‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 156 sur 238 · E. FOC HIER · texte numérisé non relu

E. FOC HIER

gés de consacrer à la prime de l'or uoe partie de leu rs dividendes. L'opinion étrangère est d'ailleurs sévère pour les défenseurs obstinés du change déprécié; mais jusqu'à présent, les résultats obtenus sont parfaitemeot néjrligeables.

Les défenseurs du statu que soat tout d'abord les actionnaires de la Banque d'Espagne; la Banque ne spécule plus sur le papier de change, mais elle prête souvent h des taui exceptionnellement bas. De plus, elle n'a aucune hàle de voir arriver la liquidation de la délie du Trésor; c'a été de toul temps la source la plus fructueuse de ses revenus, et les trois quarts de ses dividendes en proviennent. Aussi les actionnaires voyaient-ils avec inquiétude le projet de M. Villaverde sur le remboursement en & ans de la dette coloniale; remplacer dans un détai aussi court une pareille source de revenus n'était pas chose facile. La Banque a en portefeuille environ 360 millions de renie 4 0/0 et 650 millions de pagarès qui lui rapportent 28 millions de pesetas d'intérêt. M. Osma ajani remboursé 150 millions, elle s'est empressée du les remettre en circulation en prêtant au public son papier à des taux inférieurs. Tant qu'on n'imposera pas à la Banque l'annulation des billets correspondant aux remboursements effectués, et qu'on n'interdira pas d'abaisser le taux de l'escompte, l'œuvre de restauration sera vaine.

Les spéculateurs cambistes sont, nalurellement, les plus fermes soutiens du change élevé. A côté d'eux un parli imposant est représenté par les exportateurs espagnols, surtout les compagnies minières et les viticulteurs, qui s'opposent énergiquemeni à la réduction du change, et ne voudraient que sa stabilisation. La prime de l'or agit en leur faveur comme une barrière douanière supplémentaire, comme un droit d'importation sur les produits des concurrents étrangers, et comme une prime à l'exportation de leurs propres produits. La crise a incontestablement stimulé la production indigène, elle lui a permis de surmonter sans concurrence les premières difficultés; mais la prolongation de la crise amène uoe hausse des prix de revient et la perte progressive des avantages primitifs; en fin de compte, les producteurs qui comptent sur la protection du change en subiront eux aussi les atteintes; pour l'instant, ils font une opposition ardente h toute réforme.

Cependant, la solution, (ont en n'étant pas immédiate, doit

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lA CIRCULATION FIDUCIAIRE ET LES CRISES nU CHANGE. 503

s'imposer, si l'Espagne lient à jouer le rôle ficonomi(|ue auquel elle est apte; les élémeals en ont été dégagés très nettement par M, Villaverde ; une période préparatoire où l'on abaissera progressivement le cliange par la suppression de la spéculalion, par la diminulion de la circulation fiduciaire, et la liquidation de la dette de l'État ; on arrivera ainsi au moment où la provision d'or étant suflisaate, on pourra adopter un régime monétaire garantissant le retour de la crise.

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