L ABOLITION DU CODBS FORCÉ EN RUSSIE ET EN AUTRICHE
Voilà pour ce qui concerne l'eiéculion de la première partie du plan.
L'aulre objectif proposé, c'était la consolidation du cours du rouble. Pour l'atteindre, il Tallail, d'une part, empêcher la spéculation sur les Bourses étrangères, et de l'autre recoitstituen un stock d'or a.ssez important, pour inspirer la confiance, — mettre le papier-monnaie à l'abri d'une panique qui, en avilissant les cours, aurait empêché la réforme, — et laisser au Gouvernement la latitude, de choisir le moment d'entreprendre le remboursement.
Dès 1887, le comité des Finances avait décidé de faire tendre ses efforts vers l'unification du cours du rouble', et, dans une séance du mois de juin 1897', Vischnegradski déclara sa résolution de tenter cette fixation, et posa nettement la question de savoir, si l'on devait tendre à élever progressivement le rouble- , crédit à l'ancien pair, pour l'y maintenir, — ou bien, si l'on devait rendre stable la valeur actuelle du rouble, et reprendre à ce cours les paiements. Le comité unanimement, se prononça pour la seconde solution, et admit le rapport de 1 rouble-or à 1 rouble-crédit {/2; autremeatdit, le Gouvernement reconnaissait que le rouble-crédit, ne valait plus un rouble-or, mais seulement 2/3 de rouble-or, et que c'était sur cette base, que devrait, à l'avenir, se faire l'échange du papier contre la monnaie. Et, audessous de ce procès-verbal, signé de tous les grands économistes russes, l'empereur Alexandre 111 écrivit, de sa propre main, la formule enécutoire.
Pour obtenir cette fixation du cours du rouble, il fallait d'abord, commencer par paralyserles spéculations dans les Bourses étrangères, spéculations qui étaient la cause de perturbations et de âucluafioos constantes dans les cours. — Le papier-monnaie, en effet, n'étant pas autre chose qu'une sorte de lettre de change, à échéance très lointaine, tirée sur le pays émetteur d'assignats, peut, à ce litre, devenir un objet de spéculation, et sa
' Rapport de M. de Witte au budgal de 1897.
* Bunge, ea 18S5 avait déJ4 fait une proposition seoiblable, el il adoptait la parïtd de 64 copecks or par rouble -cirédil.
valeur hausser ou baisser, non seulement suivaDt les cours du change, mais aussi suivant un certain nombre d'autres circonslances. par exemple la plus ou moins grande abondance du papier en circulation, — l'encaisse or, — la confiance qu'inspire le pays émetteur de papier-monnaie, — et surtout les dispositions générales du marché. Le rouble particulièrement, fut, pendant longtemps, à la Bourse de Berlin ', l'objet d'une spéculation effrénée, dont les effets se faisaient sentir, lanL sur les autres Bourses étrangères, que dans l'intérieur même du pays*. En 1892- 1893, et au début de 1894, les spéculateurs à la baisse, triomphèrent à Berlin, et les cours du rouble atteignirent parfois une valeur inférieure à 2 fr. 50.
Le Gouvernement, qui avait alors reconstitué, en partie, son stock d'or, songea, pour lutter contre ces tendances à la baisse, à reprendre les paiements en espèces : le souvenir des échecs de 1862 et de 1880 l'en empêcha, mais il résolut d'employer ses fonds disponibles à fournir une contre-partie aux demandes et o9res de traites sur l'étranger, en étant lui-même spéculateur à la hausse, et un spéculateur disposant de ressources considérables.
L'histoire de cette opération de Bourse vaut d'être contée. Dans le courant de 1894, les nouvelles de la santé de l'empereur étant devenues mauvaises, les spéculateurs escomptèrent une baisse, et l'on vendit les 100 roubles, au marché à terme, à
' Voici, exprimée en francs, la Taleur du rouble A la Bourse de Berlin de iSTI à 1897 (extrail du Bulletin russe de statùtigue, !° édit., p. IZl).
iZ:::::::::::::
ifi**s
IWl
VUT