Athénée. IV
ORIGINES [)K l,\ l'ROPniETE FONCIERE. 75
li'l s'ol liciiii|pi'' CM |ii('iiaiil un n'|ia^ privé l'I l'clijiicux pour un rcpns coiniiiuii. cl en y voulanl vnir Te symbole tic la eoinmnnaulé tlfs Icrres.
Rosli'iil les vrais repas pulilitrs, (jiii élaienl joiiiiialu rs, mi presque jduiiialiers, à Sparle. el (lu'oii appelait «î'jc^îti*. M. Viollet se hàle de dire ([u'iK sinil une marque de communauté. Il y a une a|)parcnce de justesse à dire : « Si les hommes consomment les fruits de la terre en commun, c'est (pie primitivement la terre elle-mcme était en niniinnn. » Nous jiensons (jMc M. \inllcl aurait du se dcMicr A*' celle logique appiirculc: s'il avait étudié par les textes celle iu^lilulimi des repas [inlilics de Sparte, il y a quatre remarques i[ni ne lui auiaienl pas échappé : 1" elle ne n;nionte pas aux |)ri'micrs temps de la cité el, loin de se rattacher à un Icuips nh la terre aurait été commune, elle est postérieure à la cdri'-iJlurKMi de la pnqu-iétc privée à S|tarte'; '2" ces repas communs ne c(Misliluaient pas une vie commune; car, d'une jiarl, le^ houinie< -euls y participaient, non les femmes, non les eulauls', el, d'antre pai1, les hommes ne pieuaieul ]ia> en^'uiMe lou- leni-s repas de la journée, mais un seul, celui du soir; 5° les dépenses de ce repas n'étaient pas faites par la communauté, par l'Klal. mais chaipie citoyen devait y a|)|)orler sa cotisation, hupiidle ('■tait (ixée par mois à un médiniue de l'ariru-, à huileoni^c- de \iu, à quelques fruits et à une somme d'argent ])onr l'achat de la viande"; il s'en faut donc heaucoup que les hommes fussent nourris en commun jjar l'Élat; ils devaient inaiij;er ensemhie, mais chacun était nourri sur son bien, car chacun était propriétaire; 4° ces repas en couiuiuu représentaient si peu la communaiil(' de-^ liieus, ipie les Sjjartiates pauvres n'y élaient
i. Ilrrodoti-, qui a l)ien connu Sparte, dil que tes repas piiiilics n'y fuient étal)lis que deux siècles api'ès la Ibudatiou de la cité dcuieiiiie, 1, G5. Mc(ne chose dans Xénoplion. Respubtica Lfifcdn-monioinm, 5, et dans IMiilaii|ue, I.tjciirijuc, lU. (|ui dit l'ipiuiellement qu'avant celle épû(|ue les Spailiates nianj;eaieiil chacun chez soi. — En piopiiété piivée an eonliaiie avait été ciiustiluée dès l'eii^'ine de la cite.
2. Platon. Luis, VI, p. 7S1: Aiistote, Poliliquc, 11, 7, édil. Didot. p. hlh ; Alcinan. dans Sli-ahou. X. 4, 18. — [(^f. yutiretles liecherclies. \k 7'J et sniv. : Des repris lominiiiis à Sparle.]
Ti. Acislote, Politique, 11,7, édit. Didot. p. .M."i; l'iularqiic, ti/carjTîie, \'2.
74 QDESTIÔ.NS lUSTORlQUES.
pas admis; cela est affirmé très milemciit ]i;ir Ari^lolc. ijui njonti; que ces repas sdiit ce qu'il v a de UKiiiis déini)Ciali<inc nu monde'.
11 ol 1res faux de s'imaginer tous les Sparliales mangeant à la même table les mêmes mets. Ces repas, soi-disant communs, se faisaient par pelils groupes d'une (piiuzaiiie de membres, dans des maisons séparées. Chacun choisissait à sa guise le groupe dont il voulait faire partie, mais il n'était admis dans ce groupe que par un vole unanime des membres qui le composaient'. Aussi savons-nous queles repas qu'on y iaisait étaient assez luxueux et que le fameux potage noir, afAx: "Cwy-î;. n'en était que le prélude^ Il est donc bien visible que ces repas en commun, dont mius n'avons pas ici à chercher le sens et le liut. n'ont en tout cas aucun rapport ni avec la vie coniniunc ni surtout avec la communauté des terres'.
M. Mollet allègue encore les re[)as que les ciiKpiante prytanes athéniens faisaient auprès du foyer sacré. Il rappelle que lorsque le jeune Athénien était reçu dans la phratrie, la phratrie faisait un sacrifice suivi d'un repas. Il cite encore les repas que les curies romaines faisaient auprès d'un autel à certains jours de fête. Mais il faut avoir l'esprit bien dominé par son idée fixe pour aller s'imaginer que ces trois sortes de repas soient la preuve d'une communauté des terres. Il est fort ingénieux de dire « que ces repas étaient les témoins attardés de l'ancienne vie nomade et de la communauté du soP ». Mais la vérité est qu'ils étaient simplement des actes religieux. On les accomplissait autour d'un autel, suivant eles rites consacrés. La pratique du repas en commun sous l'œil de la divinité appartient à beaucoup de religions.
9" Pour sa neuvième preuve. M. Viollct présente « une tra-
i. Arislote, i»r)/i7((/HC, II. 6. 21, p. 511.