‹ Questions historiquesChapitre 42 sur 258 · ter Ripuaria. LX, ù; cf. LWV · texte numérisé non relu

ter Ripuaria. LX, ù; cf. LWV

."i. Ediclum ChUperici. 8.

i. K. Lamprecht. Wirlhsclinft vtui Redit ili'r Frniihcn zur Zeil der VolksrecIil:\ dans le Hislurischcs Tascliciihiicli, 1S85, p. 57.

5. Urkiiiidcnlnicli zur Ccscliichle des Miltcliheins. I. I, p. 11'.

ORIGINES |)i: LA I'R0I'U1I;TÉ FONCIERE. 59

pas, et i|iril s'aj^Ml tout >im|ili'iiuMit de la villa Senliacus.

l/abscnco tlu mot mark ou ilo lout aulio termt' analofriie ilaiis les lois franques n'omliarrasse pas M. Laniproclil. Il tnuivc le mot vicini. Pour tout le monde ce mot sifjnilie voisins et l'on comprend (ju'en elVet toute léirislalion ait à s'oeeuper (|ucli[ue peu des voisins dans leurs rapports entre eux. l'our M. Lampreelil, vicini signifie associés; voisinage ou mark commune doivent èlre une seule et même chose. Vous avez des voisins, donc vous formez une communauté avec eux, donc la terre est commune à eux el à vous : tel est le raisonnenieiit. 11 étonnerait beaucoup le premier venu de nos paysans, ijui ne sont guère accoutumés à confondre voisinage avec association. Mais un énidit à système n'y regarde pas de si près. Y a-t-il au moins (|ueKjue texte de répoi[ue t'raïuiue (jui maniue (jue les hommes de ce temps-là voyaient un lien entre les deux choses? Nullement; aucun article de lui. aucune charte, aucun document d'aucune sorte n'indi(|ue ([ue l'idée d'association s'attachât au voisinage. Les vicini de la Loi Salii|ue sont des voisins comme il y en a partout. Mais M. Lampreclit a une singulière ra(,'on d'interpréter les textes. Voici un capiliilairc mérovingien où il est dit: « Si un homme a été tué entre doux villx voisines, sans qu'on connaisse le meurtrier, le comte doit se rendre sur les lieux, appeler à son de trompe les voisins, c'esl-à-dirc les habitants des deux rZ/te voisines, et les sommer de se rendre à un jour fixé à son tribunal pour y jurer qu'ils sont innocents de ce meurtre. » Ce texte est fort clair, et cette procédure fort naturelle. Mais pour M. Lamprecht cela signilie que ces hommes sont « des associés de la mark », et qu'ils vivent dans un t'Ial de c(iminniiaiil(''. Il eoii^liiiil 1,'i-ilessus toute une théorie du voisinage, iidclibarsclKifl, et il soutient que « ce voisinage est un des facteurs principaux de l'organisation franque' ».

Il rencontre ce nml vicini dans un édil de Chilpéiic. .\ vrai dire, cet édit prononce: l"que la terre continuera à passer du père au fils suivant l'ancienne règle: 2° (|u'à défaut de fils la

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eO QUESTIONS HISTORIQUES.

nile en héritera ; 5"qu'à défaut île lils et de fille les collatéraux jirendront la terre et que les voisins ne la jirendronl pas'. M. Lamprecht interprète cela comme s'il était dit (pie les voisins eussent auparavant le ilioil de pniidrr la teriv en cas de déshérence en ligne directe; mais l'édit de Chilpéric ne dit pas cela, et cela est formellement démenti jiar le titre de la Loi Salique sur les successions'. Puis, partant de cette intei'prétation erronée, il soutient que les vicini avaient un droit commun sur la terre et en étaient comme les copropriétaires, chose dont on ne trouve pas le moindre indice dans les documents.

11 retrouve encore le mot r;V//(/ dans le litre XI.V de la Loi Salique, et 1out de suile il y croit voir une communauté. C'est même une communauté qui aui'ait le droit d'exclure tout nouveau venu, en sorte que l'homme qui aurait acheté un champ ou à qui un champ aurait été légué, n'aurait pas eu le droit de l'occuper sans la volonté de tous le- linhilants. Mais lisez ce litre XLY, et vous voyez d'abord qu'il ne s'agit pas d'un homme qui a acquis im champ par les voies légitimes^ Vous voyez surtout, en lisant le titre tout entier (on a hien soin de n'en citer toujours qu'un fragment), (ju'il ne s'y trouve aucune communauté. Pas un seul mot dans ces vingt-deux lignes n'a le sens ou ne présente l'idée de communauté ou d'association*. Vous ne voyez pas une communauté d'habitants qui s'assemble, qui délibère, qui décide. Ce que vous voyez, c'est un homme qui en son nom personnel porte plainte devant le fonctionnaire royal, devant le comte, contre un individu qui s'est établi sans aucun droit; et le comte expulse cet individu, non en

1. Edictum Chilperici, art. 5 : Filii terrain habeanl sicul et Lex Satica habet: si filii defiincli fuerint, filia accipial terras.... Et si moritur, f rater terras accipiat, non vicini. El si fralcr moriens non derelinquerit superslitem, tune soror ad terra ipsa accédai possidcnda.

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