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751 CHRISTIAN PALLTRE.
ment frappée, avait force libératoire illimitée, à l'origine seulement dans les ports ouverts aux étrangers et, à parlir de 1818, dans tout le Japon; cette pièce constituait l'étalon monétaire. La monnaie auxiliaire d'argent en circulation comprenait des pièces de 50, 20, 10 et 5 sens au titre de 800/1000. Le rapport légal entre la monnaie d'op et la monnaie d'argent était t : 16,17, tandis que le rapport commercial entre les deux métaux était, en 1897, d'environ 1,32. Étant donnée la différence dffi deus rapports, i'or ne pouvait circuler à côté de l'argent et, devait être, à l'exception de celui conservé par les banques ou thésaurise par les particuliers, exporté et fondu'.
D'ailleurs les pièces d'argent elles-mêmes ne servaient jta* aux transactions journalières, les billets convertibles en argent étaient la seule monnaie usuelle.
Tel était le système monétaire du Japon quand la loi <1d 29 mars 1897 vint substituer l'étalon d'or à. l'étalon d'argent. L'n changement dans le système monétaire d'un pays est un fait économique extrêmement grave. Il est vrai qu'au Japon les conditions étaient très favorables pour opérer une telle réforme '. tout d'abord l'argent qui garantissait les billets servant aux transactions journalières se trouvait en réserve h la Banque du Japon ; en second lieu, il n'y avait qu'une très petite quantité de pièces d'or ou d'argent ou de lingots de ces deux métaux en possession de particuliers; en troisième lieu, très peu de capitaux étrangers étaient engagés dans les entreprises commerciales ou industrielles, il faut noter, en outre, que l'extracUon de l'or et de l'argent au Japon, est si faible que c'est à peine si on peut qualifier ce pays de producteur d'<îr et d'argent. A toutes ces circonstances favorables vint s'ajouter un autre fait heureux : la valeur de l'argent, qui avait montré des tendances très accentuées à la baisse, resta statïonuaire, au moment de la réforme ; celle-ci se présentait doac avec toutes les chances de réussite.
Le but de cette étude est d'examiner quelles conséquence) économiques a eues pour le Japon l'adoption de l'étalon d'or. Nous rechercherons, tout d'abord, quelle influence le cban-
' !d.BoargaiD,L'ét9ioKd:oraiiJapon.{Reau4dsooHO»iUpolÙigKe, ta97, p.HS- 709).
LA QUESTION UON£Ti.lRB AU JAPON. 7&5 ,
gesient d'étalon a eae sur la circulatioa moaétaire aa Japon; puis nous examineroDS de quelle maDÎère il a agi sur le commerce de ce pays avec les contrées k étalon or et à étaioD ai^Dt, «n troisième lieu nous verrons si les prix et les salaires se sont trouvés modifiés au Japon et en Europe du fait de la réforme.
I. — ErFET DU CBASGEMEST d'ÉTAION SUR LA CIRCULATION MONÉTAlaE.
La loi du 26 mars 1897 établit une monnaie d'or dont la valeur est diminuée de moitié. En mars 1807, il fallait donner 2 yens d'argent pour avoir un yen d'or, il était donc nécessaire d'abaisser la valeur de celui-ci de moitié pour l'amener à égaler celle de la monnaie d'argent. La loi dispose que le yen d'or nouveau pèsera 0 gr. 75 de fin alors que l'ancien pesait 1 gr. .10; le rapport 1 : 16,1? passe à 1 : 32,34. La noavclle monnaie d'or se compose de pièces de 20, 10 et 5 yens pesant respectivement 16 gr. 6665, 8 gr. 3333, 4 gr. 1666. Les anciennes pièces d'or continuent à circuler mais au double de leur valeur nominale.
La monnaie d'argent reste au titre de 800/1000, mais son poids est augmenté, c'est ainsi que la pièce de 50 sens pèse l3gr. 4783, celle de 20 sens 5 gr. 3f>14, celle de 10 sens 2 gr. 6935'. Le rapport entre la monnaie d'argent auxiliaire et la monnaie d'or est de I : 28,75.
La monnaie d'or, devenue monnaie légale, est admise à la frappe pour le compte des particuliers, la monnaie d'argent n'a force libératoire que jusqu'à concurrence de 10 yens et la frappe de cette monnaie n'a lieu que pour le compte de l'État,
Telle est la nouvelle circulation monétaire. Il faut remarquer que la limitation à 10 yens de la force libératoire de la monnaie d'argent est très basse, aucun des pays raonométallistes or n'en a établi une aussi peu élevée. En outre, la monnaie d'argent japonaise est fort lourde : 50 sens ou 1/2 yen pesant 13gr. 4783, 10 yens représentent un poids de 269 gr. 566, ce qui fait que même, pour les paiements moyens l'emploi de la monnaie d'or est nécessaire. Il est regrettable que de petites pièces d'or de 2 yens n'aient pas été frappées ; elles seraient fort utiles
' L'aitciMme piïe« d'argtat de 5 nns etl mAintena* eu eirculAUon.
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pour les transactions journalières; il est certain qu'entre la pièce d'argent <le 50 sens (1/2 yen) et la pièce d'or de 5 yens il y a place pour une autre pièce.
Il y a un danger dont les Japonais ne se sont pas préoccapé> lors de la réforme monétaire . Il peut se faire que le rapport commei'cial entré l'or et l'argent devienne plus favorable à ce dernier que le rapport légal; dans cette hypothèse, la spéculation ne manquera pas d'exporter la monnaie auxiliaire d'argent Cette éventualité se produira le jour où la valeur de l'aident dépassera 32 p. 13/16. L'ascension du métal argent à cette cote, bien qu'improbable, n'est pas impossible ; les Japonais n'auraient d'autre ressourcc,sicela se produisait, que de changer le rapport légat. L'n danger identique menai,mit la monnaie d'argent pendant l'opération du retrait des yens d'argent de la circulatioa. Si, à cette époque, l'argent était remonté au-dessus de 29 p. 1/1. le rapport commercial devenu plus favorable que le rapport légal, l'exportation de ces yens d'argent n'aurait pas manqué de se produire.
Le succès de la réforme monétaire dépendait beaucoup da retrait plus ou moins rapide des yens d'argent et de leur remplacement par des yens d'or ; quels furent les moyens employés par le Gouvernement pour accumuler l'or, le conserver, le jeter dans la circulation, en échange des yens d'argent?
La réserve d'or, nécessaire pour effectuer la réforme, fut constituée par l'indemnité chinoise dont le montant atteignait 38.082.8841. 06shil.50a.
Il avait été décidé que le nombre de pièces d'or que la Monnaie devait frapper avant le 30 septembre 1897 devrait s'élever à 48.000.000 yens, dont 12.000.000 yens en pièces de 10 yens et 36.U00.000 en pièces de 20 yen». La Monnaie, en travaillant jour et nuit, parvint à livrer au jour dit, 49.587.160 yens en pièces d'or. On décida alors de faire frapper pour le 3t mars 1898, 300.000 yens de pièces d'or de o yens, 24.300.000 de 10 yens, soit un total de 25 millions de yens. La Monnaie pan'intà frapper pour le mois de mars. 24,868.575 yens. En résumé, les pièces d'or frappées par la Monnaie entre avril 1897 et avril 1898, s'élevèrent à 74.433.735 yens ; cette somme fut consacrée à l'échange des yens d'argent.
L'article XVI de la loi de 1897 décidait que les pièces de
1 yen d'argent devaient être échangées contre des pièces d'or dans le rapport de 1 yen d'argent = t yen d'or. Cette loi devait entrer en vigueur le l" octobre de cette même année. Mais, dès le mois de juillet, il arriva que quelques banques étrangères dans les ports à traités, ne crurent pas la réforme monétaire projetée sérieuse et envoyèrent une circulaire k leurs clients, leur notiBant qu'après le 1" octobre, elles se réserveraient le droit de faire leurs paiements en espèces, soit en or, soit en argent, comme il leur conviendrait le mieux. Cette décision prise par les banques, tendait à changer le rapport commercial entre l'or et l'argent, si on la laissait mettre à exécution, il apparaissait donc comme une nécessité urgente d'efTecluer le plus rapidement possible le change des pièces de 1 yen d'argent contre les pièces d'or, aiin d'éviter cette éventualité. Le ministre des Finances, le comte Matsukata prit alors les mesures suivantes : 1° Au 1" octobre, les pièces de 1 yen d'argent en possession de la Banque du Japon et de la Yokohama Specie Bank, devront être échangées contre les pièces d'or qui seront en possession du Gouvernement; 2' 11 sera permis aux banques étrangères dans les ports à traité, d'échanger les pièces de 1 yen d'argent contre les pièces d'or après le 1" octobre; 3" la Yokohama Specie Bank et ses succursales devront se servir d'or dans leurs paiements; 4' Le président de la Banque du Japon devra s'edorcer d'amener les banques étrangères à faire leurs paiements en or.
C'était la Banque du Japon qui était chargée d'opérer le change des pièces de 1 yen d'argent contre les pièces d'or. Elle devait, en conséquence, échanger au Trésor toutes les pièces de 1 yen d'argent qu'elle aurait en sa possession au 1" octobre 1897, ainsi que celles qui viendraient dans ses caisses après cette date. D'autre part, tous les paiements faits au siège central de la Yokohama Specie Bank par la Banque du Japon ou par une de ses agences devaient être faits en or après le 1" octobre de la même année. La Banque du Japon devait aussi inviter la Yokohama Specie Bank et les banques étrangères à échanger leurs pièces de 1 yen d'argent contre les pièces d'or.
Le change des pièces de 1 yen d'argent contre des pièces d'or, commencé le l" octobre 1897, fut terminé conformément à la loi de juin 1898 (31' année de Meiji) le 31 juillet de cette
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dernière année. Pendant la période comprise entre )e 1" octobre 1897 et le 31 juillet 1898, le nombre de pièces de 1 yen d'argent échangées directement contre des ^èces d'or, s'éleva & 36.»48.297yens'.
Le Trésor reçut en outre en paiement des droits de tontes sortes qni lui étaient dus 3.9T7.099 yens.
En outre, le Trésor avait reçu à Formose, 2.962.973 yens, o» qui faisait un total de 45.588.369 yens, [t faut ajouter, une somme de 29.505.453 yens, 4 sens, 3 rins, qui avait été reçue auMint Bureau, sous forme de lingots, antérieurement à la l<ù relative à la réforme monétaire. Ces lingots n'avaient pas ététransformés en pièces de 1 yen d'argent, mais garantissaient l«s " Promissory notes of the Mint «. Le Gouvernement devait nécessairement échanger ces tnllets coavertibles en a^ent contre de l'or. En résumé, le montant tol«l des pièces de 1 yeit d'argent et des billets convertibles en aident émis par la Monnaie, retirés de la eircolation conformément aux prescriptions de la lot monétaire, s'éleva à 75.093.822 yens, 4 sens, 2 rins'.
Les enquêtes, faites antérieurement à la promulgation de ta loi sur la circulation des pièces de 1 yen d'argent au Japon et dans les pays étrangers, firent craindre au comte Matsukata, ministre des Pinaaccs, qu'une quantité considérable de pièces de 1 yen ne vinssent sulùtement s'abattre sur le Japon, pour êtr* converties en pièces d'or et causer une grande perte au Gouvernement, si une dépréciation accentuée du prix de l'argent se produisait. 11 s'ensuivait que l'article XVI de la loi monétaire, qui fixait a cinq ans ta période pendant laquelle t'échange des pièces de 1 yen d'argent contre des pièces d'or pourrait avoir lieu, — cette période étant comptée du lendemain du joar où la circulation de ces pièces de 1 yen d'argent serait interdite, — prescrivait un délai hteaucoup trop long. Le ministre des Finances fut d'avis d'abréger ce délai, et la démonétisation de ces pièces ayant été fixée au 1" avril 1898, il décida que ta conversion en pièces <ror cesserait trois mois après cette dat«, c'est-à-dire le 30 juin 1898. Le comte Matsukata présenta ce projet au Coaseit de Cabinet le 2 septembre, il fut soumis à la Diète au mois de
> Beport on the adoption of the gold Standard in Japan, p. 247. * Ibid., p. 248.
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décembre, mais, celie-ci ayant été dissoute, il ne vint jamais en discussion. Le successeur du comte Matsukata, le comte Inoaye, recMiiiut la nécessité d'adopter le projet de son prédécesseur et remit le 17 mars 1898 un méitioire relatif à ce sujet au Conseil de Cabinet. Il proposait de clore la période de conversion le 31 juillet. Le projet fut soumis aa.t deux Chambres qai le votèrent de suite ; la loi fut promulguée le 10 join.
D'ailleurs, de nombreuses fausses pièces fabriquées en Cbïne avaient été trouvées parmi tes pièces de 1 yen d'argent en circulation. Il était à craindre que d'antres fausses pièces ne fussent encore frappées qui auraient une valeur moins grande que les précédentes, l'argenl ayant baissé de valeur. Dans ces conditions, le Gouvernement se montra très sévère dans l'examcQ des pièce» qui étaient présentées pour être échangées. Cette sévérité donna lieu à quelques réclamations, mais n'entrava aucunement la rapidité de la conversion.
Après la démonétisation des pièces de 1 yen d'argent, le Gouvernement autorisa les habitants à payer les impôts et les taxes avec ces pièces.
Le montant total des pièces de J yen d'argent frappées au Japon s'élevait à 16o.133.710 yens. Sur cette somme 99.;>()8.7i0 yens se trouvaient à l'étranger — en outre 11.628.633 yens furent dépensés lors de la guerre si no-japonaise — et la somme envoyée à Formose et restée inconvertie en or au 31 juillet 1898 s'élevait à 5.732 027 yens. D'autre part, le montant des pièces de 1 yen d'argent converties en or entre le 1*' octobre 1897 et le 31 juillet 1898 s'élevait à 45.388.369 yens. De plus, 460.90i yens avaient été refondus. Ce qui fait une somme totale de 162.318.673 yens qui, comparée à la somme totale des pièces frappées, soit 163.133.710 yens, montre unedifférence de2.8l3.037 yens. Cette différence représente les pièces perdues ou détruites et les pièces emportées par les voyageurs étrangers.
Les pièces de 1 yen d'argent exportées à l'étranger s'élevant à un chiffre très élevé, il était de toute nécessité de faire une enquête permettant d'établir approximativement le nombre de pièces qui retourneraient au Japon pour être converties en or. L'évaluation des pièces circulant en Chine et dans les Détroits fut de 10 millions de yens. Les rapports qu'envoyèrent les consuls confirmèrent celte évaluation. Voici quelques chi ffresdonnés-
"i&O CHRISTIAN PAULTRE.
par les rapports consulaires : àFusan, lacïrculation des yens est estimée à 20.000 yens, à Ghemulpo, à 30.000 yens,àSing'apour. à 7.000.000 ou 8.000.000 yens, à Hong-Kong, à 500.001) yens, à Tientsin, à 6.000 yens. On s'en tint à cette évaloation de 10 millions, qui n'était pas très éloignée delà vérité, car l'importalioD des pièces de 1 yen d'argent s'éleva du 1" octobre 1897 au 3\ juillet 1898 à 10.846.465 yens.
Ainsi, si l'on fait le total des pièces de 1 yen d'argent retirées de la circulation et des lingots d'argent qui représentaient les billets convertibles en argentde la Monnaie, on arrive à la somme de75.093,822yens4sens2rins. Surcettesomme,27. 567.011 yens 58 sens 4 rinsfurentdcstinésàla frappe d'une monnaie d'appoint. 40.786.662 yens 45 sens 8 rins furent vendus à Shanghai, Hong- Kong et dans d'autres villes et 6.740.148 yens furent envoyés à Formose et en Corée pour être jetés dans la circulation monétaire de ces contrées. En décembre 1898, le retrait des yens d'argent était terminé.
Nous avons vu qu'une partie de ces pièces d'argent avait été vendue en Chine, qu'une autre partie avait été envoyée à Formose et en Corée, qu'une troisième partie, enfin, avait servi à la frappe d'une monnaie d'appoint. Ce sont ces trois points que nous allons maintenant examiner.
A la fm de 1897, la circulation monétaire à Shanghai et Hong- Kong était extrêmement contractée. Le comte Matsukata voulut profiter de cette situation da marché de l'argent dans ces villes et décida de vendre sur ces places les pièces de 1 yen d'argent démonétisées. Dans ce but, il ordonna à la Banque du Japon, le 10 novembre 1897, de faire en sorte que la Yokohama Specie Bank vendit des lingots d'argent à Shanghai, jusqu'à concurrence de 100.000 yens, à titre d'expérience. Le résultat de cet essai ayant été satisfaisant, le comte Matsukata décida que la vente serait continuée jusqu'à concurrence de un million de yens. Le 26 novembre 1897, des lingots d'argent furent vendus pour une somme de 200.000 yens. Une expérience analogue fut faîte à Hong-Kong; la Yokohama Specie Bank vendit à cetle ville 3.000 pièces de 1 yen d'argent qui étaient « staraped ><.
Le 3 décembre, le ministre des Finances déposa tOO.OOO yens
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à la Banque du Japon pour être vendus à Uonjr-Kong par l'intermédiaire de la Yokohama Spccie Bank.
En janvier 1898, des considérations d'ordre (inancier mirent te Gouvernement dans la nécessité de se débarrasser des pièces de 1 yen d'argent retirées de la circulation. Le comte Inouye donna des ordres à la Banque du Japon pour que celle-ci fit vendre par la Yokohama Specie Bank les lingots d'argent et les <t stamped yens » '.
La vente dépassa de beaucoup la somme de 15 millions de yens prévue par le Gouvernement. Après la prohibition de la circulation des pièces de 1 yen d'argent, il n'y avait plus aucun intérêt à marquer ces pièces et l'on vendit dès lors à la Chine des yens non i< stamped ».
De plus la Chartered Bank manifesta le désir d'acheter des lingots d'argent dans le but de les vendre à Saoghai et Hong- Kong. Le comte Matsukata accéda à cette demande, et, le A décembre 1897. il donnait l'ordre k la Banque du Japon de faire vendre par la Yokohama Specie Bank des lingots d'argent à la Chartered au prix de 28 pence l'once pour une somme de 40.000 yens. Ces lingots étaient pris sur les stocks d'argent garantissant les billets convertibles en argent de la Monnaie.
Des quantités considérables d'argent furent vendues à la Chartered Bank et à la a Hong-Kong and Sanghai Banking Corporation ».
Il fuHvendu en tout 40.786.66^ yens 45 sens 8 rins : sur cette somme, 17.546.288 yens 42 sens 8 rins furent vendus à Shanghai et la vente produisit la somme de 15.770.718 yens 23 sens 8 rins ; 15.823.000 yens furent vendus & Hong-Kong et donnèrent 14.752.095 yens 10 sens 9 rins; 7.417.374 yens 3 sens furent vendus aux banques étrangères et produisirent 6.785.632 yens 42 sens p rins. Le prix total obtenu par ces différentes ventes se monta à 37.308.465 yens 77 sens 3 nos. Si l'on compare cette somme avec le nombre de yens vendus (40.786.662 yens 45 sens 8 rins), on voit que la perte éprouvée s'élève à 3.478.196 yens 68 sens 5 rins. Les ventes faites à Shanghai consistèrent principalement en lingots d'argent qui étaient cotés au prix de l'argent à Londres; celles opérées à
> Htport on thc adoption of tke gold standard in Japan, p. 319.
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76i CURISTIA>I PAULTRE.
Hong-Kong consistèrent en pièces de 1 yen d'argent en parfait état, de sorte que le pm obtena dana cette dernière ville fat oomparatJTement pins élevé.
Le deuxième moyen employé ponr 9e défaire des pièces de t yen d'argent retirées de la circulation fut l'envoi d'un certain nombre de ces pièces à Formose, Wei-Hai-Wei et en Corée', A Formose, il avait été décidé, en principe, qu'on établirait l'étalon d'or, mais, en fait, ce furent les pièces de 1 yen d"arg«nt '< stamped » qui furent mises en circulation ; ceci futdécidé par une loi d'octobre 1897. Oinformément à cette loi, des pièces del yen furent envoyées à Formose le 12 octobre; les envois se continuèrent selon les besoins de la circulation. Lorsque, au mois dejuillci 1898 se termina la période pendant laquelle pouvaient être échangés les yens d'argent contre les pièces d'or, il fut décidé que la pièce de 1 yen d'argent circulerait à Formose sous sa forme primitive*.
En novembre 1898, il fut demandé pour l'armée d'occupation de Wei-Hai-Wei une somme de 50.000 yens, cette somme fut envoyée en pièces de 1 yen d'argent stamped.
Conformément au rapport du président de la '< First-Bank », à titred'essai, il fut expédié, en Corée une sommede 30.000 yens on piècesde 1 yen d'argent a stamped »; eette somme fut remise à la n Fîrstr-Bank » par la Banque du Japon le 21 octobre 1897. D'autres envois furent faits ultérieurement en Corée,
En résumé, la somme totale de pièces de 1 yen d'argent retirées de la circulation et envoyées à Formose, Wei-Hai-Wei et en Corée s'éleva à 6."'i0.148 yens dont 6.212.973 yens ponr Formose, 197.175 yens pour Wei-Hai-Wei et 330.000 yens pour la Corée qui, en déduisant les frais, équivalent respectiveraeat à
' Jî^orf on the adoption of Ihe gold tlandard in Japan, p. 326.
2 A Formose, l'élalon d"or ae fui pas appliqué eil même temps qu'au Japon parce que les indigènes étaient liabitués depuis longtemps aux piices il'argent et parce que lea relations commerciales de l'île avec la Chine étaient très importa ates; l* monnaie d'argent resta donc monnaie légale. Mais le développement économiqoe de Formose a^ant pris de grandes proportions, son commerce avec le Japon g'élanl augmenté notablement, il Tut décidé que l'étalon d'or serait établi dans IIIe, c'est ce que fit l'ordonnance du i juin 1904. Cette loi dispose que les piices «l'ur seroat mises en circulation à partir do 1" juillet de la même année et interdit par suite à partir de cette époque la circulation des pièces d'argent. Cependant les pièces d'argent continueront à être acceptées par les caisses publiques qui ne les remettront pas en circulation [annuaire économique, p. 113}.
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5.831.335 yens 16s«iis, 195.000 yens, 316.618 yeas 3â seDsTrios soit à une somme iotale de 6.353.953 yene 51 sens 7 r'ms. La p«rte pouf le Gouveroeoieut s'éleva doBiC fwur ces opératiossà 387.194 yens 48 sens 3 tins.
Il ae BOUS Feste plus qu'A rechercher quelle a éié la perte totale supportée par t'Ktat dans l'opératioii de tetraii des piècesde 1 yen d'argent de la circnlation.
Nous savons que les pièces de l yen d'argent retirées de la circulation et les lingots d'argent garantissant les billets convertibles en argent de la Monnaie, égalonent retirés d« la circulation, /«rme un total de 7%0i)3.85!2 yeas i sens â rias. La vente de ces pièces et liagots produisit nue somme de 69.696. 24d yens 85 sens 3 rins. Le prix moy«Q était de 93 yeos 81 sens 2 rifls pour 100 yens d'argent, ce qui fait â7 peoces 0570 par once d'argeal. La vente dioonadonc une perte de 3.397..i81 yens 18 sens 9 rius. A cette perte il faut ajouter une somme de 155.730 yeas représentant les frais causés parropération du retrait et par la vente; la perte totale s'éleva donc à 5.533.311 yens 82 sens.
Cette perte fut contre-balancée par ie hénétice que la Monnaie retira de la frappe des nouvelles monnaies diTisionnaires : ce béaêSee s'éleva à 561.96© yens 91 sens.
Cette opération du retrait des pièces de 1 yen d'ai^ent eut Ueu au moment d'une contraction très forte de la circulation nxinéUire. La période qui succéda à la guerre sino^aponaise fut une période de pleine expansion pour te commerce et l'industrie japonais; ce développemmt soudain des affaires causa la rareté de la monnaie. Devant cet état de cboses, il était absolument impossible au Gouvernement de lancer sur le marché les b^ms du Trésor dont il avait décidé l'émissioa après la guerre; il fut même obligé de consacrer 14.670,000 yens pris sur l'indemnité de guerre pour acheter lui-mémie ces bons. La contraction monétaire continuant à augmenteren 1898, 3 fut décidé que, pour améliorer la situation des affaires, le Gouvernement prendrait une nouvelle somme de ,36.990.000 yens sur l'indemnité de guerre pour acheter des bons du Trésor, et une somme de 30.400.000 yens pour acheter des obligations qui allaient èfre émises par la Banque industrielle du Japon.
Les transactions journalières avaient Heu au moyen des bil-
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im CHRISTIAN PAUl.TRE,
Ifts de 1 yen; le retrait de ces billets nécessitait l'émissloa d'nne monnaie équivaiente. On songea tout d'abord à émettre des pièces del yen en or; mais on craignit que ces pièces ne fussent trop petites et peu pratiques. On se résolut alors à frapper des pièces divisipnnaires d'argent de 30, 20 et 10 yens destinées â remplir la mission des billets convertibles en argent qui, d'après une évaluation faite à la Rn de 1897, s'élevaient à 66 millions <ie yciis.
Lors de la promulgation de la loi monétaire (30 mars 1897] la circulakion monétaire en monnaies divisionnaires était la suivante : 39.656.042 yens 69 sens 8 rins en pièces d'argent, de cuivre et de nickel. 11 faut ajouter 2.870.311 yens en papier- monnaie da Gouvernement, soit un total de 41.826.35i yens. Si nous comparons cette somme à celle de 234.530.743 yens représentant la monnaie légale, nous nous apercevons que la circulation en monnaie divisionnaire ne représentait que 17 0/0 de la circulation ■en monnaie légale. L'insuffisance de la monnaie divisionnaire était évidente, et il'fut décidé de faire une émission de 4O.O0ft.000 yens, dont 32.500.000 yens devaient être frappés avant la Sn de l'année 1899-1900; à la fin de cette année la circulation en monnaie divisionnaire s'élevait à 74.327.354 yens. D'antre part, si l'on retranche le montant des billets convertibles en argent qui allaient être retirés de la circulation, la monnaie légale, n'étant plus que de 206.537.043 yens, la monnaie divisionnaire était vis-à-vis de celle-ci dans le rapport de 35 0/0, — «e qui était un rapport normal, — au lieu de 17 0/0.
Le tableau suivant' montre la frappe de la monnaie divisionnaire depuis 1897 :