CHAPITRE m
Les Chiotes.
Ce qui fait que ilaus la Grèce ancienne cliaciue ville mérite d'avoir son histoire, c'est que presque chaque ville a un caractère qui lui est propre. La Grèce est le pays de la variété et du morcellement; (piand on la parcourt, on croit traverser vingt pays divers ; les hommes y varient encore plus que la nature. Le caractère, les a])titudes. les mœurs même, tout change dès (jue vous passez un hras de mer ou que vous sautez un ruisseau. C'est peu que de dire qu'il y eut dans la Grèce ancienne deux races et deux esprits, celui desDorienset celui des Ioniens; Corinihe ne ressemble pas à Sparte, ni Mégare à Corinthe. .le ne reconnais dans les Chiotes ni des Doriens, ni des Ioniens ; je ne puis les assimiler à aucun autre des peuples grecs : leur caractère eut toujours quelques traits particuliers qui les distinguèrent et les distinguent encore des autres Hellènes.
Aussi n'esl-il pas Lien avéré que le sang hellénique domine en eux; voyons naître leur population : nous nous expliquerons mieux leur caractère et leur histoire.
ORIGINES DE L\ r0PCL.\TI0N CIIIOTe'.
Leurs premiers ancêtres ont été ces Pélasges, Lélèges ou Cariens qui ont occupé toutes ces contrées'. Strabon trouva à