulier : ils forment un carré parfait, fermé de tous côtés; les maisons, ayant leurs portes tournées vers l'intérieur du village, et nulle issue sur l'extérieur, reliées encore entre elles par de gros murs, forment une enceinte continue. On ne pénètre dans le bourg que par une porte étroite, qui la nuit est fermée par une grille de fer. Au centre du carré s'élève une tour également carrée, à deux ou trois étages, et qui souvent n'a ni porte ni aucune espèce d'issue à hauteur du sol; on y monte par une échelle de cordes. Cette disposition, qui se remarque quelquefois dans le nord de l'ile, est générale dans le midi. Tous les paysans s'accordent à dire que ces tours et ces villages, semblables à des forteresses, daleni du temps des Génois, et tout porte à croire qu'ils disent vrai; la cmir-truction est génoise; le mur de la tour ressemble au mur de la citadelle de Chio ; les portes des maisons sont basses et étroites comme celles de la ville. On trouve fréquemment incrustées dans les murs les armes delà famille Justiniani, et le peuple conserve encore, dans sa langue et dans son costume, des souvenirs des Italiens. La population paraît étouffer dans les limites qu'on lui a tracées : les rues sont étroites; on n'a pas accordé à l'air assez de place pour circuler; les maisons à deux et à trois étages sont serrées les unes contre les autres sans laisser entre elles d'intervalle pour le jardin ni même pour la cour. Pourquoi si peu d'espace et si peu de liberté? Pourquoi ces enceintes continues, ces issues armées de portes de fer, ces hautes tours si bien défendues? Tout respire ici la uuerre ou l'oppression. Tant de précautions furent-elles imao-inées contre des ennemis ou contre les villageois? Les riches récoltes, l'argent, et le mastic, plus précieux que l'argent.

MÉMOIRE SUR L'ILE DE CIlUi. 24î

ont-ils valu à ces villafres tant de menaces de la part des étran- {{crs, ou tant de défiance de la part de leurs maîtres? Nous- le saurons tout à l'heure. Je neveux signaler ici que l'impression de tristesse que l'on éprouve en pénéli'ant dans ces sortes de prisons, où règne pourtant une opulence relative.

Je ne l'erai pas l'énumération de ces villages, (|ui d'ailleurs, se ressemblent tous. Les principaux sont : Mesia, à l'ouest Pvrgi, au midi ; Calanioti, Nénita et Calimasia, à l'est.

Les écrivains anciens mentionnent plusieurs fois dans l'Ile de Cliio un lieu qu'ils ;qip('llcnl Plutnie, <I>3tvai. C'est un poil suivant les uns, un promontoire suivant les autres ; il parait pndialile que ces deux ojiinions doivent s'accoi'dcr. et qu'il v a en à la l'ois un pori et un c,i|) de ce nom.

Le cap Phame r>l crlui (|ui s'avance h l'extrémité méridionale de l'île. Il fut ainsi appelé, dit Klienne de Byzance, parce que ce fui delà que Latone a|)erçut Délos'. Il est faux cpu^ de ce promontoire ou d'aucun lieu de l'île on puisse voir Délos; mais cette tradition prouve au moins que le promontoire était situé au midi de l'île. Aujourd'hui il est généralement nommé cap Mastic.

Nous voyons dans Tile-Live" une llollc romaine, parlie de Délos, aborder à Fhan;e, faire ensuite le tour de l'île, et aller mouiller au port île la capitale. l'IiaiiM' l'Iail ilniic le premier |)ort de l'île qui s'offrît aux navigateurs venant du sud-ouest; il était tourné vers la mer Egée, et il se trouvait à l'ouest du caj», |iuisqu'il fallail doubler ce cap [circiimagere tiares) pour faiie le loiir de l'ile. Or, sur cette côte, on ne trouve qu'un port : il est tourné vers la mer Egée; il est à l'ouest du cap; enfin, il a gardé son ancien nom, car on l'appelle aujourd'hui CiUuijIkiiki.

Slrabon cile l'han;c^ comme un porI proruml, ei eu etlel le

1. Pliaiuc, promonioiium Chiovum (Tile-Live, \LIV, c '2S). — <l>avat, iz^ioxi,y.oi Tf,; Xi'ou, à-b ToiS àvaçx/îjvat tt, AtjtoÎ -ri;'/ A^Xov (Etienne de Bvzance, au mot fl'x/ï!).

2. Romani, ubi primiim aquilones cecideruni, ab Dclo Plianas, porliim Chiorvm in .Eijxum mure versum, pctuiU; inde ad urbciii circiimegcie naves coinmealiique siimpto.... (Tile-Live, XXXVI, 43).

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