‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 107 sur 238 · IS.S · texte numérisé non relu

IS.S

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1871 fB7l /8?3 /87* 187$

Une dernière correction est encore nécessaire, la valeurde l'argent est exprimée en or : il se pourrait qu'au lieu de l'argenl, ce fût l'or qui ait changé de valeur, qu'il en faille donner plus aujourd'hui pour obtenir une égale quantité d'argent, en d'autres termes et comme on l'a dit, que la baisse de l'aident fût due en dernière analyse & une appréciation de for'.

Il est clair d'ailleurs que l'appréciation de l'or si elle existe

< Noua n'envisageons ici l'app ri dation àe l'or que par rapport i l'argent : pour l'appréciation Je l'or par rapport aui marchandises. — Cf. DoUéani, ci-dessus. — On a parCois détignè la premiâre d'appréciation cauMtive et la seconde d'apprécia' tion coirdlatiTe.

LA BAISSE DE L ARGENT Vlg-A-VlS DE LOR. 8il

o'ost pas directement saisissable, puisque les prix de l'argent ne sauraient éire autrement exprimés qu'en or. Ou en est donc réduit aux conjectures :

D'après les partisans de l'appréciatiou de l'or, celle-ci serait due d'une part à la production du métal jaune insuffisante pour subvenir aux besoins croissants de la circulation, d'autre part à la nouvelle politique des grandes banques internationales qui s'acharnent à augmenter leurs stocks d'or et qui en le retenant ainsi prisonnier ajoutent à sa rareté naturelle, une sorte de rareté artificielle.

Voyons ce qu'il en est de ces deux causes invoquées pour expliquer l'appréciation de l'or :

A. — Esl-il exact que la production de l'or soit insuflisante pour suffire aux besoins monétaires?

Voici d'après le rapport de l'Administration des monnaies et médailles, lescliifTres respectifs de la production et du monnayage de i'or pour la période i830-1903.

Moyenne annuelle.

Franci. Fnnca.

187I-I875 599.000.000 947.8.'i6.0OO

' Pour celte période les chiffres sonl obtenus d'après ceux fournis par Soetbeer en conTcrtiaiant lea marks on francs sur le pied de 1 mark = 1 franc K c.

Sis B. RATNAUD.

Ano^Mi. ProdiKtlini.

Frann. Fimnes.

Od constate ainsi' que presque toujours le chilTre du monnayage de l'or est supérieur au chiffre de la production annuelle'. La courbe suivante traduit ce résultat au\ jeux.

La production n'est supérieure au monnayage que pour la période 1866-1870 et pour les années 1882, 1884, 1885, 1886, 1891, 1896, 1901, 1902, 1903.

Comme vérification pour ainsi dire et comme preuve des résultats obtenus, nous constatons que la courbe des monnayages de l'or dans la période 1851-1903 est presque coDStammeot supérieure à la courbe de production du métal jaune.

Faut-il ea conclure k une appréciation de l'or?

Il y a lieu de remarquer tout d'abord que le phénomène assez étonnant au premier abord du monnayage supérieur k la production s'explique très simplement par le système des refontes et des refrappes : l'or en excès qui a été mounayé provient soit de la l'efonle d'anciennes monnaies directement opérée par les monnaies des divers pays, sott d'or existant antérieurement et tiré par les particuliers qui l'apportent eo lingots, soit de pièces étrangères, soit d'ouvrages d'orfèvrerie.

Quelques indications permettent de s'en rendre compte :

1 Rapport de l' AdminUiralion du monnaie» et médaxtlet, 1903. p. 6i.

> On pourTAÏt faire apparaître le mâme phânomèna en totalisant pour la période 1850-190! le chiffre de la production : ce qui donne 39.063.000.000 francs et en le rapprocbaot du même ciiiffre pour le moanaj'age total qui est de 47.742,000.000 francs : soit un écart de8.679 million» de francs qu'il reste s etpliquer.

! DE l'argent VIS-A-VIS DE l'oR,

Ainsi pour la France Le chiffre des pièces d'or démonétisées par lamonaaieseule pourlapériodel795-l 9028e moQle à 273.690.310

francB* sur une fabricalion totale de 9.719.273.150 francs soit le i/35 environ.

* Rapport de rAdministration des mODnaiss et m^dailtea, 190^, p- 64.

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3^^ B. RATM[.1>.

Poar rAoglelerre de Diéme les pièces d'or reroodues peodaDl la période 1890-1902 montaient à 43^ millioas slerliog, ce qai est un chiffre considérable.

B. — En second lieu outre cette rareté nalarelle, la politique des grandes banques a-t-elle créé une rareté artî6cielle?

On sait que la plupart des grandes banques ont eu une tendance très marquée durant ces dernières années à augmenter leur réserve d'or, qui se trouve ainsi très supérieure à leur stock argent. Voici, d'après le rapport de l'Administration des monnaies et médailles, les chiffres pour la Banque de Fraucc et ta Banque impériale d'Allemagne.

Buqw <^ FnuM.

CJr.

Arrat.

EncoiMe aa 31 décembre 1899

B«K)D« Inptrtale d'ATlRnigiia.

EncaiBM SQ 31 décembre 1899

Ainsi la réserve or des banques est sensiblement le double de leur réserve argent.

Il est certain que cette manière d'agir a pu créer une certaine appréciation de l'or, en raréfiant ainsi l'or en circulation. Cependant il ne faudrait pas exagérer rinllueace de cette cause : elle est cfTet au moins autant que cause et la politique des grandes banques n'eût pas pu réussir, si elle avait correspondu & un sen* timunl général préexistant sur le rôle des deux métau:i.

En somme cl pour conclure, nous ne saurions trouver ni dans l'augmentation du monmijage. ni dans la composition dé l'encaisse métallique des banques une preuve certaine de l'appréciation de l'or.

Celle ci reste en somme, si elle existe comme nous le croyons, parfailemeiit impossible .^ mesurer.

LA BAISSE DE LARGENT VIS-A-VIS DE l'oR. 345

11 reste donc établi que les conclusions dégagées de notre étude des causes, subsistent entières : la baisse de l'argent est due à la fois à UD phénomène économique de surproduction et à un phénomène exclusivement monétaire qui se prolonge pendant une série d'années, la politique nionom étal liste or de la plupart des pays civilisés.

Nous voudrions maintenant illustrer les conclusions qui se dégagent de l'étude précédente par quelques chiffres sur la réforme monétaire allemande' ; on verra par le détail comment la réforme a pu être opérée sans surexciter outre mesure la production de l'or et comment au contraire la dépréciation de l'argent a bien été une conséquence de l'opération.

Voici d'après i. Matou les diverses élapes de la réforme monétaire allemande pour passer à l'étalon d'or'.

Fabrication de nouvelles monnaies.

Toi al rabrlqu«

Augmentation.

Dn n àéc. 1871 8Q 20 avr. 1872. 100.102,700

An 15 mara 1873. 531.208.270 + 431.105.270

Au SI décembre 1873 1.015.837.020 -|- 484.628.760

Or, pour réaliser ainsi celle transformation de son ancienne monnaie en monnaie d'or, voici les provenances auxquelles l'empire allemand a dû faire appel.

■ Nous nous bornons k ce paj's — la politique nonétuire des autres grands payi faisant l'objet d'une étude spfciale dan» ce volume des questions monâlai-

* J. Malou, Xotice historique de ta réforme monétaire allemande, A'ipréi le» documents el les mémoiies au Heichslag, p. 9. Bibliothèque du ministère des FioaDces.

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