Straboii, XIV, p
port lie Ciilopliana a iiuiiize et viii<rl lirasscs de fond, et serait un excellent mouillage s'il étail inicux ahiih' eonlic les vents.
Le même géogiaphe remarque à Plianaî la présence d'un bois de palmiers. On ne le trouve plus aujonrd'liui ; mais on peut observer que, dans l'biver de 1800, Cato])liana est le seul endroit de Tile oii les lentisques n'aient pas été gelés. Ce lieu est donc plus propre qu'aucun autre aux cultures des climats chauds.
Les Athéniens y débarquèrent pendant la guerre du Péloponèse et y vainquirent les Chiotes'. Ce lieu est en effet très favorable à un débarquement, et il oflVe une plaine assez grande pour ([ue deux corps d'armée s'y puissent mesurer.
Entin, Strabon signale un temple d'Apollon à Phanœ. Ce temple, nous l'avons retrouvé sur une petite éminence, à quelques centaines de mètres du rivage. Strabon, qui semble avoir fait le tour de l'Ile par mer, sans visiter l'intérieur, a pu le voir du port.
Les siècles l'ont maltraité. Il n'en reste plus une seule colonne debout; le niveau du temple et cinij ou six assises du mur de la cella sont tout ce qu'il nous a été donné d'apercevoir. La matière qui a servi à la construction est un calcaire compact; on voit encore sur la uuuilagne voisine, à l'ouest, les carrières d'où on l'a tiré. Le travail est très soigné. Les assises, parfaitement régulières, ont toutes la même hauteur et sont assemblées avec la dernière précision. Nous avons évidemment sous les yeux un ouvrage hellénique.
La longueur de la cella, mesurée à l'extérieur, d'angle à angle, est de :28'",70; la largeur, de IS-.So; c'est, à très peu de chose près, le rapiwrt de 1 à I 1/2, rapport qui n'est pas rare dans les temples grecs.
Le côté oriental a encore ses deux angles antiques; mais entre eux on a construit une abside avec des pierres tirées du temple, lorsque les chrétiens en ont fait une église; elle décrit un arc de cercle dont la plus graiule largeur a 7 mètres et la plus petite 4", 76 (mesure prise à l'intérieur).
\ . Thucydide, VIII, 24.
MÉMOIRE SLR L'ILE DE ClIIO. 245
Le coté oecidenlal présente uni' piirle en sitn milieu; elle est liUfie (le tî^.fiO. L'état des pierres montre que cette porte est anti(|ue. Elle n'était pourtant pas la porte principale : c'est tlu côté tk- ruriont i[u'on devait entrer dans un temple grec.
A rinlt'iiiiir. à une ili-laucc de 5 nictrcs de la |iorte, et parallclenicnl au nuir occidental, rèiine une suli^liiiclion qui est faite des inèiues matériaux que le tcinpli'. l'ui- deux antres suhstrnctions. parallèles entre elles, paricnl de la iiK'niicre et vont aliiiulir an\ deux extrémités de l'ahside. Dans l'église clirélicnnc. la première a dû maripicr la place destinée aux catéchumènes, el les deux autres les trois nel's de l'église. Peut-être les dernières sont-elles aussi anciennes que le temple, et étaient-elles destinées à porter une double colonnade intérieure.
11 n'y a plus ni ville ni village à l'Iiana- ; le poit ne reçoit pas une liarquc. Pour trouver des haldlations il faut aller jusqu'à pM'Lii, à deux lirur> |ilu^ loin. |'\ii;i ol lin ancien \illage, qui possède une assez belle église byzantine. Les Génois n'ont laissé nulle part plus de traces de leur séjour; la tour carrée et plusieurs maisons jiortent encore leurs armes; le peuple a conservé la coiirure et une pailic du (iistninc ilalicn. Tous les villages du midi et du nnid de l'ijc imt été saccagés en 182*2: Pyi'gi est un de ceux que se sont le mieux relevés et qui paraissent le plus florissants. Calamoli, i'atrica, Matzia, Calaracti, présentent encore la moitié de leurs maisons en ruine'.
Thucydide mentionne dans l'île un lieu (|u'il a|>peli(> Ln'CO- )ii(tii, où les Athéniens vain(|uirent les (>liioles en ill'. Ils faisaient alors le tour de l'île par mer : ce lieu élail dune voisin de la côte. ll>venaienl ilc \(ili---.ii cl de l'li,iii;e : Levconium était dmic sur la côte sud-est de l'île. Ils y déhanjuèrenl, y rencontrèrent des troupes chiotes et les vaimpiirenl. Levconium était donc un lieu de débarcjuement et une plaine. Or on ne
\. [Cf. I];iussoullier, Biillelin. t. III, p. 523; Conzc. p. I5(i; Sliiilniczkn, p. 102.] 2. Ki\ kv -t Kat;oi;iJ/.7; i-oôivT;; /.ï"i £v Bo/.;a3(;)... /.a; i/ <l>»va.; xJ):; i/./.ir, jxiyji ivixr.aav, /.l'i T o;Tr, èv .\:'j/.(uv:oi (Ttiucydide, VIII, 21).
trouve dans toute cette partie de l'île ([trmic seule plaine qui puisse servir pour un déharquement et pour un combat : c'est celle qu'on appelle aujourd'hui le Campox, et qui s'étend depuis le ca|) Sainte-Hélène jusqu'à la ville ; et précisément la partie méridionale de cette plaine porte encore aujourd'hui le nom de Levconia. La position de l'ancien Levconium ne [irésente donc aucun doute. Le village (jui existait apparemment dans ce lieu a été abandonné à l'époque où les populations fuyaient les bords de la mer, et puisqu'elles ne trouvaient pas ici, comme à Volisso et à Cardamyle, des hauteurs voisines où elles pussent se fortifier, elles ont dû se retirer hors de leur territoire. La persistance du nom n'en est que plus remar quable.