‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 121 sur 238 · C-S. - Resé L*f*rûii. 2t · texte numérisé non relu

C-S. - Resé L*f*rûii. 2t

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Ît70 RENÉ LAFARGS.

l'ar el celle de l'argent, avec libre monnayage des deux métaui ; M. Atkinson montra l'évolutioD des Étals-Unis à éliminer le papier-monnaie et à avoir une circulation uniquement métallique. Il (il vaioird'aufre pari la grande dépréciation dont le mêla! argent avait été l'objet, surtout en Europe. Il ajoutai! que le consentement des Etals-Unis sérail beaucoup plus difficile à obtenir plus lard. Car « ils ne sacrifieraient probablement pas laposilïon très avantageuse qu'ilsont prise sur cette base même, alors qu'il ont établi leur système monétaire, d'une façon absolue, sur uniï réserve de métal couvrant le papier, presque dollar pour dollar et consistant surtout en monnaie d'or». Le rapport de M. Alkioson parut en 1888 ; mais sa mission ne put aboutir à aucun résultat. Il fut impossible de réunir une conférence internationale.

Malgré cet échec, l'agitation argentiste reprit. On disait quela production de l'or diminuerait et on entreprenait une campagne pour étendre le Biand bill. Le Ppésidcnl Harrisson n'y était pas absolument opposé. Il disait, dans son message de décembre 1889 : " Les prédictions fAcbeuscs qui avaient accompagné la frappe el l'emploi de l'argent ne se sont pas réaliséef^- En tant que monnaie, il n'est pas entré dans la circulation el le trésor public adij l'emmagasiner. Maiscela tient manifestemeDt 'icc que le papier qui lui a été substitué a paru d'un usage plui« commode. Les cerliftcats d'argent ont été généralement accepté» et employés. Cela montre que l'argent n'est pas autrement discrédité ».

Cependant l'argent baissait toujours. En 1878, il valait îîi,31 pence; en 1889, il élail tombé h 42,42 pence. Le 1" novembre 1889. il y avait dans la circulation 60.098.480 dollars, moins d'un par babilant. La somme emmagasinée atteignait 283.o39.îi21 dollars, sur laquelle 277.319. 94i étaient représentés^ par des certificats d'argenltirculant dans le public. ■En 1890, le secrétaire du Trésor, .M. Wiodom, déposait même le projet suivant : '< Ouvrir les Monnaies des Étals-Unis aux libres di'pôts d'argent ; lavaleurau cours du jour du dépôt en sera payée aux déposants en billets du Trésor. Ces billetsdu Trésor seront remboursables, soil en argent, au cours du jour du rembourscmenl, soit en or. au choix du Gouvernement' ».

< Ce projet fut repris et dncuté Ur^ de la roif.rencB de Bruïellps ainsi que nriiii surnns l'occasion il« le dire plus t^rd.

LA POLITIQUE MONÉTAIRE DES ÉTATS-UNiS. 371

La lutte fut assez \ive autour de ce projet, et, comme en 1S78, on arriva à une transaction qui devint la loi du 14 juillet

1890, ou Shermao act, qui entra en vigueur le 13 aoiit 1K90. Daprès cette loi, le secrétaire du Trésor devait acheter chaque

mois i. 500.000 onces d'argent au prix du marché, tant que le prix serait inférieur à 129,29 cents l'once. Il devait émettre dos tiillels du Trésor contre les achats, ces billpls devant avoir un pouvoir libératoire illimité et pouvant faire partie des réserves ou encaisses des banques. Jusqu'au l" juillet 4891, deux millions d'onces par mois de cet argent seront convertis en dollars. Pour exécuter la loi, le Trésor publia l'avis suivant ; " A partir du 13 août, le Trésor recevra des offres d'argent en lingots, par quantité minima de 10.000 onces, à livrer franco de tous frais aux hôtels des monnaies désignés. Le Trésor se réserve le droit d'accepter ou de refuser les oITres faites à son choix. Les achats, faits par le Trésor, seront payés en billets de cette administration. Les lingots ne doivent pas dépasser un poids maximum de 1.200 onces par lingot. Le Trésor n'acceptera pas d'espèces monnayées, sauf toutefois les monnaies anciennes des Etals- Unis, détériorées ou hors cours ».

De cette législation, le prix de l'argent reçut à peine une chiquenaude, selon l'expression de M. Shaw. Le ("juillet, l'once valait 1 dollar 046; le 14 : 1 dollar 08; le 13 août 1 dollar 13; le 3 septembre 1 dollar 21. Puis la baisse recommença et naturellement lesargentisles reprirent leur campagne. En janvier

1891, le Sénat adopta même un bill édictant la frappe illimitée de l'argent.

Sur ce vote, grand émoi dans les communautés commerçantes de New- York, Boston, Chicago et Philadelphie, etc.. On organisa des meetings et on envoya des protestations et des délégations à la Chambre des représentants. On nomma même un comité d'enquête qui reçut des dénonciations contre des silvermen qu'on accusait d'avoir spéculé.

Mais voici que, dans certains Ëlats, comme le Kunsas, et le Nebraska, la nouvelle législatioa amène des résultats assez imprévus. L'argent y est considéré comme encombrant et peu pratique : le public n'en admet pas lusagc. Aussi, dans tous les con- . trats h longue échéance, comme l'hypothèque, il est stipulé que le remboursement se fera en or, c'est-îl-dire, en monnaie d'or

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Cepeii'IanI, le 8 avril, un député démocrate Springer soumit à la Cliambre une proposition de conférence inleroalionale i Chicago. Le président llarrisson proposait de même ans Étais européens une conférence internationale. Maïs ces propositions n'avaient qu'un but : avoir une influence sur l'élection présidi-iiti.lle.

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