‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 188 sur 238 · L ABOLITION DU COURS FOKCK KN RUSSIE ET EN AUTRICHE · texte numérisé non relu

L ABOLITION DU COURS FOKCK KN RUSSIE ET EN AUTRICHE

précieux, ou par la coaRaoce que l'on a daos. l'émetteur. Or, dès l'iDstanl où un marché est iaoodé d'assignats, le crédit accordé Â l'Etat émetteur diminue, et cela d'autant plus que, la monnaie d'argeat disparaissant par la loi de Gresham, il semble, par comparaison, qu'il n'y ait p](js que du papier en circulation, et ijue loul remboursement soit devenu impossible. Et, à ce moment, les cours s'affaissent, parce que l'on a perdu la confiance : le remède donc doit consister dans le rétablissement de ce crédit, par la reconstitution du stock monétaire.

Une autre observation, c'est que l'elTort nécessaire pour rétablir une circulation saine, eiige*de l'Élat de véritables sacrifices, et cela prouve, combien il est vain de tenter de se procurer de l'argent au moyen de billets d'ËIat. A première yue, ces émissions, faites dans des périodes de crises, peuvent paraître conslituer d'excellents moyens, pour obtenir les ressources nécessaires, quitte ensuite, à faire, pour sortir de cette situation, un emprunt, que l'on espère pouvoir contracter dans des conditions bien plus avantageuses, que celles que l'on aurait trouvées, en période de crise. Mais on ne songe pas, que les billets ainsi émis, perdant beaucoup de leur valeur, il faut en mettre en circulation, pour une valeur nominale, bien supérieure à la somme réelle, que l'on se procure par ce moyen. Plus tard, lorsque la crise est passée, lorsque la '< maladie de crédit » est en voie de guérison, les cours de ces billets tendent à remonter, à se rapprocher du pair et, c'est une somme bien plus élevée que celle que Von a reçue, qu'il faut rembourser. Sans doute, il y a le remède de la faillite, auquel trop souvent on a eu recours : mais ces faillites, comportent de telles crises, atteignent d'une façon si pro. fonde le crédit de l'État, qu'on n'oserait plus guère, à l'heure ■actuelle, ëa user, et ta solidarité internationale des marchés est un garant suffisant, contre de tels procédés.

On fait aussi valoir que, le seul moyen de sortir du cours forcé, ■étant le développement des forces économiques d'un pays, il n'y A aucun danger à émettre du papier-monnaie, puisque le Gouvernement prend ainsi une sorte d'engagement moral, d'aider, par la suite, à ce développement. Certes les périodes de grandes crises, sont, souvent, suivies d'ères de prospérité. Mais, peut-on

souhaiter la guerre, parce que de tels conflits créent, lorsqu'ils sont terminés, des périodes d'activité?

Enfin, troisième point, les Etats, pour sortir du cours forcé, ont créé des Banques nationales, auxquelles ils ont dû consentir de nombreux avaulages, leur donner un intérêt, pour un argent qui ne coûte rien à celles>ci. C'est une phase par laquelle tous les Ëtatg, qui avaient émis du papier-monnaie, sont passés, et tous, ont eu ainsi recours, pour consolider leur crédit, à des Banques, dont les intérêts étaient, souvent, opposés aux leurs.

D'ailleurs, le cours forcé, considéré comme institution permanente, n'est plus défendu par personne aujourd'hui, et si certains États souffrent encore de ce malaise, c'est parce qu'ils n'ont pas la virilité nécessaire pour accomplir ce long et souvent pénible effort, c'est parce qu'ils ne veulent pas comprendre, que le mal, créé par leur imprévoyance, ne peut être guéri que par la consolidation des forces économiques du pays; et si le sacrifice doit être considérable, il est nécessaire de le réaliser : ad augustaper angusla.

,yGoog[c

BIBLIOGRAPHIE'

Annuaire statistique de la Russie (St-PéLersboupg, 1890 et 1900). ArnaunA. — La monnaie, le crédit et le change {2* éd., 1902). Adpetit (A.). — Essai sur la théorie générale de la monnaie (1900). Babelon. — Les origines delà monnaie (1897), Bbaurb. — Théorie et pratique de la monnaie, 2 vol. (1898-1899). Bloch (J, de). — Les Finances de la Russie au ïa* siècle (Paris, 1903). Block (M.). — L'Europe .wc/a/e (1892).

BoLLES (A.). — Financial histonj of the VniteÂSlates (1861-1885). BouRQUiN. — La mesure de la valeur et la monnaie (1896). BoiiTARBi.. — Enquête sur la circulation monétaire el fiduciaire (1865). — — Déposition à l'enquête stir la circulation monétaire ou

fiduciaire.

CASA3DS (J.-P.). — Les institutions de crédit (1900). Cahwès, — Cours d'économie politique (ivoL). Chambre de cohubrce db Tours. ^ Enquête sur les principes et les

faits généraux qui régissent la circulation monétaire et fiduciairelX965

et 1867) — 4 vol.

Chevalier (M.). — Cours d'économie politique, t. III (1850). Clarcks. — Traité de la monnaie.

— — A. B. C. des changes.

Clbrcq (De). — Finances de fEmpire de Russie (Amsterdam, 1886). Collection générale des tableaux de dépréciation du papier-monnaie.

(An VI. — Archives du iniaislère des Finances).

1 Cette bibliographie comprend ûmplement les livres dont non* aront pa nous serrir. On trouTora une bibliographie beanconp plus complète de la maliire, dans le livre de Lorini.

Mi PAUI, CAHI»4.

Co«»iBz(A.). — Enquête sur ta circulation monétaire et fiduciairit (1865). Dbl Mar (AI.). — Les xgnihnes monétaires {IS99). Druiny (M.). — Recueil des ottkagef monétaires tie lli49 à 1881 (1887). DAbkrt. — Trailif théorique et pratique de l'émission de la monnaie

fiduciaire (i8SÎ).

Direction oën£rai.k dk la statistiqub du rovaiiue d'Italie. — Statistique internalionale desBanques d'émission (Kome, 1878-1881). DucROCQ. — Etudes d'histoire financière et monétaire (1887). EicHTAL (Ad. d'). — De la monnaie de papier et des Banques d'émission

Enquête sur la cîrculatiim tnoneiaire et fuluciaire. Rapport au Minis-

Iredes Finances (18tfï).

EssART8{P. des).— La vitesse de la circulation de la monnaie {\8^5). Exposition universelle de 1889, Congrès monétaire international (1890). FoviLLE (A. de). — La circulation monétairede la France (1885). GiDK (Cb.). — Principes d'Economie politique (8* éd., 1903). GoscuRN. — Théorie des changes étrangers (1896). Grrciano (P.). — Du rôlede l'État en matière monétaire. GsiiBBB fJ.). — Statistische Beitrage zur Frage der Wdhrung (VieDoe, 1892).

— — Die (f-sterreichische Gesettgebung ûber Munie, Papier-

ijeld und Geldzaklungen {Weaae).

Haupt. — L'histoire monétaire de notre temps (1886). Jbvqns. — La monnaie et le mécanisme de rechange (5" éd.). JuoLAR (H.). — Des- crises commerciales et monétaires de /SOO àf857

KouoRziNaKi (van J.). — Die}lationalokonomiscke Lehre vom Crédit

(iDDSbruck, 1903).

KovALEVSKi. — Institutions politiques de la Rusxie (1903). La Bord&rb (M.). — Lei institutions de crédit de l'Empire de Russie

Lavkleye (E. de). — Le marché monétaire et ses crises depuis cinquante

ans (1863).

Lazard (G.). — De l'équilibre de Cencaissetn^lallique{\Ml). Lbclairk. — De l'origine des crises monétaires. Lkroy-Bkauliku. — Traité de la Science des Finances (2 vol., 6" éd.).

,yGoog[c

Page 1