MÉMOIRE SUR I/ILE DE CIIIO
frères, et ahjuraioiil, par uiif sorlr di' Urve de Dieu, leurs [ior|H'tiit'llos dissensions '.
Il faiil ilniic nous n'iirésciili'r Cliio, c'cstsi-ilirc iiiif île (pii n'a ijiic ">0 licui's carrôes de siipiTlicic. ri (lui ne |icul |ia-~ noiirrii' .Ml (llin haliilaiil , ciiiiiiiu' un l!lal iii(l(''|MMi(iaiil. i|ui Vi'cul i^dli' |ii'iiilanl |ilu-ii'iirs sii'clcs, ipii iir i'('(;ul du dclioi-s ni loi<. ni aide, ni iiii|iul>i(m. (Juaiid. jclaiit les yeux sur le intpiidc iwvm'hI, nous calculmis loiil ce (ni'il l'aul d'riicr^ic, d'iiiti'lli^i'nco, de sagesse ])iilili(|ii(', Ar <lisciplinc. pour ipi'uii milliiiii d'Iioiiinu's |)uiss(' fiiiincr un l.lal. rc\i>l(Mi((' lilirc, heureuse el brillanio de la pelile cité de (iliio nous éloiine.
Lo oommeree rcxi)li(pie en parlie. Agrieullure, indnsliie, science, arl. rien de (mil cela ne |)eut faire d'une ville on d'un canton un puissant État. I,e commerce seul a ce privilège; de rli'ii il l'ail (pi('l(jU(! chose. 11 nivelle les inégalités; avec lui la pi)|)ulaliun ne se compte plus, le Icrriluirc ne se mesure plus.
Le gouvernemeuL municipal, cuinnir il a ses dangers, a aussi des ressources rpii lui soni prupics. Pénétrons dans l'intérieur de la cilé; ce (pii unu- IVappe d'abord, c'est que l'Klat y est le maître absolu des citoyens". Rien dans la vie de riiouime n'échappe à cette domination despoticjue. Klle s'exerce sur les corps, sur les fortunes, sur les es|)rits, sur les mœurs: sur les corps, car tous sont soldats, et Imile leur vie; sur les fortunes, car les exigences de l'Etat en matière d'impôt sont sans limite et vont de droit ius<[u'à la confiscation; sur les esprits, (ju'il forme, qu'il i:;-lniil, qu'il façonne. (|u'il domine enfin par une religion presque toute polititpic; >ur les mœurs, car il surveille la vie privée avec autant d'allculion cl de droit ipie la vie publi(pi(\ Quelle force dans un Ici lùal! 11 pouvait compter comme soldats la huitième parlie de sa population, el ses finances étaient la somme de toutes les fortunes de ses citoyens. Lorsque les Chiotes avaieni besoin d'argciil, ils décrétaient (jue toutes les dettes privées, au lii'u d'être payées aux créanciers, le seraient à l'Ktat\