‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 154 sur 238 · C.-S. — E. FocHiEB · texte numérisé non relu

C.-S. — E. FocHiEB

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change approiimalirpour commencer ses opération?, et l^ndra i l'améliorer peu à peu, par le jeu de ses achats el de ses Teoles. L'aBpect de la balance écoDomique de l'Espagne est d'aillears farorable au résultai d'une pareille opération.

Il faut en outre faire baisser le change en retirant régulièrement, pendant un délai prescrit par la loi, t'excès de papier qui encombre la circulation d'une monnaie imparfaite: ce retrait exigera évidemment cerlaios sacrifices financier». Pendant celle opération la Banque devra défendre séTèremenI ses capitanx par le procédé très simple de rélévalion du taux de l'escompte. Le retrait des billets doit avoir pour compensation l'augmeotaiion de la provision d'or dont l'encaisse de la Banque est le oovau ; des placements de dette à l'étranger pourront y aider. Il faut aussi que le Trésor renonce complètement à la facollé d'emprunter à la Banque; les excédents budgétaires ont permis d'abandonnerces procédés financiers et il faut s'interdire d'y revenir.

La situation de l'argent reste 1res délicate; le démonétiser serait imposer de lourds sacrifices à l'État; pour 600 millions d'argent (en réalité le stock est plus considérable encore) ce serait une perte d'environ 362 millions, que l'on peut éviter. L'argent a d'ailleurs encore^ grâce au papier, une valeur au change supérieure rt>>on prix marchand, et la situation expectante dv l'Union latine indique la possibilité d'ajourner la solution.

tjomme conclusion de son mémoire, M. Villaverde présentait un projet de loi^omplexe, mais clair et précis, en IG articles, doni voici ta substance :

Des mesures seront prises en vue de préparer l'adoption de l'or comme étalon monétaire de l'avenir; une loi délerminera ta diili! à partir de laquelle la peseta d'or sera l'unité de compte ax^c pouvoir libératoire illimité.

On créera, pour arriver à réduire progressivement la prime de l'or, un bureau de change h la Banque d'Espagne, surveillé par le ministre des Finances; il aura pour mission de vendre el d'acheter des efTets payables en or. La Banque prêtera ses succursales pour ces opérations, mais ne pourra opérer pour son compte; le bureau de chanjre est un intermédiaire obligé.

pDur assurer au bureau des disponibilités en or, pour ses opérations, les droits de douant; seront payés en or; le Gouveme-

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ment pourra également se procurer de l'or ea négociant 100 millions de billets du Trésor, délie flottaute qui devra être éteiote chaque année ; il pourra en outre se procurer di millions par un emprunt gagé sur le produit des mines d'Almaden et amortissable en 20 ans. Ces sommes en or,- déposées à la Banque, y constitueront le compte courant du bureau de change.

Pour arriver à l'annulation des pagarès provenant des colonies, un emprunt amortissable de 700 millions eETectifs sera émis, en échelonnant les émissions sur une période de quatre ans. La Banque d'Espagne recevra les versemenis et ne pourra les appliquer qu'aux pagarès coloniaux. Elle ne pourra, pendant cette opération, réduire sans autorisation du minisire le taux de son escompte ou l'intérêt de ses prêts sur litres; elle devra réduire sa circulation liduciaire à mesure que disparaîtront de son portefeuille les pagarès; elle ne pourra plus, enfin, escompter les titres de la dette flottante.

Une commission spéciale sera chargée d'élaborer les règlements nécessaires et de surveiller le fonctionnement du système.

Enfin, le Gouvernement préparera des accords commerciaux susceptibles d'étendre dans la plus large mesure les exportations de l'Espagne.

Le projet de M. Villaverde a le rare mérite de ne laisser de cAtô aucune des difficullés du problème; il s'attaque à la fois à ioujes les causes de la' dépréciation monétaire, et apporte des solutions pratiques et ingénieuses. La constitution du bureau de change serait de nature à exercer une influence sérieuse sur la prime de l'or; l'exemple malheureux du Syndicat des francs n'est pasun argument décisif en la matière. Car le bureau conçu par M. Villaverde aurait un rôle fout différent; il ne serait pas obligé d'acquérir du change coule que coule, pour certaines échéances déterminées; c'est ce qui fît, malgré tout, la faiblesse du Syndicat. En outre, il pourrait agir sur le change par ses veules, par les prix auxquels il mettrait l'or à la disposition du public; tout acheteur qui ne serait pas satisfait des prix demandés par les changeurs pourrait s'adresser au bureau de change, et les cours se modérei'aient ain.ii. Entin, par les grandes disponibilités qu'il aurait à la Banque, il pourrait peu à peu, devenir le grand marchand de change, accaparer la presque tolalilé du papier de

E. FOCHIER.

change et faire ainsi la loi du marché. Ce jour-là, la spéculation cainbiglc aurait cessé d'exister.

Les mesures par lesquelles on vise la circulation Gduciaire ne sont pas moins bien combinées; remboursera la Banque la dette de l'État est une nresure insuffisante, si on ne la contraint à réduire d'autant sa monnaie de papier, et si on ne l'empêche pendant le remboursement de contrecarrer les efforts du Gouvernement par l'émission de nouveaux billels, en provoquant les emprunts du public par la faiblesse de son escompte. ' Ce qui fait la valeur pratique du projet Villaverde est aussi ce qui a provoqué les plus violentes oppositions contre son adoption. M. Villaverde acceptait la présidence du Conseil au moment où il venait de publier son projet; le ministre des Finances qu'il s'était adjoint, M. Gonzalcs Besada, annonçait les plus fermes intentions de maintenir par un contrôle rigoureux des dépenses l'équilibre budgétaire. On apprécia bientôt, dans le public et le monde des affaires, la portée des projets de M. Villaverde; en prévision du rôle important de la Banque d'Espagne dans l'amélioration du change, on avait mis à sa tête M. Sanchez Gucrra, quç l'on considérait comme dévoué à la politique monétaire du Président du Conseil; on pouvait espérer que le problème du change allait s'acheminer vers une solution précise; le change baissa progressivement, d'une moyenne de 37, à 32,60 en octobre.

Le 21 octobre, les Chambres reprenaient leurs travaux; M. Villaverde affirmait à nouveau, dans son discours, la volonté de restaurer les finances et le change comme hase de sa politique. Une Commission des Cortès mettait le projet à l'étude, qtiand des querelles de partis, jointes aux efforts des intérêts qui s'appuyaient sur le change, tirent sombrer, au début de décembre, le cabinet Villaverde; le change remontait aussitôt à ^5,93.

Le cabinet Maura qui succédait au cabinet Villaverde, avec Al. Osma aux Finances, a laissé la question du change s'éterniser; M. Osma, ancien collaborateur de M. Villaverde, se refusa à adopter ses projets monétaires; un projet annoncé par lui de régularisation du change est resté très imprécis pendant un an, jusqu'à la chute du miaistère; les coalitions d'intérêts qui, depuis plusieurs années, ont entravé l'action de tous les ministres

rcfonnateurs, paraisscDl l'aVoir également paralysé; M. Osma s'est même fait le défenseur de la théorie d'après laquelle le change est nécessaire et avantageux à l'Espagne; il l'a laissé se perpétuer aux environs de 36, sans tenter d'agir énergiquemen t. Oo doit reconnaître cependant qu'il est parvenu à rembourser environ 150 millions de la dette de l'État; l'attitude de la Banque a annulé les bons effets de cette mesure. Depuis, le retour de M. Villaverde aux affaires maintient le change à une moyenne de 32.

Circulation fiduciaire de la Banque d'Espagne.

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