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maintient dans d'étroites limites. Mais il convient, pour établir l'exactitude de cetle^propositioa, de faire uae distinction entre li balance du commerce proprement dite et la balance générale des paiements.
Pour établir la première, on tient compte exclusivement des importations et des exportations de marchandises e( des créances et des dettes qui en résultent; c'est d'elle que nous diioflsqït son déséquilibre ne saurait ioUuer d'oae Taçoa appréciable sur le taux du change et que si, à ua moment donné, à supposer que n'intervienne aucoo autre élément de créance ou de délie, l'importation l'emporie sensiblement sur Texportation, l'équilibre ne tardera pas à se rétablir de lui-même. Lorsque, en effel, un pays se trouve, au point de tue monétaire, dans des cnoditions normales, lorsqu'il détient une certaine quantité de cel unique mode international de paiement qu'est l'or, s'il n'eiporte pas assez de marchandises pour payer celles qu'il importe, le cours du papier de change t'abaissera jusqu'à ce qu'il ait atteint le gold point, c'est-^ire un prit tel qu'il soit plus anntageux d'acqnérir directement de l'or pour l'eipêdier à s» créanciers étrangers qtie d'acheter du papier de change.
Le jour où, par suite d'un trop grand nombre d'opérationsdt cette sorte, tout l'or qui constituait la circulation ntonétaire <1d pays aura disparu, le pays se verra contraint, par la furcedet choses, ai ses ventes à l'étranger demeurent inférieures i s« Hcbats, de restreindre ces derniers, et réquilibr,e de la balaace du commerce se rétablira peu à peu. Le crédit que les Dtgocianta étrangers étaient disposés de lui consentir cessera «o efTel, bientôt. Le seul remède qui reste alors en dehors de I'kcroissement normal de l'exportation, par sui^ des progrès àt li production, consiste k cré«r en quelque sorte, une eiporlaiioc immatérielle en vendant an dehors soit des titres et actioo^ d'Etat, soit des actions et desobligalionsde sociétés iodustiiellej privées.
Mais ceci nous amène à la balance générale des paiement! et à la redoutable influence que l'État peut exercer sur sa stahilil' et son équilibre. Pour l'établir, on envisage toutes les créaDcet cl toutes les dettes, quelles qu'en soient l'origine et la ruso» d'être, qu'une nation possède sur tes autres nations ou dont elle leur est redevable ; de ce nombre sont : Les emprunts d'Etat, les
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I^ POLITIQUE MONÉTAIRE DE I.'aRGBSTINB ET DU URBsrL. 787
p4acemeR(s faits par les aalionaux It l'élranger ou, au coDirairc, les inlérètset dividendes des aclions et obligations des entreprises créées dans le pays A l'aide de capitaux étrangers, les dépenses faites par les voyageurs et enlin le fret des navires. Dans les pays neuTsiiue nous envisageons, les créances résultant des transports^ maritimes ou des placements effectués à l'étranger ne sauraient cnatrebalaDCfr les dettes (|ui ont une otrigine autre que l'imporlatioD d«s marchaadises.
Au tkombre des plus lourdes il faut placer celles qui résultent des emprunts eilérieun parfois très nombreiii et très élevés quu contracte l'Etat. Ceux-ci ont momentanément pour effet do rendre le pays emprunteur créancier des soitimes que doivent loi verser les banques étraagëres qui oal accepté d'émettre son euiprunl; durant cette période, il peut arriver et il arrive fréquemment que l'exporlationdesmarcbandises s'accroisse sans qu'elle soit compensée par une ireiporlalion équivalente parce que la créance commerciale d« l'élranger peul se coiiip4>nser avec la dette qu'il a contractée du faU de l'emprunt d'I^tîtl. Mais la dette du pays emprunltrur s'élève sensiblement et le déséquilibre de (a balance des paiements comme celui des cours de change s'accroit lorsque l'emprunt a été entièrement souscrit et lorsque l'étranger, de débiteur qu'il (ut durant une brève période du montant de l'emprunt, devient, pour de longues années à venir, créancier de s«s inlérèls. La consommation intérieure, et, par conséquent l'impoKalioD ne pouvant se réduire aisémenl, l'Étal, pour fai,re face à ses engagements, se voit dans la nécessité, au cas où le budget ne lui assurerait poiotde ressources suffisantes, ce qui est probable, car il est également diTScile d'accroître à volonté les recettes, d'une part, en drainant l'or du pays pour l'exporter, et, d'autre part, en créant du papier-monnaie pour ses besoins h l'intérieur; celte double politique a poureCfet naturelet fatal d'élever progressivement el sensiblement le cours du change.
Il en est de niéme, au cas où des particuliers entreprennent d'établir daos leur pays des industries nouvelles, de creuser des ' poris eldes canaua,de construire des chemins de Cer et empruntent à l'étranger le capital nécessaire à ces diverses entreprises. Mais, d'une part, dans les nations nouieliement organisées que nous envisageons, les entre prises -créées ne peuvent être assez nombreuses, ni les capitaux qui y sont engagés constituer un
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tola) assez élevé pour que [a dctle exlérieure puisse subir de ce fait un très sensible acccroissemenl. D'aulrc pari, ces enlreprisra peuvent cl doivent avoir pour elTel de faciliter et d'activer la pro- (lucliKnelde donner par la suite à l'exporlalion un nouvel élaa qui viendra compenser la dette résultant de ces emprunts fails en vue d'entreprises privées aux capitaux éliangcrs. Or il en pst rarement de même en ce qui concerne les emprunts d'Étal; si une Traction en est parfois employée à des opérations fructueuses pour le développement économique du pays, une trop tarpe part en est destinée à des dépenses parfois onéreuses, souveol exagérées el presque toujours improductives.
Ce n'est pas à dire, si l'influence de l'Étal doit être, à noire sens, considérée comme ta cause première et délerminautedes fluctuations défavorables du cbange qu'il ne puisse exister des éléments qui aient pour elTel de contrebalancer cette inQuence, soit en l'afTaiblissant, soit en empècbanl entièrement qu'elle puisse se marquer dans la cote du change. Tous ces éléments se résument en un seul qui n'est autre que la prospérité el la richesse du pays. Dans un pays, lorsque toutes les sources de richesse ont pu être mises en valeur, lorsque les capitaux accumulés par une longue épargne ont dû chercher des débouché» et des placements au dehors, les intérêts des dettes contraclées par l'Élat peuvent se trouver largement compensés, si élevées qu'ils puissent être, par les créances que les capitalistes ont acquises sur les pavs étrangers. Il en est de même dans les pays où le budget est établi conformément aux principes les plus stricts de la science financière etoù les recelles budgétaires couvrent normalement toutes les dépenses résullantdu paieinentdes intérêts de la dclle extérieure.
Mais il est permis de dire que dans des pays neufs, tels que ceux que nous envisageons, où la richesse n'est pas encore asseï répandue, où l'accumulation des capitaux n'a pas été assez considérable pour que des placements nombreux et fruclueuï puissent être faits à l'étranger, la balance générale des paiemeot» se confond presque toujours avec )a balance du commerce: il en est ainsi jusqu'au jour où l'intervention de l'État vient accroître si sensiblement le chiffre de la dette extérieure qu'aucune créance privée sur l'élranger ne saurai! venir la compenser avec une rapidité analogue.
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La hausse du change est la conséquence normale d'une semblable inlervenlion. Quant aux budgets, nous verrons plus loin suivant quelles règles ou plutôt, en l'absence de quelles règles, ilssont établis.
Si l'on examine en effet, la période de l'histoire des grandes nations modernes durant laquelle elles on télé en proie aus maux d'une crise monétaire, et il n'en est presque aucune qui ait réussi à S'j soustraire, il apparaît clairemenl, à notre sens, qu'on peut toujours lui assigner comme origine et comme cause le désordre des finances public|ues et le déséquilibre des budgets.
Mais ces désordres ne furent jamais eux-mêmes que le reflet de crises plus graves qui bouleversaient l'État tout entier: lantôt, et ce fut le cas eu Angleterre, en Autriche, de longues guerres fréquemment renouvelée^:; tantôt, comme en France, une révolution qui, sur les ruines du passé voulant bâtir une société nouvelle, provoqua des guerres civiles. L'Espagne a connu successivement les maux résultant des guerres civiles et des guerres étrangères; sa situation monclaire et sa cote du change sur l'extérieur en portent encore les traces. Parfois encore, et l'Italie nous en offrit un exemple, des Étals noutcllement conslilués, aux ambitions ef aux illusions juvéniles, désireux de s'élever sans plus attendre au niveau de nations plus vieilles que l'œuvre des siècles ou peu à peu façonnées et consolidées, voient s'accroître démesurément leurs dépenses et leurs dettes.
Or la réunion de toutes ces causes a, dans les États de l'Amérique du Sud, entraîné les mêmes conséquences.
Lorsqu'ils se furent, dans les premières années du xix* siècle, défînilivcmenl libérés de la domination espagnole, lorsque tous les gouveracments européens les eurent reconnus en tani que nations indépendantes, ils voulurent s'organiser h l'image de ces Étals dont l'appui pinson moins indirect avait facilité leur révolte et présidé à leur constitution. Ils eurent non seulement -un Parlement et des municipalités élues, mais encore une administration h l'européenne avec tous ses rouages, multiples et complexes; ils maintinrent, en accroissant ses pouvoirs et son importance, l'armée qui avait combattu durant les guerres d'indépendance et, de toutes pièces, ils se créèrent une marine de guerre. Leur population vivait dispersée sur le territoire des provinces
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immenses découpées dans la vaste el riche élofTe de l'aaciea empira espagnol ; ils "voiiliirent lui foiiroir dès le début (ouïes les facilites e( le conforl que comporte et qu'exige la ciiilisilioD moderne. Pour assurer les communications entre des proTiocei que sfipareol t^fllôt des déserts, tantôt des chaînes de moalagaiis, tantôt des forêts iinmenses, pour permettre et facîliler reiplmlalioD d'un sol infiniment fécond, pour bâtir «ks capitales, dignes des Républiques nouvelles, pour se donner l'aspect «Ih façade de grandes nations modernes, ils entri^prirent, i l'aide descapitaux étrangers qu'attirait l'appât d'un Lauxd'ifilérêtéleTÉ, des travaux publics, exigeant des charges hors 4e proportioii avec les ressources fioanciores d'Ëtats naissants.
En on mot ces I^tats se bâtirent à l'image de ceux qui en étiient devenus les maîtres. Légitimement fiers de leur TÎcloire, ilsrèvalent pour leurs patries nouvelles des avenirs très prochains de prospérité el de gloire. Ils étaient amouretis de pompe el d'«tentalion; tisaimaicat ravèlir d'éclatante uniformes; ils avakal le mépris du Hidalgo pour les chiffres et \e» calculs el dépensaient sans campter.
Les uns se logeaient dans les emplois innombrables iwvvellemcnl créés; ils remplissaient les postes de l'armée etit l'adminiïtralion ; ils imposaient au budget de lourdes charge inutiles au pays, mais satisfaisaient par là tout à la fois leurnoachaloir et leur amour de la domination et du parailre. D'autres, au temps de la domination espagnole, s'élaient partagé les tenvi el possédaient de vastes plantations ; la liberté du cmninerce qui résulta de la chute de la domination espagnole levr^permil d'envoyer à destination do l'tlurope et des Ëlals-Unis les laines, le^ peaux, le café et le caoutchouc; des fortunes colossales s'édiiièrenL Mais, en même temps, les besoins et le lui« croissaient et, dans les budgets des particuliers comme dans celui de l'Élit, qu'ils établirent à l'image du leur, on escompta l'aTtenir. La nnilé et l'inexpérience d'Étals nouveaux, le dé&rr de paraître tl de briller propre aux nations latines s'unissaient donc poar entraîner leur ruine financière.
Ce ne furent point Ih les seuls maux dont souffrirent leurs finances; elles subirent encore le contre-coup des guerres civittf et étrangères qui déchirèrent le:> nations de l'AjncnqBe du Soi- Pass;int brusquement de l'exercice de l'autorilé de8p«iique la
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LA POLITIQUE MONÉTAIJiE I* J-'jlSOBNTlNE ET DU BBËSIL. 7Mi
plus absolue et la plus étroile & la pratique de toutes les libertés, «Iles étaieni mal préparées k l'iotroductioD du régime p^rlemeQlaire et leurs violeoces ne devaiejQl guère lui permettre de e'esercer «ormalemenl. L« libération avait élc l'œuvre des officiers; ils voulaient conserver le pouvoir au besoin parla force; l'exemple des généraux mallres.du gouvernement leur était donné par l'ancienne métropole et leui<6 ambitions rivales épuisaient et parfois ensanglantaient )e pays dans chaque État. Enfin, et c'était une nouvelle cause de troubles et de révolutions, la population ne comprenait pas eLcluâivement des EuropéeDS veDu« d'Espagne et du Portugal et définitivement établis dans l'A-cnérique du Sud ; elle était composée en grande partie des descendants des races que tes conquistadores n'avaient point réussi à exterminer entièrement. Ils avaient servi d'auiiliaires et fourni des troupes aux Eurofét-ns révoltés; il était désormais impossible à ces derniers de les faire rentrer entièrement dans l'ombre; trouvant insuffisante leur part dans les produits de la victoire, tantôt ils se révoltaient sous la direction de l'un des leurs, tantôt ils ofTraient leur appui et prêtaient leur concoure aux ambitieux qui voulaient s'emparer du'pouvoir par la force.
Une détestable administration, des dépenses* inconsidérées, le pillage des finances publiques, des guerres intérieures et extérieures, toutes ces causes devaient fatalement entraîner à la ruine les États que nous envisageons. A de pareilles dépensais ne pouvaient suffire les maigres recettes budgétaires de pays à population clairsemée, renforcée eo grande majorité d'indigènes et d'immigrants pauvres, et dont les exportations n'étaient pas encore as^ez abondantes pour que les recettes provenant des droits dédouane pussent être fort élevées. Il fallut cherclier ailleurs. Pleins de confiance dans l'avenir, peu soucieux des charges nouvelles qu'ils allaient infliger à leur budget, l'Argenlipe et le Brésil contractèrent, et à des conditions parfois fort onéreuses, de nombreux emprunts au dehors. L'Angleterre, par l'intermédiaire de ses principales banques, s'offrit aussitôt à leur fournir des préteurs; ce fut, en effet, toujours un des etTorls de la politique anglaise de s'assurer la reconnaissance et la clientèle d'États nouveaux en leur ouvrant l'accès de la cote du Stock Excliange.
Le produit des nombreux emprunts que leur tacilitèreot les
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banques anglaises étant aussi mal employé que l'étaient les recettes ordinaires du budget, le déficit ne fit qu'augmenter. Pour faire face aux dettes dont le nombre et le poids ne cessaient de s'accroître et pour échapper à la banqueroute, trois méthodes s'otTraient aux Gouvernements argentin et brésilien : réduction des dépenses, élévation des impôts et enfin, émission de papiermonnaie sans garantie accompagnée de l'établissement du cours forcé.
ils ne purent se plier à la première et la seconde dans des pays à population pauvre, agitée et friande de révolutions était dangereuse. Restait la troisième méthode, celle que finissent généralement par employer les nations endettées. Le Brésil et l'Argentine suivirent la procédure ordinaire : saisie par l'Étal de la garantie métallique des établissements d'émissions, exportation de t'or, institution du cours forcé, émissions successives, an fur et à mesure des besoins, de papier-monnaie dont la valeur diminue avec la quantité. Plus l'État émet de papier-moaoaie, plus la différeoce s'accroît entre la valeur de ses recettes en monnaie de papier et celle de ses dépenses payables eo or, et chaque jour, à mesure que monte le taux du change, qui s'élève jusqu'à atteindre des hauteurs parfois invraisemblables, s'alourdit le poids de sa dette extérieure.
Quoique les déficits budgétaires, les emprunts à l'extérieur, les émissions de papier-monnaie non garanti, et la hausse da change conslituent une série de faits qui ont une origine et une cause communes, qui découlent les uns des autres et réagissent les uns sur les autres, il nous faut cependant, pour la clarté de l'exposé, envisager chacun d'eux séparément, au Brésil d'abord, puis dans la République Argentine.
La cause principale de la crise du change fut, au Brésil comme partout ailleurs, l'abus des émissions fiduciaires non garanties'. Voici comment le ministre des Finances, dans sob
> La base du «jslème nionitaire brésilien est l'or. Le milreis or comprend l.ODO reis, et, au pair, vaut 2.832 francs ou 27 pence. On compte aussi an cootoi qai représentent 1.000 milreis. La monnaie dÎTisionDsire comprend de l'argent aa titre do 0,916, du nickel et du bronze. Mais, ainsi que oous allons le voir, i partir de
LA POLITIQUE MONETAIRE DE L'ARGENTINE El DU BRESIL. 793
rapport de. 1899, résumail l'hisloire des émissions de papiermonnaie au Brésil : « Le papier-monnaie fit d'abord son apparition en 1809 avec la première émission de la Banque du Brésil; elle fulsi vile suivie d'aulresémissîons qu'en 1827 leur montant total s'élevait déjà à 21 millions de milreis. Le Gouvernement prit toutes ces émissionsà sa charge et en fît lui-même de nouvelles si bien qu'en 1844 la circulalioo fiduciaire s'élevait à plus de 40 millions de milreis. A partir de celle date, l'hisloire de la monnaie brésilienne n'a été qu'une succession soit d'émissions de banques prises ensuite par le Gouvernement à son compte, soit d'émissions d'État. Après la proclamation de la république, elles se succédèrent d'année en année s'élevant à 297, SI 3, 561, 631, 712, 720 et finalement 785.000 contos de reis eu 1898. Ces chiffres représentent l'échelle de la décadence économique et financière que le gouvernement de la République fut obligé de descendre durant les premières années de son existence ».
Les ministres des Finances brésiliens n'avaient point attendu cette date de 1898, où, comme nous le verrons, la crise atteignit son paroxysme pour dénoncer le mal, pour se lamenter sur la situation monétaire et financière de leur pajs, et pour indiquer même les remèdes qui eussent été de nature à mettre fin à un pareil état de choses. Mais on ne les écoutait guère, les émissions de papier-monnaie dont on ne voulait pas voir les dangers k venir constituant pour les gouvernements un moyen trop facile de régler leurs dettes et d'équilibrer leurs budgets.
Le mal n'apparut d'ailleurs pas aussitôt, et dès la première émission de papier-monnaie. C'est surtout à partir de 1890 que les émissions excessives de papier-monuaie commencèrent à faire sentir leur influence funeste et à se refléter, d'une façon de jour en jour plus inquiétante, dans les cours du change. Au 31 décembre 1890, l'émission totale de papier-monnaie tant de l'État que des banques auxquelles le Gouvernement, imitant maladroitement le système américain, avait accordé de nombreux privilèges s'élevait à 35S.435 contos de reis. Une pareille somme pouvait n'être pas considérée comme exagérée pour un pays de
1S89, *Tec les déflcili budgétaireg et la baisée Toute la politique monétaire actuelle du Goût lement dans le réapproTisionnetnent du Brésil
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retondue du Brésil et dont le sol fécond renfermait d'innombrables sources deiricliesses; et, cepeudanl, le milreis, au cours du change, ne valait déjà plus que 21 peace^ Maie l'année 1891 fui une année de spéculation effrénée sur le café et sur leg changes; rémission fiduciaire des banques brésiliennes passa d'un bond àe 187.000 à 346.000 coolos, l'émissioa fîduciaire totale du Brésil atteignit 513.000 contos; au mois d'octobre de celte même année, le milreis ne valait plus au cours du change que It p«oce.
Le Gouvernement fédéral interdit aussitôt toute émissioa nouvelle de papier-monnwe. Mais, peu après, la guerre ciïile éclata, le maréchal Peixato s'empara du pouvoir; comme il avait besoin d'argent, et que les caisses de l'État se trouvaient élre vides, il utilisa le moyen le plii£ simple et dont l'eiemple lui avait été fourni par 64;s prédécesseurs, [en faisant fabriquer 180.000 contos de papier- monnaie qu'il déversa sur le marché.
En 1894 nouvelle émission oflicielle de 77.000 coolos, Ëa 1896. le Gouvernement fédéral retira de la circulation 17.SO0 contos, mais il en cmil par contre .'Î2.000, la portant ainsi à 371.640 contos. En 1897, le Gouvernement se déclara garant de rémission fiduciaire des banques brésiliennes qui, en revanche, lui transnu^ltaient leur numéraire alin de lui permettre d'ac* quitter ses dettes extérieures.
Ajoutons aux évaluations officielles les nombreuses éioissioas clandestines ordonnées soit par le chef de l'ELat, soit même p»f des sous-oi-dres qui utilisaient fréquemment ce moyen de s'enrichir à peu de fr.ais, et nous arrivons, en 1897, au chilTre de 760.000 contos. Au 31 août 1898, enfiii, au moment où, confonnémeut aux obligations confenuesdans le Fundîng-Loan, dont dous pai'lerons plus loin, les émissions cessèrent, et où commença, par le moyen des incinérations, la réduction de ta circulation de papier monnaie, c«lle-ci atteignait le chiffre de 788.364 contos.
Cependant l'amoncejliemcnt du papier-monnaie, unique el dangereuBe ressource d'un Gouvernemeat sans cee&e aux abois, produisait des conséquences logiques et fatales. Le milreis qui, en 1889, était au pair, valait dooc 27 pence ou 2 fr. 83, ne valait plus en 1898 que 5 p. 75 ou 0 fr. 60, et l'agio sur l'or atteignait 471 0/0. La création de toute cette masse de monoaïe ne correspondait point à des besoins œUement manifestés du
LA POUTItJlE MONËTAIRB HE (,'lBGBNTINE ET DU BRÉSIL.
eommerce el de i'iodosirîe; elle n'éUit point le signe do l'accroissennent normal de !& richesse du pays, ëd 1889, le papiermonnaie en circulation qui était de 192.800 coolos, correspondait à une valeur de 22. 091.000; en 1898, alors que Ja circulatiflin de papier-mannaie avait alteiot le chiffre de 788.364 contos, sa valeur en litres sterling; avait subi un accroisse ment inlî- Btineot moiadre, ptiîacfu'elle n'alleîgnail, d'après le cours du cbaB^ que 23.737.000. l£ tablean suivant résume toutes ces coDséqueaces désastreoses d'une émission fiduciaire illimitée, et en marqua les étapes.
Tableau des cban^es moyens au Brésil de 1889 à 1898'.
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