Cf. Li Cite aniiquc. liv. III. c. Ifi
2. [Ihidcni, liv. III, siiihnil nii c. 18.] ô. Aristotc, ÉconO'iiiques, II. 'J.
276 OIESTIONS II I SKlItluLlKS.
L'immense iiili'ivl (jnl li.iil lous les cildyriis à \;\ (h'^l'eiisc de rÉlal lui (liniiiiiil uiif vihtiitr inconcevable. L'homme pcidiiil avec sa pairie sa libellé civile, sa dignité, ses biens et souvent sa vie. Sans pairie, l'homme n'élail plus. Le patriotisme était commandé par l'intérèl le ])lus immédiat. Cette responsabilité qui pesait sur chacun tenait les courages toujours en éveil, les esprits toujoui's surexcités, et les forces de chaque particulier étaient déjà doublées avant d'être mises tout entières au service de l'Etat.
L'esclavage permettait à l'homme libre de se livrer sans réserve à la pairie.
L'Etat se servait aussi des esclaves; grâce à ces bi'as qu'on ne payait pas, il équipait ses flottes et remplissait ses armées. Sparte septuplait les siennes avec les hiloles. Par eux, on élevait les grands monuments publics; car ce lut par une honoi'al)le exception que Périclès n'em])loya au l'arlhénon ijue des mains libres.
Nous verrons tout à l'heure Chio armer vingt-quatre milh; marins. Qu'un Etal moderne veuille, à un jour doiiiié, mettre en mer une telle flotte, il devra entretenir perpétuellement les trois quarts des bâtiments et la moitié de l'équipage. Les trirèmes des anciens étaient construites en peu de temps et à peu de frais; les équipages étaient composés d'esclaves' et n'étaient pas permanents. • •
Il y a des races que le moicellement condamne à langui i' : il laul (ju'une puissante concentration multiplie en elles les forces vitales, pour faire éclore la fleur de la civilisation. La race grecque n'a pas eu besoin de cette unité; chaque ville suffisait à son développement; le plus petit théâtre était assez pour son énergie et son intelligence.
Toutes ces causes firent subsister la républi(juc de Chio pendant longtemps, et sauvèrent son gouvernement municipal de l'affaissement intérieur et de la stérilité. Mais elles étaient impuissantes à assurer sa liberté contre des ennemis étrangers.
Longtemps la division fut sans péril; les grands empires
I. (Im le s;iil eu |i;iiliciilii.'i' iiiuir (;iii;i (voir Tliiuvillili', VIU, ].")).
MfiMOlHR SUR L'II.K DE (.1110. 277
«'•l.iliiil ^iir le-» liiinls (lu Tii;ii' cl dr ri'.ii|iliralf, cl dans le liassiii de la .Mcilitcrrancf icjinail le iiKireelIciiieiil. l'n pelil Klat comme {,h\o ne voyait |ias dans son lioiizon d'Klal |i!iis iiiaiid t|ne lui.
Les Tirées étaienl alors dans une condition telle, (nie la fruerre ne pouvait presque éelaler qu'enlre eu.x. Les seules luttes que nous sachions que Cliio ait alors soutenues furent contre Krvllirées. Ces deux villes étaient sœurs; elles avaient même orijrine, même culle, même dialecte' : les haines n"cii étaient que plus vives. In jour les Erjthréens invitèrent les Chiotes à un hanquet, dans le dessein th' les empoisonner. Chaque ville j;rec(jue eût souhaité que la ville voisine n eût qu'une seule tète pour pouvoir l'abattre d'un seul coup'.
Tout ce (pii fui perdu d'énergie, de richesse cl d'inlelliiience dans ces (pu'relles est iucalculahle. Mais le danirer de la division apparut tout entier lors(|u'un emi>ire puissant se fut formé en .Vsie Mineure.
L'insouciauce de Chio pour la destinée des villes de l'Ionie el pour sa propre liberté est remarquable. Klle vit les rois lydiens subjuiruei- l'une après l'autre les villes du littoral et l'esta speclalrice de la lulte. lue fois seulement elle envoya un seciuirs aux Milésiens assiégés, mais ce fut précisément le contraire d'un sentiment île fralcrnilé (|ui la détermina. Milcl \eiiiiii d'aidei- Chio dans une guerre contre Krvlhrées; (iliio à sou loui' ailla .Milet contre .Myaltes, comme elle l'aurait aidé au besoin contre Priène ou contre Kphi'se '.
Les Chiotes ne redoutaient pas les rois lydiens, qui inaiiipiaient de maiine. Ils ne songeaient pas que Crésus, en s'emparanl des villes de la côte, avait con(|uis des marins, el que les Grecs déjà assujettis pouvaient lui servir à assujettir les autres.
Ouand Cyrus eut étendu son empire jusqu'à la mer, Chio ne s'émut |ias davantage : elle laissa les Ioniens résister et vendre