‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 228 sur 238 · POLITIOUE MONÉTAIRE DE L'ARGENTINE ET DU BRÉSIL · texte numérisé non relu

POLITIOUE MONÉTAIRE DE L'ARGENTINE ET DU BRÉSIL

lérét payables- en or et sur lesquelles nous allons avoir l'occasion de reveoir.

Voici enHn un tableau des recettes e( dépenses budgétaires de 1889 h 1898 qui, rapproché du tableau des charges inoyeaaes durant cette même période nous prouvera qu'à la baisse constante des changes a correspondu un accroissement toujours plus notable des déficits budgétaires.

Balances des budgets généraux' de 1889 à 1895.

B«ettn (en iMatot

EMpen»..

Le déséquilibre du budget ne résultait pas seulenienl des dépenses inconsidérées et excessives du Gouvernemeot brésilien, mais encore des deux faits nécessairement et intimement liés l'un .'i l'autre et que nous avons déjà examinés plus en détail, à savoir l'accroissement de la circulation fiduciaire et la réduction de sa valeur. Ils avaient ^sur le budget brésilien un redoutable contre-coup en ciccroissant ses charges dans une proportion sans cesse plus considérable.

D'une part, le Gouvernement brésilien recevait le paiement de ses impôts en papier, et ceux-ci étaient calculés d'après l'ancienne valeur du milreis, tandis qu'il était contraint de régler toutes les dépenses qu'il faisait dans l'intérieur du pays, pour les travaux publics par exemple, en se conformant aux prix plus élevés que comportait la diminution de valeur de la monnaie Dationale. D'autre part et c'était là un poids nouveau qui venait s'ajouter aux dépenses du budget brésilien et sous le faix du-

< Thérj, Financer brwlUnnes. Kel«lorio, 1901. DUrio offlcial du 16 oclolire

JftCQL'ES LYOK.

qoetil devail rompre, lorqu'il lui falJaît acheter au dehors pour

acquitter ses dettes payables en cette monaaie ac(|uérajl, pu rapport aa papwr-moonaie loujoars plus déprécié et uoi^ue reuoorce do GouverDemenl brésiJieii. une valrar sans cesse plus élevée.

Or tes dettes du Brésil payables en or conslituaienl une frMlion importante de ses dépenses. Voyons quelle élaîl, en 1898, c'esl-à-dire à l'époque où la valeur du milreïs était tombée à 5 p. 75. l'importance de la dette brésilieune payable en or. Elle se composait de quatre éléments principaux : la dette eitc- Heure fondée, la dette intérieure payable en or, l'empruBl Oaest de Minas et les garanties promises aux compagnies européennes de chemins de fer. Joignoos-y certaines dépenses d'administration indispensables et légalement payables en or.

Au 1" janvier 1898, la|delle eilérïeure fondée de la fédération s'élevait à 861.432.500 francs ; elle était constituée par quatre empnints contractés au taux de 4 0/0, 4 1/2 0/0 et 5 B/0, à des dates qui s'échelonnaient entre 4883 et 1895. Il y faut joindre l'emprunt de l'Ouest de Minas garanti par la fédéralinn et dont le capital nominal était de 91.")47.500 francs. Pour l'exercice 1898 l'intérêt de la dette extérieure s'élevait à 37.441.400 francs et l'amortissement k 8.674.325 francs, d'où une dépense totale de 44.313.725 francs. La dette de l'Ouest de Minas exigeait chaque année le paiement de 4.577.375 francs d'intérêts et 91.'}. 475 francs d'amortissement, soit une dépense totale de 5.492.850 francs.

La délie intérieure payable en or se composait de trois emprunts (1848-1879-1889) représenUot un capital de 105.113-13» francs. Pour l'exercice 1898, les intérêts de cette dette se montaient à 7.230.000 francs, et l'amortissement à 1.450.000 francs, soit une charge totale de 8.680.000 francs. La dette intérieure comprenait également, à cette époque, des « .Apolices » 4 0/0 or, ancienne rente perpétuelle 4 0/0 papier qu'en un moment de prospérité et en vue de diverses combinaisons on avait converti en 4 0/0 or, mais qu'on était sur le point, et le fait se produisit peu après, de rotransformer en 5 0/0 papier. Il n'y a donc pas lieu d'en lenircomptc ici.

Aux dettes précédentes il faut joindre celles résultant des garanties d'intérêts payables en or aux compagnies étrangères

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des chemins de fer, garanties qui pesaient d'autant plus sur le budget que tous les chemins de fer brésiliens étaient alors en ~ déficit. Ces garanties s'élevaient à 28.622.620 Trancs. Restent les dépendes des légations elcoDsalats qui, jointes à quelques autres moins ui^eoles, s'élevaient, pour l'exercice iiid2, à 10.754.000 francs d'or.

Voici donc, en résumé quel était, en 1898, l'ensemble descbarges en ordu budget brésilien.

Dette extérieure foadée 44.316.726

Empnint de l'Ouest de Minaa 5.492.650

Dette intérieure payable en or 8.480 000

Oarantiea an compagtiîw de chemins de fer 28.622.620

Dépense» diplomatiqneo et diveraes 10.764.000

Total 99.866.196

Les dépenses que le Brésil était contraint d'acquitter en or s'élevaient donc, en bloc, à 100 millions de francs. 11 est aisé de comprendre que ces 100 millions représentaient pour te Gouvernement brésilien une charge d'autant plus lourde que le change était plus défavorable. Au pair, ils valaient 35.335 contos ; ils équivalaient à 52.910 contos avec un change de 18 peoce; à 79.945 avec un change de 12 pence; à 95.238 avec un change de

10 pence; à 119.047 avec un change de 8 pence; et, enfin, à 165.300 contos avec un change de 5,75 pence. GrAce à ces chiffres on peut mesurer le trouble qu'apportait à l'économie générale du pavs la baisse de la valeur du milreis et apprécier les dangers d'une politique qui conduisait à de semblables résultats.

Nous venons de voir comment la politique monétaire et financière du Brésil ainsi que les vices propres à son organisation intérieure l'avaient amené, en 1898, au seuil de la banqueroute.

11 nous faut examiner maintenant comment il a réussi à écarter ce danger et comment, s'efforçant de revenir à une organisation financière et monétaire normale, il a pu remonter le courant qui l'avait entraîné si vite et si loin.

La besogne la plus pressante consistaità obtenir des créanciers étrangers la remise ou l'atténuation momentanée de la dette

payable en or. La valeur du mîlreis élail tombée de 27 pence à 6 p. 75 et, avec un pareil change dont rien ne faisail prévoir ramélioralion et dont tout au contraire faisait craindre l'aggravation, il élail impossible quu le Brésil pût faire face phis longtemps à ses engagements antérieurs. Le Gouvernement brésilien chercha donc à s'entendre avec les créanciers qui n'avaient aucun intérêt à provoquer la banqueroute de leur débiteur et à trouver une combinaison qui lui permit de suspendre durant quelques années le paiement des intérêts de sa dette, pendant (ju'il prendrait les mesures nécessaires pour relever le change à un taux normal.

Telles furent l'origine el la raison d'être du « Funding Loan » ou emprunt deconsolidation que conclut en t898 te Gouvernement brésilien avec la maison Rothschild de Londres représentant ses créanciers étrangers. Voici (Quelles étaient les conditions principales de cet arrangement'. Le Gouvernement fédéral suspendait pour trois ans, du 3t juillet 1898 au 30 juin 1901, lesintérèts de la dette extérieure, de la dette intérieure 4 1/2 1879 payable en or et des garanties de chemins de fer également payables en or. En échange de leurs coupons d'intérêts non payés, les porteurs recevaient des titres ou « Funding bonds » qui rapportaient un intérêt de 5 0/0 en or. Les bonds devaient être émis jusqu'à un maximum de 10 millions de livres sterling par la maison Rothschild de Londres. Ces titres devaient être spécialement garantis par les revenus des douanes de Rio de Janeiro sur lesquels ils constituaient une première charge, et par les revenus des douanes des autres'poris de la République, si ceux de Rio étaient insuffisants. Ils étaient amortissables par voie de rachat ou par voie de tirage à partir du 1" juillet 1911.

Voici, d'autre part, quelles étaient les obligations du Gouvernement brésilien. A partir du 1 ''janvier 1899, cl au fur et à mesure de l'émission des titres de consolidation, il devait déposer dans les caisses de trois banques de Rio réunies en trust, l'équivalent desdits titres on papier-monnaie au change de 18 pence; une quantité de papier-monnaie équivalant aux titres émis du i" juillet au 31 décembre i898, devait être de même déposée

> Théry, Finances ei change du Bré<U. Le teilc du Funding s'y trouTo e

I,A POLITIQUE MONËTAtRR DE L ARGENTINE ET DU BRÉSIl,. oOI

pendant une période de trois ans à partir du \" janvier J899. Celle masse de papier-monnaie devait être : soit retirée de la circulation et détruite, soit si le change était Tavorable, appliquée à l'achat des traites sur Londres en faveur de la maison Rothschild qui en devait créditer un fonds destine à assurer, dans l'avenir, le paiement en or des intérêts de la dette extérieure brésilienne.

Le Gouvernement brésilien opta en faveur de la destruction du papier-monnaie retiré de la circulation en vertu du » Funding Loan » et, le 10 mars 1899, la caisse d'amortissement commença la destruction des premiers 17.000 conlosà raison de l'incinération de 2.000 coatos par semaine. Celait, au point de vue monétaire qui nous occupe, lamesure la plus utile et la plus importante que comportait le « Funding Loan » puisqu'elle devait avoir pour conséquence de réduire la circulation de papiermonnaie du pays, par là même d'en augmenter la valeur, et de diminuer l'écart existant entre la monnaie hrésilienne et la monnaie internationale.

A la même époque, une loi du 20 juillet 1899 destinée & amorcer le retour àuue circulation saine et normale vint organiser un « fonds de garantie » ; il doit être déposé dans une banque de Londres et chaque année il lui est affecte une certaine proportion de revenus budgétaires perçus en or.

Voici, d'après le rapport du ministre des Finances de 1903', dans quelle mesure le « Funding Loan » a entraîné la réduction de la circulation de papier-monnaie. Les émissions de « bonds » s'élevèrent, conformément au contrat, à 8.613.717 £. Le Gouvernement brésilien devait donc incinérer une quantité de papiermonnaie équivalente calculée au taux de 18 pence par milreis, soit 114.849.566 milreis. Or, durant ces trois années, ne furent incinérés que 91 millions de milreis de papier-monnaie ce qui laissait un solde de 23.849.S66 milreis.

Mais il convient d'ajouter que, par ailleurs, et utilisant d'autres ressources, le Gouvernement réduisit dans une proportion assez sensible, quoique dans un espace de temps plus long que celui qui avait été prévu, la masse de papier-monnaie qui avait un moment inondé le Brésil. Du 1" septembre I89S au 31 mai 1903 le

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