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LA RÉFORME MONÉTAIRE ALLEMANDE

reprit 26 millions de thalers contre 13 millioDs de florins. Ces florins valaient 22.490. OObmarks. Or, les 26 millions de thalers valaient, au cours de l'argent d'alors, 39 pence 3/4 par once, 17.700.000 marks. L'Allemagne évitait ainsi une perte de 4.750.000 marks. Pour les deus autres tiers des thalers, elle supportait la perte entière.

Pendant que s'accomplissaient ces événements, prenait naissance en Allemagne un mouvement considérable Tavorable au bimétallisme. L'Allemagne avait refusé de prendre part à la conTérence de 1878 ; sa réforme monétaire était alors en pleine voie d'exécution. Mais elle prit part à celle de 1881. C'est que, dans l'intervalle, les idées avaient beaucoup changé. M. de Bismarck ne savait que penser de la question monétaire. Tout le monde sait qu'il avouait n'y pas comprendre grand'chose.

Quoique la question ne soit pas politique, les bimétallistes étaient surtout les membres du parti conservateur, le parti agraire. Les libéraux étaient au contraire favorables à la réforme de 1873. Les bimétallistes faisaient valoir surtout les grands frais que la conversion à l'étalon d'or avait occasionnés jusque-là et disaient que les ventes allemandes d'argent étaient la cause de la suspension de la frappe dans l'Uniou latine. En France, c'était Wolowski et Cernuschi qui étaient les champions du bimétallisme. Eu Allemagne, le théoricien en fut surtout Arendt, dans son livre sur le a Bimétallisme conventionnel » paru en 1880. Depuis lors, la question, en Allemagne, fut surtout considérée comme internationale. On voulait arriver au bimétallisme par une eatenle universelle. Wagner, Schiiflle, Lexis, Neuwarth furent, avec Arendt, les premiers apôtres du bimétallisme. Ils avaient des adversaires redoutables dans Sœtbeer, Nasse et Ros- «her.

A la conférence de 1881, l'Allemagne déclara, comme l'Angleterre, qu'elle ne pouvait pas coosealir i changer son étalon monétaire, mais que, dans le cas d'une entente entre les principales nations, elle consentirait à prendre certaines mesures pour augmenter l'emploi monétaire de l'argent.

La conférence n'aboutit pas, mais elle fut suivie d'une forte agitation bimétalliste. 11 se fonda une Société pour le développement des doctrines bimétallistes. Cette société organisa de nombreuses conférences, &t paraître beaucoup de brochures et,

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atM k-« bimêbl(î«t«« an^laî*. or^noi^ db toanrt bÎMtallifae libre qui m réuDÎt à Cologne m octobre IS^tS et nta à l'oBaHÏiDÎle diter^rt ré«oltitHNi» biiiieUlli<!|Des. Ce «Mpr» a été paie- (H'-ol )>Ulooique: les «rai qoll a éaii< ■'mt ea aoe«*e isfloeocc Mjr la pofitî<]iie de» deux naltM»*.

Eo Alleoiarne. l'aeiUtJoa bim<^tallisle coalioaa nais sans graoiJs faits aolables. Ea 1^%i. IIO r'>eikes agrkoli-s eavoicat uDP pélitioD, dégooraol IVUloo d'or comœ casse de la baisse de« (irii. CVm Utujoars rrl^ment agricole, le parti apraire. qui mène la caoïpagor. MM. de KardolTel Scboriemer-Alst inlerpellent le tir*u Terne tnvat. Od prèsenle même as Reicbstag des propfHÎlioof relaliïesau double élaloa : elles sont rejelêes.

La ligue bimélalliqiie coDlÏDue ?oa action. Elle eoIrelieQt l'a^iialirin el reçoit de: adhé«ioos od peu dans toutes le« parties de rAilcmasne. Klle se coin[>o«e surtout de membres du parlemeol, d'indij<lnel>. d'agriculteurs, d'hommes de science, etc... Hais Bi.<iiiiarck rerii>« de |>reodre l'iniliatire du règlement de la question monétaire: toutefois, il laisse entendre quil prêterait son concourra la Grande- Brtrtagne, si celle-ci prenait l'initiative.

L'Allemagne se rend au congrès monétaire de 1S89- Nous savons déjà qu'il n'y fut pris aucune résolution. Elle prend part au't-i à la conférence de Bruxelles de 1893. Mais ses représenlanh avaient des instruvlions. leur enjoignant de ne pas Toter sur des propositions ayant un caractère définilif ou comportant des rénolulions. Sa parlici|>alion à la conférence avait donc pour but beaucoup plus de satisfaire les bimélallistes que d'aboblir vraiment à une solution positive.

En 1894 et 1K95, l'agitation bimétalliste devient de plus en plus forte, comme dans les autres pays et surtout en France et en Angleterre. Le syndical allemand qui s'était fondé en 1882 et qui avait organisé le congrès de Cologne se transforme en une ligne puissante, l'Union bimétallique allemande. Elle nomme comme président M. de KardolT. Elle publie une revue mensuelle, Bimetalliseken Monatitcfirifl. Elle s'appuye surtout sur des agriculteurs ; car, comme auparavant, le mouvement est surtout agraire, c'est ciinsi que le conseil d'agriculture de Berlin vote, le 7 mars 1895, la motion suivante :

" Le gouvernement du l'Empire est invité à user de toute son influence pour faire décider par la conférence internationale

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