‹ Questions historiquesChapitre 150 sur 258 · Pausania*. VII · texte numérisé non relu

Pausania*. VII

3. Sli-alion. XIV, 653. Pausanias, VU, l. ■l. l'ausaiiias, VU, 5.

252 QUESTIONS HISTORIOUES.

sujettirenl, no r(i((U|ir'ront pas. Piomc n'était qu'une ville, et ne pouvait envoyer aux pnivinces que des magistrats. Plus lard les Génois et les Turcs s'établirent dans l'île, mais en nombre insuffisant pour changer la population : les uns et les autres s'allièrent peu avec les sujets.

La persistance de la race est attestée par ccllo do la langue. C'est encore le grec qu'on parle aujourd'luii à (ihio '. Il est facile de reconnaître que le fond du langage est le inome depuis trente siècles ; mais ce fond, à chaque époque, a revêtu quelques formes étrangères. Aux premiers siècles de son histoire, Chio, unie à la confédération ionienne, parlait aussi le dialecte ionien. La domination d'Athènes imposa d'abord à ses écrivains, puis introduisit peu à peu parmi le peuple, la langue attique. Sous l'Empire romain, les mots latins firent invasion; les Chiotes appelèrent César luaTpwv*. Mais la langue latine, mal soutenue par les Romains eux-mêmes, ne triompha pas de la langue grecque, et ne put lui imposer que quelques mots de l'administration et de la loi. Soumis aux Génois, les Chiotes durent adopter beaucoup de mots italiens: la haine contre l'Occident les aurait fait disparaître si les relations commerciales ne les avait maintenus: car l'italien est encore aujourd'hui la langue de quiconi|ue est marin ou commerçant dans la Méditerranée. Les Turcs ont donné moins dv mots à la langue des Chiotes qu'à celle des autres Grecs ; car les pays oii les Grecs ont pris le plus de mots turcs ne sont pas ceux où les Turcs ont été le plus nombreux, mais ceux où les Grecs ont été le plus esclaves. Nous verrons que les Chiotes sont restés à peu près libres; aussi dans l'île sont-ce les Turcs qui parlent grec.

L'ancien idiome de la Grèce a donc subsisté en dépit des révolutions et de l'esclavage. Ses variations sont celles (jue !e temps apporte à toutes les langues, qui les corrompent, mais qui ne les dénaturent pas. Il ne faut pas être surpris que le grec d'aujourd'hui diffère du grec anoion. mais philôl ijue

1. [Voir maintenant le livre de l':isiialis, To ■/•.a.v.m rXojsoâpiov. M. Psicliari a fait des recherches étendues sur le dialecte chiote ; cf. son livre To 'Ïj.\(o: [lou, 1888, Athènes.]

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