LA REFORME MONÉTAIRE ALLEMANDE
monctaire, qui doit se réunir prochainement, le rétablissement du double étalon ». La conférence monétaire en question est celle que réclamaient les Étals-Unis, pour laquelle le congrès américain avait déjà nommé des délégués, mais qui ne se réunit jamais.
Déjà la question était entrée sur le terrain parlementaire. On avait nommé une commission pour étudier la question de l'argent. C'est ainsi que le 15 février 1893, le comte de MirbacK demande au Reicbstag que le Gouvernement réunisse une confêreoce internationale. Le chancelier de l'Empire, prince de Hohenlohe, répond : « Comme suite aux mesures qui ont abouti à la nominalion d'une commission d'enqtièle sur l'argent, je suis disposé à examiner, avec les Gouvernements confédérés, s'il n'y aurait .pas lieu d'échanger des vues amicales avee les États intéressés au relèvement de l'argent pour prendre telles dispositions permettant d'arriver à une solution ». Le lendemain, le Reichstag, par une majorité des deux tiers composée de la droite et du centre en entier et de la moitié des nationaux, libéraux, vote une motion « tendant à prier les gouvernementtj confédérés d'adresser le plus promptement possible des invitations à une conférence monétaire en vue du règlement inter- Datiooal de la question ». .
~ Si le mouvement bimétalliste s'étendait à l'Allemagne tout entière, il était surtout considérable en Prusse. Le 16 mai la Chambre des seigneurs de Prusse émettait un vœu, en faveur du règlement international de la question monétaire dans le sens du bimétallisme. Le 20, le Landtag votait une motion analogue.
L'année suivante, pour répondre à la manifestation d'opinion de tous les autres parlements européens, le Reichstag et. la Chambre des députés votèrent la motion suivante :
<< Plaise au Reichstag età la Chambredesdéputés de déclarer :
i( Que la divergence du rapport de valeur des deux métaux précieux, depuis l'abrogation du double étalon français, s'est manifestée comme étant nuisible aux intérêts allemands;
« Que le Reichstag invite le Gouvernement royal et les gou- ' vernemenls confédérés à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour établir et assurer, au moyen d'une entente internationale, un rapport de valeur fixe entre l'argent et l'or ».
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410 RENE LAPARCB.
Le 13 juia, daas uae discussion au Landiag prussiea, le mîaisire des Finances, M. Miquel, déclara formellement que si un pays compéleat, l'Angleterre surtout, prenait l'initiative d'un règlement interaalioQal de la question de l'étalon monétaire, la Prusse répondrait à son appel et participerait à la discussion internationale. On connaît déjà l'échec des tentalivesbimétal listes; l'entealc internationale ne put être réalisée. L'Allemagne restait toujours avec ses thalers sous le régime de l'étalon boiteux. Il y avait encore dans la circulalion ou dans les caves des banques un stock de tbalers, évalué à 359.000.000 de marks. La réforme fut réalisée par la loi du 13 juin 1900-
D'après l'art. 4 de la loi monétaire de 1873, les monnaies divisionnaires d'argent (pièces de 5, 2 et 1 marks, pièces de SO el de 20 pfennigs argent) ne devaient pas dépasser 10 marks par habitant. Les thalers n'étaient pas compris dans les monnaies divisionnaires : ils avaient force libératoire absolue, tandis que les monnaies divisionnaires ne devaient êlre acceptées obligatoirement que jusqu'à concurrence de 20 marks. Dans la réalité, les thalers faisaient fonctions de monnaie divisionnaire. Une grande partie formait l'encaisse de la Reichsbank (178 millions de marks en août 1899) et des autres banques privées (12 millions 1/2). La loi du 13 juin 1900 transforma les thalers en monnaie divisionnaire : une fois la réforme réalisée, l'étalon d'or serait parfait en Allemagne.
La réforme de 1900 peut se résumer en quelques points.
Les pièces de 5 marks en or devaient être retirées de la circulation. Le public ne les avait jamais admises. En 1879, Bismarck en avait fait frapper 27.909. 92.ï marks. Dçs 1881, la Reichsbank avait l'ordre de ne plus remettre en circulation celles qui lui venaient. Le slock en augmenta continuellement dans les caves de la Banque. Il était ;
au 31 décembre 1880, de 3.H0.000 marks
Dès 1898, le Conseil fédéral avait ordonné ta refonte de 22 millions de marks en pièces de dix marks (couronnes). Les
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