De eo qui vitlain atlcriits orcupaveril
5. Si infni Xll tnenses nullu.s Icslatiis fiinil, sccurus sicut et niii vicini mnnenl.
■4. De hoc ciipilnlit judicaveniiil ut iiuttus vitlain iiut ri:i altcrius mitjrandi (jinlid pcr nnnon Icncrc po.ssit: sed in quncumijuc die invasof illarum riTum interpellntus fuerit, aut casdem rcs quwienli reddat aut cas, si potcsl, juila Ic- (jem se defemleiulo sibi vindicel.
62 nUKSTlOiNS HISTORIQUES.
(les porsoniiagos instniils, cl (|ui passaioiil la moilié de leur vie à juger des procès. 11 laul souger aussi (pie le litre \L\ se Irouvail daus la loi éniendée par Charlemafine; (pie, (piellcque fût son origine première, elle (3lail eneore une loi aeluelle, un lexle vivant. Ecrit el transcril pai' les conseillers de Cliarlemagne, comment supposer que les conseillers de S(jn fils ne le comprenaient plus? J'avoue pour moi que j'aime mieux entendre ce texte comme l'entendirent les hommes de 810 que comme l'entend M. Lampreclil. J'aime mieux le traduire littéralement dans sa simple clarté que d'y ajouter une communauté de village qui ne s'y trouve pas.
M. Lamprecht ne peut pas nier (pie la Loi Saliquc ne signale des cltilures autour des champs de hlé, autour des prairies, autour des vignes, et que cela ne soit l'indice de la pro[»riété privée. Mais, à l'en croire, ce sont les rois (pii ont changé l'ancien élat (le choses el introduitces nouveautés. Pure hypothèse. Jl veut qu'à tout le moins les forêts el les prairies soient restées communes, et il allt'gue le titre XXVII de la Loi Sali(pie. Vous vous reportez au passage cité, croyant y trouver l'expression de forêt commune, de forêt où tous peuvent prendre du hois. C'est le contraire que vous trouvez : ■< Si (juelqu'un a pris du bois dans la forèl d'un autre, il payera une amende de lrois.<o/(f//'. » ^ oilà donc une forêt qui appartient en propre à un homme et où nul n'a de droit, si ce n'est le propriélaire. Mais cela n'emharrasse pas M. Lamprecht. Suivant lui, les mots silva aliéna signifient une forêt commune. Mais (piel motif a-t-il pour donner aux mots celte inlerprélation singulière? i< C'est, dil-il, que dans la Loi Sali({ue le mot silva est toujours pris dans le sens de forêt commune. » Or notez que le mot silca n'est emplové nulle part ailleurs que dans cet article. Il traduit aliéna comme si cela signifiait « d'un autre pays ». Cette fois il s'agit d'un mol qui est employé trente et une fois dans la Loi Salique ; mais toutes ces trente el une fois il a le sens très
1. Lex Salie», XXVII, 18, édit. Behrcnd : Si quis liyna rilicna >}i sih'o aliéna furaverit, sutidus III ciilpribilis juilicetiir. C'est la k'(.-on du maïuiscril de Paris •ii04. Le niamisiril 965.5 porte ; S; quis ligna in silva aliéna [nriivcril, solidos XLV cu'.pabilis judicetiie. Le manuscrit iG^T porte : In xilva alterins.
ORIGINES ht: I.V PROPRIETE FONCIERE. 03
clair ilr >* iiui aiijtarliciil à un aiilrc ». La loitlil, par exemijle, messix aliéna, sepem alienam, liortum alienum, vinea aliéna, servm alienus, lilum alienum, caballusalienus, spousa aliéna, uiof aliéna. I.e mot osMoujours synoiiymo du ^riùùï alleriiis, (|UL' l'on trouve souvent à sa place; et piécisémeul les mots silra aliéna sont remplaces dans plusieurs manuscrits par les mots silva allerim'. Remarquons d'ailleurs ipie tout ce litre XXVll de la loi vise le vol commis « dans le champ d'un autre », « dans le jardin d'un autre ». « dans la vigne d'un autre », et enfin « dans la l'orèt d'un autre ». Aucun doute n'e-l pii^^ililc. TiiiiiiKirs il s'agit de propriétés particulières et la loi s'exprime sur la forêt exactement comme sur la vigne ou le jardin. L'interprétation de M. Lam prédit est contre toute évidence. Mais il lui lallail ([ue les forets fussent communes; il n'a tidUM' (pi'nn ^ciil article où il fût (juestion de forêt, et, (pioi(iuecet article parlât d'une forêt ajjparlenanlà un homme, il n'a pas voulu s'en priver et il a seulement souleiiu qiwsilva aliéna signiliail le contraire de ce (ju'il signilie.
M. Lamprecht dit encore « que les prairies étaient communes », quoiqu'il n'y ait riende cela dans la Loi Salique ni dans aucun antre document. Bien pins: s'il est vrai cpie les prairies fnssentconimunesdaprès la Loi Saliijne, comment se fait-il (juc la Loi Sali(|ue ne parle qu'une fois des prairies, et seulement pour punii de l'énorme amende de quinze cents deniers celui qui a pris nue charretée de foin dans la prairie d'antrui'? M. Lamprecht soutient aussi que les moulins étaient communs, liien ((ue la loi ne mentionne (jue des moulins appaHenanl à des particuliers". — Les textes les plus opposés à sa théorie, il ^'en ein|)are et les interprète à sa guise. Yoit-il, par exemple, (pie la Loi Saliipie punit sévèrement « celui qui laboure ou ensemence le champ d'un autre, sans la peiinissioii du propriétaire», ejr/r«fOrts///HHi(/oiH/H7'. il Miuliciil que celle di-|i(i^itiiin
1. In silva nlierius, manuscrits de Paris 4627, de Montpellier 156, de Sainl- Gidi 70! . di- P;iiis lO-ifi, de.