‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 125 sur 238 · piastres, or · texte numérisé non relu

piastres, or

2'> La dette argent :

Rente perpétueUe 50/0 60.000.000 piastres, argent.

Rente aniortiseable.. 50/0 110.712.000 —

Total de la dette argent, . 160,712 000 —

3° Dette flottante et soldée non payés : En monnaie mexicaine 1.269.833 piastres.

,yGoog[c

t^ QUESTION MONÉTAIRE Atl MiîXIQlIE. 391

L'étalon d'argent occasioanaît surtout une grosse perte pour la dette payable en or, d'autant plus que le cours de la piastre baissait toujours. Il était :

En 1890 de 4,33

D'autre pari, la situatîoo économique est toujours prospère: l'iodustric sticrière en particulier prend, parait-il, une grande extension.

En l'année 1900, le Mexique subissait pourtant une petite crise financière qui menaçait de devenir sérieuse. Les piastres mexicaines étaient exportées en grande quantité, presque toutes i destination de l'Extrême-Orient. Oo a évalué à 15 millions, le nombre de piastres argent, exportées du Mexique, pendant le deuxième semestre de l'année lifOO. La rareté du numéraire, qui en est résultée dans la circulation intérieure, a causé une grande alarme et jeté la perturbation dans les affaires. Le Gouvernement a dû intervenir et, par un décret du 22 novembre 1900, il a autorisé l'acceptation dans les hôtels des monnaies de lingots et barres d'argent contenant 850/1 .000 de fin, au lieu de 900/1 .000, comme on l'avait exigé jusque-là. Ce décret modifiait aussi les droits à percevoir pour la fabrication des monnaies (droits de séparation, fixés par la faction IV, art. 1'% de la loi du 27 mars 1897}.

Mais bientôt les conditions politiques se modifièrent en Cbine, où la demande de piastres devînt beaucoup moins forte. Durant le premier semestre 1901, le Mexique exporta seulement 800.000 piastres. L'équilibre se trouva rétabli. Car, du 1" juillet 1900 au r'juillet 1901,1e Gouvernement frappa une somme d'ai^eot bien supérieure à 15.800.000 piastres.

Les mesures, prises par le Gouvernement mexicain, devaient prendre fin le 31 décembre 1901; après cette date, comme le

,yGoog[c

392 REKÈ LAFAROB.

disail le ministre des Finances, dans une circulaire du 27 décembre 1901 au directeur général des Miels des monnaies, on ne devra admettre dans les monnaies, que les barres et lingots d'argent contenant 900/1 .000 de fin, comme antérieurement au 22 septembre 1900.

Le Président, dans son message du i" avril 1901 , après avoir constaté la bonne situation financière du Mexique ajoutait : « Ce résultat a, dans les circonstances actuelles, une signification spéciale et flatteuse : il démontre en eETet que, quoique le pays ait ressenti, depuis les derniers mois de 1900, la rareté du numéraire et une paralysation partielle des afTaires, le développement de la richesse publique l'a emporté sur ces circonstances défavorables. Le Gouvernement, persuadé que celte situation s'améliorerait, sans qu'il Tût nécessaire d'avoir recours à des mesures d'un caractère exceptionnel, ne fit pas usage des facultés que lui avait accordées le congrès pour changer les impôts sur l'or et l'argent et se borna à prendre des mesures pour faciliter l'introduction de l'argenl dans tes hôtels des monnaies ». On favorisa en particulier le raffinage de l'argent dans le pays : cet argent raffiné contribuait à satisfaire les nécessités de la circulation intérieure.

En l'année 1902, la baisse de l'argent continua. Il y eut même une baisse subite au mois d'avril, provenant probablement de la quantité d'argent qu'a dû vendre la Chine ^r le marché de Londres pour se procurer l'or nécessaire au paiement du premier acompte de l'indeninit.é, exigée des Puissances en or.

Le Gouvernement mexicain voulut atténuer cette baisse en essayant de favoriser le retour au Mexique d'une partie du stock de l'étranger; i) voulait aussi provoquer dans le pays un afflux de numéraire, afin d'obtenir un abaissement du taux de l'escompte. Il fit donc voter une loi, en verlu de laquelle l'État était autorisé » à exempter, en partie ou totalement, des impôts établis par la loi du 27 mars 1697, l'argent, qui. ayant été exporté de la République, après paiement des impôts correspondants, sérail réimporté pour être frappé dans le délai et selon les formalités que fixerai! l'exécutif ».

Toutes les mesures, prises jusqu'alors, avaient eu pour but d'améliorer la situation financière du Mexique ou d'augmenter sa circulation monétaire. Ce n'est qu'en 1903 qu'on cherche à

,yGoog[c

établir véritablement l'étalon d'or. Les capitaux de pays monométatlistes or, sont \finus de plus ea plus au Mexique. Le codsul des Étals-Unis à Mexico évalue, en 1903, à 500 millions de dollars or, soit 2 milliards 600 millions de piastres, les placements faits au Mexique par les citoyens nord-américains sous la forme d'en^eprises de chemins de fer, de mines, de hauts-fourneaux, de plantations de café, etc.. Les Européens, Allemands, Anglais et même Français y ont placé plusieurs centaines de millions ]de francs. Presque tous ces placements sont faits en or et la charge qui incombe au Mexique de ce chef en est beaucoup plus lourde. Aussi le Gouvernement croit-il qu'il ne pourra se sauver qu'en imitant l'Inde, en restreignant la frappe de l'argent et en stabilisant le cours de la piastre.

On a bien proposé de faire payer tes droits de douane en or. Mais cela aurait plusieurs inconvénients : les droits de douane, déjà trop forts, ea seraient doublés. Cela surtout, créerait au Mexiqoe deux monnaies coexistantes, l'or et l'argent, alors qu'aujourd'hui, il n'y existe pas en fait une quantité d'or appréciable et l'or déprécierait l'argent.

Le Mexique essaya d'aboutir à la stabilisation de la piastre par une entente avec les États-Unis, en vue de l'élaboration des mesures tendant k maintenir une parité fixe entre les monnaies des pays possédant l'étalon d'or et l'étalon d'argent. Sur la demande de l'ambassadeur du Mexique et du chargé d'affaires de Chine, M. Roosevelt demanda au congrès, au début de 190.3, les pouvoirs nécessaires.

Le Mexique constitua à cet effet le 4 février t903, pour l'élude de la question, une commission mexicaine intérieure, et, après l'intervention du président des États-Unis, une commission monétaire internationale, où les États-Unis étaient représentés par un nombre de membres, égal à celui des membres mexicains.

La commission intérieure avait, comme mission :

1° Établir la statistique de la balance des paiements extérieurs du Mexique;

2* Étudier la production des métaux précieux au Mexique et examiner les effets que pourrait produire sur cette industrie un changement de système monétaire;

3° Rechercher le montant exact du numéraire existant au Mexique sous toutes ses formes;

,yGoog[c

39i KENft LAFARGE.

4* Étudier les divers moyens, mis ea praliqae par d'autres peuples, pour imniobiliser le taux de leurs changes internatioDaux.

La commission monétaire internationale avait pour mission de se mettre en rapport avec les principaux Etals européens et d'établir comme un accord d'ensemble pour racilîtersimultanément la modiiîcatioQ du régime monétaire au Mexique et également en Chine, où presque tous les États européens ont des intérêts connexes.

Une délégation de la commission se miten route et parcourut l'Europe, conférant successivement à Londres, Paris, La Haye, Berlin et Saint- Pélersbourg avec des commissions de hauts fonctionnaires et d'économistes, spécialement constituées par les divers gouveroemeots.

Les résultats de cette consultation furenl connus en octobre 1903. Il sembla d'abord qu'il s'agissait d'une nouvelle tentative auprès des États européens pour obtenir d'eux qu'ils soutinssent le cours de l'argent par des achats réguliers de métal blanc. Cette partie des négociations rencontra l'accueil le plus réservé. Il n'en fut pas de même pour les autres points.

On fut unanime à penser qu'il était désirable de créer une monnaie d'argent spéciale à la Chine et d'assigner à cette monnaie une valeur fixe en or. On estima aussi : l'que l'adoption de l'étalon d'or, sur la base d'une monnaie d'argent d'un cours légal illimité, mais ayant une valeur fixe en or, faciliterait considérablement le développement économique des pays à monnaie d'argent, ainsi que les relations commerciales entre ceux-ci et les Étals à étalon d*or; S° qu'il serait désirable qu'il fût établi un rapport fixe et uniforme entre l'or et l'argent dans tous les pays qui adopteraient dans l'avenir l'étalon d'or; 3" qu'il y aurait lieu, si de grands changements ne se produisent dans la valeur de l'argent, que le rapport entre les deux mélaux fût arrêté dans la proportion de 32 à 1 ; 4* que les fluctuations dans la valeur de l'argent en barres seraient évitées, dans une certaine mesure, par la régularité dans tes achats de ce métal pour les besoins de chaque Gouvernement. On pense arriver! fixer la valeur en or de la barre d'argent par la suspension de la frappe libre de l'argent et par la fixation d'un rapport entre l'or cl l'argent. De plus, dans ces pays (Mexique, Chine), il n'y aura pas d'or en circulation : les paiements se feront en argent, qui

,yGoog[c

LA Qt;BSTION MONËTAIRE AU MEXIQUE. 395

aura pouvoir libératoire absolu. Le taux se maintiendra ; car on limitera la quantité de monnaie pouvant élre frappée pour la circulation intérieure du pays : si ces mesures ne sufflsaient pas pour maintenir la Gxité dit change international, il faudrait constituer un fonds de réserve en or.

Tout le système repose ainsi sur la valeur fixe en or de la monnaie d'argent. Les fluctuations de prix de la barre d'argenl oe peuvent pas exercer une action sur le système. L'histoire de tous les pays qui ont adopté l'étalon d'or et qui continuent à faire usage de la monnaie d'argent, comme l'Inde, vient â l'appui de celte opinion.

Tous les économistes, consultés en Europe parla commission mexicaine, se sont prononcés pour la suspension de la frappe libre de l'argent; ils estiment que celte mesure est essentielle au succès de tout plan ayant pour objet de stabiliser la valeur de l'argent. Le rapport de la commission ajoute : n Si le Gouvernement mexicain adopte pour base de son système monétaire lesconclusions adoptées par les cinq conférences, uous obtiendrons ce résultat d'avoir pour notre circulation intérieure, une monnaie, dotée d'une valeur en or, ainsi que ta fixité du change pour nos transactions avec l'étranger. C'est une opinion générale en Europe, en Amérique, que la réforme monétaire sera le signal d'un afflux de capitaux au Mexique. Cette réforme sera le couronnement de l'œuvre du général PorGrio Diaz ».

Dans son message du 6 novembre, le Président constatait le succès des démarches de ta commission : « Les travaux entrepris par le ministère des Finances, tant au Mexique qu'à l'étranger, travaux motivés par les variations continuelles de la valeur en or de notre monnaie, tendent À obtenir la stabilité, s'il est possible, dans les changes internationaux, et à mettre notre monnaie dans les conditions nécessaires aux besoins du paye et au développement de la richesse publique. Le Pouvoir exécutif, en suivant ce. programme, n'a pas négligé les intérêts des mines mexicaines qui seront garantis par tous les moyens compatibles avec le but final des études et travaux entrepris. 11 s'est efforcé de rectifier le parti pris qui se formait de plus en plus contre l'argent et d'étendre dans la mesuredu possible, la sphère d'application de ce métal.

« Ko prenant l'initiative près des autres nations, le Pouvoir

396 RENÉ LAFARGB.

e:iécutir n'a pas prétendu conclure des traités ou desconveutioDs ni déterminer la réunion de conférences internationales comme celles qui, en d'autres circonstaoces, ont traité des sujets analogues. Cette Fois, les démarches du Gouvernement, appuyées par celui des États-Unis, ont tendu à provoquer un échange d'opinions au sujet du remède à la situation monétaire de certaines nations ou colonies; à permettre aus pays, où l'étalon d'argent est en vigueur, de continuer à employer l'argent comme monnaie en lui donnant, quand c'est possible, une valeur fixe dans sa relation avec l'or, en appuyant sur des bases fondamentales uni- Tormes, les réformes qui seraient admises, afin que la solution cherchée ait plus de force et de prestige; enfin, à éviter, autant qu'il dépendra des gouvernements, la continuation deseffets pernicieux produits sur le marché de l'argent par les causes qu'il s'agit de modifier.

" J'ai la satisfaction de vous annoncer que les démarches de la mission mexicaine à l'étranger ont obtenu un résultat favorable et que le Pouvoir eiécutif a reçu de toutes parts des témoignages sympathiques pour notre pays et de bonne volonté pour l'œuvre de la mission me:iicaine et de celle des Étals-Unis ».

Après son voyage en Europe, la commission internationale s'est concertée avec la commission mexicaine intérieure à l'effet d'établir la substitution graduelle de l'étalon d'or à l'étalon d'argent, le régime monétaire du Mexique devant s'établir sur celte base : 1 piastre or = 2 piastres argent.

Le projet de régularisation de la piastre prenait corps, lorsque le Gouvernement décida la création d'une fiourse à Mexico. Jusque-là, il n'en existait pas, même à l'état embryonnaire. La piastre a atteint alors 2,35 — 2,40, en attendant sa stabilisation à 2,50, alors qu'en 1903, elle était descendue à 1 ,95 et n'avaif atteint 2,25 qu'exceptionnellement.

L'année 1903 avait été du reste assez mauvaise d'une façon générale. La balance du commerce avait été très défavorable au Mexique; cela tenait en partie à de grandes importations du matériel et de machines que l'industrie mexicaine, en plein développement, avait dû faire venir de l'étranger. De plus, la valeur de la piastre était moindre. Aussi M. Limantour constatait-il ces inconvénients dans son rapport annuel sur les finances.

« Dans celle dernière année, dit-il, le pays a payé 40 millions

□igitizedbyGoOglc

Page 1