‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 229 sur 238 · C.-S. — JicguEn Lvos. 5t · texte numérisé non relu

C.-S. — JicguEn Lvos. 5t

OotiveraeineDl brûla du papier-monnaie pour une valeur noaii- Dale de H3.018.619 milreis, en y comprenant laquanlUé qui avait élé détruite au compte du Funding. La Banqoe de lallépablique retira de la circulation li millions de milreis; un Tonds de garantie spécialement créé à cet effet 3 millions; 3 millions furent en outre échangés contre des pièces de nickel et de bronze frappées par ordre du Gouvernement.

I^s effets de ces diverses mesures tendant toutes à la réduction de la masse de la circulation monétaire ne lardèrent pas à se faire sentir. La valeur du milreis passa de 5,75 pence en 1898 k 9 i /i pence en juin I9(>5; en juillet il atteignit 12 et 13 pence et un moment même; en août de la même année, il atteignit 14 1/2 pence.

Mais une modiAcation aussi complète et aussi soudaine des cours du change troubla profondément le marché financier et un certain nombre de banques furent obligées, pour ne pas sombrer, de faire appel au concours du Gouvernement. La valeur du milreis retomba à 10 pence, puis s'éleva lentement jusqu'à atteindre 12 1/2 pence, taux auquel elle parait à l'heure présente s'être arrêtée. En conséquence, la valeur totale de la circulation fiduciaire brésilienne s'éleva sensiblement. En 1899, au change de 7 3/16 pence les 788.364 contos qui formaient le total de la circulation fiduciaire brésilienne équivalaient à 595 millions de francs. Au 30juin1902, cette circulation de papier-monnaie n'étant pins que de 1)79.450 contos, ayant donc diminué de 108.914 conlos, mais le cliange ayant atteint 12 pence, elle représentait aae valeur de 852 millions de francs.

Dans la République Argentine', ia première émission de monnaie fiduciaire remonte au 27 mat 1820, date à laquelle la '< Junta I) des représenlanis at^enlins autorisa pour la première et, affirmait-elle, pour l'unique et dernière fois, une émission graduelle (40.000 piastres par mois) de papier-monnaie et de

I La base du 9;siirQ« :nonélaire aigCDtin est l'or. La p«90 Tuerie ou dollar de 100 caDtBT09 «aut i sbUliog on S francs. Ls peso d'or pèM 8,€645 grftmiiies tm titre

de 0,900. Le pe«o d'argent pèse 25 grammes au litre de 0,900.

On compte égalemeot en piastres qui ont la mSœe valeur que les pesos. Poor les mêmes raisons qu'au Brésil l'or a disparu de la ûcculAtion moaètaiie.

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LA POI.rrtQtB MONÉTAIRE DE L'ARGENTINE kT DU BRÉSIL. 803

papier-billetamorlissable el endossable, aSn de racheler,au nom de la Fédération, les dettes contractées jusqu'alors par les différentes provinces. Ce fut le pointde départ de la première période, qui dura jnsqu'en 1867, d'émissions successives de papier-moaaaie inconvertible. En 18â2, une loi de l'assemblée législative {le la province de Bueoos-Ayres créa la Banque d'escompte de Buenos-Ayres qui disposait d'un certain capital d'oret qui émit, en vertu des pouvoirs qui lut étaient conférés, 290.000 piastres de billets. Deux ans après, la guerre éclata avec le Brésil; le Gouvernement s'empara du capital de la Banque ei,par un décret du 20 janvier 1826, la transforma en Banque nationale et institua le cours forcé de ses billets; son émission s'élevait alors à 2.694.856 piastres. La guerre terminée, le Gouvernement prit diverses mesures non suivies d'exécution pour arriver à la conversion, et, bientôt après, décréta une émission de trois millions de piastres avec garanties hypolbécaires. En 1827 l'émission fut portée à 9.S0O.OOO piastres et l'agio sur l'or, en conséquence de ces divers faits, atteignit 253 0/0. Des lors, les émissions se succèdent, accompagnées chacune de la solennelle promesse qu'elle sera la dernière et l'agio sur l'ors'accroit sans cesse. Sous le dictateur Rozas l'émission du papier-monnaie devient le système financier normal ; tl consiste principalement à émettre du papiei^monnaie afin d'amortir les fonds publics et couvrir les déficits budgétaires et il créer des fonds publics pour garantir les émissions de papier-monnaie. Ro?:as chassé du Gouvernement, ses successeurs, De surent, au moins en ce qui concerne la politique fioancière, que suivre son exemple ; la tentation était trop grande d'utiliser les planches de la banque de BueooS'Ajres. Aussi l'agio sur l'or s'éleva-t-il dans des proportions fabuleuses ; il atteignit en 186i son point le plus élevé avec un change de 2,784 0/0. A cette -époque, le Gouverpement résolut, la situation du pays s'élant beaucoup améliorée, de consolider la dépréciation du papiermonnaie. Le gouverneur de la province de Bueuos-Ayres, Adolphe Alstna créa donc un « bureau des échanges de la Banque >' qui avait pour mission d'échanger une piastre-or contre 25 pias- Ires-papier et vice versa. Les émissions antérieures étant ainsi réduites à leur vingt-cinquième partie, l'or fut ramené au pair «t le bureau fonctionna normalement durant dis ans, de février 1867 à mai 1876.

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A celle date, les déficits budgétaires commencèrent à se pro* duire; pour yfaire face on fîlappel aux émissions de papier-monnaie et l'on dut de nouveau décréter le cours forcé. Dès le mois de janvier 1876 la valeur d'une piaslre-or passa de 25 piastrespapier à 28 piastres, pour arriver à 30 piastres en juin et à 33 en juillet. On atteignit bientôt el même on dépassa les taun delà dépréciation antérieure et, en 1880, 100 piastres or s'échangeaient contre 3.055 piastres-papier.

11 fallut recourir au procédé qui, une fois déji, avait été em- . ployé et qui avait réussi à assurer pour an temps la stabilité de l'étalon de valeurs arf^entines, c'est-à-dire à la conversion métallique faite en tenant compte de la dépréciation sur le papier-monnaie. C'est ainsi 'qu'en 1881 le ministre des Finances M. J.-J. Romero fit homologuer une loi qui modifiait, en laréduisaot sensiblement, la valeur de la piastred'or et d'argent; la première devaitétredésormaisdupoidsdeun gramme 6. 129 dix-millièmes, au titre de 900/1. OOO de fin el la seconde du poids de 25 grammes au même titre de 900/1.000 de lin. En même temps et, par le même acte, était décrétée ta conversion métallique du papiermonnaie au taux d'une piastre or contre 25 piastres-papier. Le Gouvernement décUrait en même temps fièrement au Coogrës qu'il préférerait se laisser couper la main plutôt que de signer tin arrêté instituant à nouveau le cours forcé. Et cependant, trois ans après, en janvier 1 885, les mêmes causes entraînant toujours les mêmes conséquences, le ministre des Finances M. Pacheco fut obligé de décréter le cours forcé; on autorisait en même temps les banques à faire circuler, au cours légal et forcé, tous les billets qu'elles avaient émis ; en échange de celte faveur ces établissements étaient autorisés à disposer de leurs réserves métalliques afin d'acheter des traites sur l'extérieur, d'acquérir avec leur aide de l'or et de tenter ainsi de relever, ou tout au moins de maintenir le cours du change. Ces diverses mesures n'avaient été votées par le Congrès, sur la demande du tiouvernemeot, que pour deux ans, mais bientôt ce délai dut être prorogé d'une façon indéfinie. L'agio qui était au commencement de 1889 de SO 0/0 atteignit 53 0/0 en février de cette même année, 120 0/0 en octobre et 130 0/0 en décembre. Il s'éleva encore en 1890, année de révolution, de crises financières et économiques et de faillîtes retentissantes. En 'avril de celte année l'agio était de 215 0/0 et

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eo décembre il atteignit 22î> f)/0. La détestable administration du pays, les révoltes et les luttes civiles, les dépenses nécessitées par la guerre avec le Brésil et le Chili entraînaient fatalement lesdéficits budgétaires, les emprunts étrangers et, pour faire face aux uns et au\ autres, l'émission de papier-monnaie. En 1886, c'est-à-dire au début de la reprise du cours forcé, la circulation fiduciaire atteignait 80.251. 330 piastres; deux ansaprès,en 1888, elle avait presque doublé et atteignait 147.503.911 piastres pour s'élever enfin au total de 196.882:390 piaslres enl890. La défaite des révolutionnaires, la dn de ta présidence de Juarez n'arrêtèrent pas la progression et, durant la présidence Pellegrini, qui dura deux ans, de nouvelles émissions furent faites qui atteignirent] iSO.OOO.OOO de piaslres et vinrent s'ajouter à la circulation antérieure de 196.000.000 depiastres. En conséquence, en janvier 1892, l'agio sur l'or atteignait 390 0/0.

Nous avons, à plusieurs reprises, fait allusion dans cet exposé aux dettes contractées par le Gouveroemeot argentin; il convient maintenant de les examiner plus en détail.

C'est en 1822 que l'Argentine entra dans la voie des emprunts h l'étranger, voie dangereuse, parce que, ses institutions étant mat assurées, ses finances devaient se ressentir des troubles par lesquels elle devait passer, et parce qu'elle ne se rendait qu'imparfaitement compte du lourd fardeau qu'entraînent les emprunts extérieurs. En outre, leur produit fut trop souvent destiné à faire face à des dépenses souvent fort urgentes, telles que les frais déterminés par une insurrection ou une guerre, ou telles que la nécessité d'équilibrer le budget, mais qui n'étaient point, par là même, des dépenses productives, destinées à contribuer à l'enricbissemeot età la prospérité du pays.

L'emprunt de 1822 d'un million de livres sterling, contracté en vue de la construction du port de Buenos-Ayres et la fondation de villages sur la côte, fut en grande partie employé à couvrir les frais qu'avait entraînés la guerre du Paraguay. L'emprunt de 1870 de 3.214.888 piastres destiné à des travaux publics fut en partie détourné de sa destination et employé à combattre la révolte qui venait de se produire dans la province d'Entre-Rîos. Tel fut le sort d'une fraction notable des emprunts qui se succédèrent, presque sans interruption, durant les années 1872, 1880, 1882, 1883, 1885, 1886, etc.

En 1893 le moatanl en circulation de la dette extérieure paj'able en or était de 43.347.958 £. A cette première dette du Goaveroement argentin il faut ajouter encore celles résultant des garanties accordées au:i capitaux étrangers que l'Élat cherchait à attirer dans les diverses entreprises industrielles qui devaient contribuera l'enrichissemenl du pays. C*est ainsi que des garanties d'intérêts furent accordées pour la construction de chemins de fer, pour l'établissement des services de paquebots, de lignes télégraphiques, pour l'eiploifalion de mines et pour la création de raffineries de sucre. Ces capitaux garantis représentaient en 1889 une somme de 397.181.471 pesos or et exigeaient un service annuel de 22.676.89S pesos or'.

L'examen rapide des budgets argentins et de leur accroissement nous peut montrer enfin, tout à la fois, les causes et les conséquences do mal. Les causes, car les déficits budgétaires, produit de dépenses inconsidérées, furent le point de départ de la politique désastreuse suivie par le Gouvernement argentin qui, pour j parer, ne sut jamais employer que les pires remèdes. Les conséquences, car nous y voyons que les procédés mis en œuvre par cette politique n'eurent pour effet que d'aggraver le mal et d'élargir le gouffre du déficit.

Lorsque le président Sarmiento prit le pouvoir, en 1869, le budget s'élevait à 9.620.753 piastres; lorsqu'il l'abandonna en 1874. il était monté à 23.'j83.153 piastres; sous cette même présidence et en deux ansdet870 à 18721a dette publique avait passé de 47.505.786 piastres à 78.480.297. Il faut ajouter que, durant cette période, le Gouvernement fédéral ai^entin eut tout à la fois fi lutter contre le Paraguay et à étouffer la révolte de la province d'Entre-Rios. Sous la présidence d'Avellaneda (1875-1880), le budget fut réduit à 18.479.514 piastres Mais, sous son successeur le général Roca, la progression reprit et s'accentua; lorsqu'il quitta le pouvoir, le budget fédéral était de 40.788.385 piastres; Juarez le porta enfin en 1890 à 71.469.872 piastres. Ainsi, dans l'espace de vingt-deux ans le budget avait passé de 9 millions à 71 millions de piastres. El nous ne tenons compte ici que des dépenses inscrites dans le budget soumis au Congrès, et auxquelles il conviendrait de joindre les dépenses extraordinaires et les

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crédits supplémeataîres qui chaque anaée venaient en accroître lelolal.

L'aDDée 1890 marqua le point culminant de la crise par laquelle passait la République Argeaiioe et dont les conséqueoces monétaires et financières pèsent encore lourdement sur elle. Les fautes commises et quenousaTonsénuméréesella bausse du change qui eo avait été la conséquence n'avaient point nui à la prospérité de l'Argenline. La production agricole ne cessait de se développer et avec elle croissait l'exportation ; les immigrants affluaient dans te pays; les capitaux bénéficiaient de taux de rémunération fort élevés; certaines entreprises enfin réalisaient des bénéfices considérables et qu'exagérait encore l'opinion. A l'exemple des pouvoirs publics, les producteurs et les commerçants argentins el les capitalistes étrangers voyaient grand et escomptaient l'avenir. Les émissions fiduciaires des banques de la République passaient, de 1886 à 1890, de 80 à 194 millions de piastres el celles des banques hypothécaires de 232 à 441 millions. La spéculation élaîl elTrénée; alors que lu Banque Nationale, durant les années 1884 et 1687, escomptait pour 454 millions de piastres, elle ouvrait en même temps des comptes-courants pour des sommes se montant à un total de 907 millions. -A la Bourse de Buenos-Ayres, les afTairesliquidéespassaientde 172 inilMonseu 188i à 496 millions en 1S89. En 1882 le capital des sociétés anonymes inscrites au registre de commerce s'élevait à 9.996.400 piastres et il atteignait, en 1889, 464.602,802 piastres. Il était fatal qu'à cette période d'effervescence succédât comme à l'ordinaire la crise soudaine et brutale, elle-même suivie de hi période de liquidation.

Elle éclata en 1890 et fut hâtée par un mouvement révolutionnaire qui, soutenu par certains éléments de l'armée et de la marine, se produisit à cette date à Buenos- Ayres et dont la répression malaisée épuisa le Gouvernement. I^s faillites se succédèrent dont la plus notable fut celle de la maison de banque Baring Brothers qui avait émis la plupart des emprunts argentins.

La révolution domptée, l'Argentine sortait de cette épreuve avec une monnaie dépréciée, un change défavorable et des i)udgets en déficit. Le nouveau ministredes Finances Lopez déclarait en 1890, au moment où il prenait le pouvoir, que : » tous les revenus avaient disparu totalement comme ressource positive sous le poids des échéances immédiates et pressantes dont la Rc-

publique devail assurer le paiements l'intérieur. Deux ans après, son successeurJ.-J. Roinero écrivait au ministre argentin à Londres Louis Dominguez : « S'il s'agissait de satisfaire intégralementà toutes les obligalioas que la dette publique intérieure et extérieure impose au pays ainsi qu'à celles rcsullant des garanties, c'est h peine si tous les revenus de la nation arriveraient à couvrir ces services. Dans un cas pareil, il ne resterait aucun excédent des recettes publiques pour payer les besoins les plus pressants et les services les plus indispensables d'une administration réduite' ».

La République Ai^enline se vil donc contrainte, comme le Brésil et pour les mêmes raisons, de se soumettre aux obligations résultant d'un emprunt de consolidalioo. Mais les conditions auxquelles elle le contracta son! assez différentes de celles que nous venons d'examiner précédemment en ce qui concerne le Brésil. Le " Funding Loao » dont le président Pellegrînî prit l'initiative avait pour but, d'après le message dans lequel il soumettait son projeta l'appréciation du Congrès, d'assurer au pays u une piriode dç repos eu suspendant pour une durée limitée l'exportation du métal or en vue de satïsraire aux engagements de la nation à l'extérieur ».

Il fut autorisé, par la loi du 23 janvier 1891, h contracter avec un cerlaia nombre de maisons de banque dont la principale était la banqueanglaiseMorgandetfî° un emprunt de 13 millions de £ dont le produit devait servir à faire face, durant trois ans, au service des emprunts étrangers et des garanties de chemins de fer payables en or.

Kn revanche, la République Argentine contractait envers ses prêteurs de nombreuses et lourdes obligations. L'emprunt était émis au taux de 6 0/0 et le Gouvernement devait affectcrau paiement des intérêts de cette dette les revenus de la douane; il s'engageait, durant les trois années pour lesquelles élait conclu cet emprunt, à n'émettre à l'extérieur aucun autre emprunt; il devait déposer chaque jour à la Banque nationale la fraction

> Memoria del deparlamenlo de Hacienda, ]S9U, t. I. p. 210; 1S93, t. 1, p. U7.

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des recetles douanières nécessaire au service des iotérëta du « Fuuding »; il s'eagageaît eofîn solennellemeat à réduire les dépenses à leur strict minimum et à remettre chaque année aune caisse de conversion créée à cet effet une somme de 15 millions de piastres destinée à retirer de la circulation une quantité équivalente de papier-monnaie.

Cette convention ne produisit, en ce qui concerne l'amélioralioD Je la situation financière et monétaire de l'Argentine, aucun résultat appréciable. Elle constituait un commencement de mainmise par des banques étrangères sur les finances nationales qui irrita et inquiéta le peuple argentin. Eu outre, la plupart des hommes politiques de l'Argentine attaquèrent violemment ce procédé désastreux qui consistait à payer ses Jettes en en contractant une nouvelle à des conditions infiniment plus onéreuses.

Le Gouvernement argentin ne satisfit d'ailleurs point & toutes ses obligations. Les dépenses d'administration réduites en ap* pareace furent bientôt rétablies. Durantles années 1891 et 1892, il fit incinérer 4.800.000 piastres au Heu de 90 millions que prévoyait le II Funding » cependant qu'il émettait à nouveau pour 150 millions de piastres. L'agio sur l'or qui, lors de la crise de 1890, avait atleintsn 0/0 et qui était redescendu à l'annonce de la convention conclue avec les banques étrangères à 250 0/0 ne Urda pas en 1891 à remonter à 349 0/0.

Il était indispensable de prendre des mesures nouvelles et énergiques; ce fut )a lâche confiée en 1892 ati nouveau président M. Saenz-Pena et au nouveau ministre des Finances, M. J.-J. Romero. Ce dernier, qui s'était montré hostile au procédé du a Funding Loan », préconisait une entente avec les créanciers argentins afin d'obtenir une réduction des intérêts de la dette. Il chargeait le ministre argentin à Londres, M: Louis Dominguez, par une lettre qu'il lui écrivait le 19 novembre 1892', de négocier à ce sujet avec les maisons de banque qui, s'étant chargées de l'émission de tous les emprunts, devaient représenter les créanciers. Il lui disait : » Nous reconnaissons tous aujourd'hui que l'on a commis une très grave erreur pour l'arrangement provisoire de notre dette au moyen de l'emprunt monétaire •>.

• > Uarlinei, p. 274.

O'" JICQLES LYON.

Les n^ocialions Turent meoéeE assez rapideiiiefi t à Londres et à Biienos-Ayres où le Goiiveroemeot ai^eotin traitait avec MM. Baring-Brolhers; un arrangemeat fut conclu et, malgré une vive opposition, approuvé en 1693 par le Congrès. Voâci <|uelles en étaient les conditions : durant cinq ans. du 12 juillet i893 au 12 juillet 1898, le Gouvernement ne devait remettre, pour tout service de rente et de commission, que 7.837.600 piastres or, ce qui représentait 70,52 0/0 des intérêts dus. II est vrai que, durant les deuB années suivanies, il devait asurer le service intégrai de la rente, soit 4i.t81.78û,i4 piastres or pins pour commission, une somme de 88.121,64^ soit un total d« 1L{69.902,08 piastres or. L'arrangement était en somme favorable aux créanciers puisque, au lieu de recevoir durant le laps de temps pour lequel était conclue la convention, une somme totale de 14 millions de piastres or, il devait leur être versé 18 millions. De son côté, le Gouvernement argentin y trouvait l'avantage de voir se réduire, pour une période de cinq ans durant laquelle il pourrait tenter d'améliorer sa situation financière et monétaire, le poids de sa dette extérieure. En outre, le service de l'amortissement ne devait être repris qu'à partir du 12 janvier 1901.

L'allégement au moins momentané du poids de la dette extérieure, le paiement en or d'une Traction des droits de douane, assurant au Gouvernement cUaque année un stock d'or important, enfin, le développement continu des exportations agricoles exercèrent leurs conséquences naturelles sur le cours du change. L'or qui, en août 1898, se cotait à 278 0/0 ne se cotait plus, lin décembre, qu'à 206 0/0, soit une baisse de 72 points en quatre mois. La moyenne annuelle de la prime de l'or qui avaitété, en 1894, de 25?" 0/0, descendit, en 1898, à 156 0/0 et, en 1899, i. 124 0/0; ce fut là le taux le plus b<is qu'elle atteignit durant cette période car, de nos jours, celle moyenne s'est, comme nous le verrons, légèrement relevée.

Mais un semblable bouleversement de la sitoation antérieure était loin d'être accueilli par tous avec joie. Alors que Ihb ministres des Finances, les capitalistes étrangers et les importateurs s'en félicitaient, il provoquait les plaintes amères et les protestations des producteurs et des exportateurs argentins. Ceux-ci réclamèrent bientôt que l'État imposât une certaine limite à l'é-

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lévalion de la valeur du peso. Ils parlaient de ce point de vue exact, semble-t-il, que si le Gouvernement finait, eo tenant compte de rétat actuel du marché linaacier, un taux de coqversioo en or du peso-papier, les fluctualions détennioées par le commerce ou la spéculation ne larderaient pas à se modeler sur ce taux officiel.

Le raisonnement sur lequel ils se fondaient pour réclamer la fixation d'une limite à la valorisation du peso-papier ne manquait pas d'une certaine justesse. Il est incontestable, en efTet, que lorsqu'un pays a supporté pendant une quinzaine d'années un change de 300 6/0, il s'est peu k peu accoutumé à celte situation et qu'une bonne partie de son existence économique s'est en quelque sorte modelée sur le taui du change. C'est ce qu'exprime le ministre des Finances J.-M. Rosa dans son rapport d'avril 1900, lorsqu'il dit' : « L'élude des conversions qui se sont faites dans différents pays m'a persuadé de la vérité de ce principe, à savoir que si la monnaie, dans un pays déterminé, a souffert une grande dépréciation et si elle s'est inainlenue durant une période assez longue, de telle sorte que les conditions économiques du pays se soient radicalement transformées, il est impossible de revenir fi l'ancien pair du change u.

C'est tout à la fois pour préparer la conversion future et pour tenir compte de ces préoccupations et do ces intérêts que le Gouvernement présenta au Congrès un projet de loi sur la conversion du peso-papier en or. En effet, dans son exposé des motifs, il insiste particulièrement sur ce fait que « la valorisation du papier affecte gravement la situation économique dans laquelle nous avons vécu durant tantd'années et produit le déséquilibre entre toutes les valeurs, particulièrement entre les salaires, les loyers et les frais de production d'une part, et d'autre part, les prix des produits agricoles et industriels qui, destinés à l'exportation, se modèlent sur ceux du marché international >),

Le résultat auquel tend la loi de 1889 doit être l'œuvre de deux mesures capitales; d'une part, il faut fixer le taux auquel se fera la conversion en or du papier-monnaie, en tenant grand compte du la valeur actuelle de ce dernier; d'autre part, il s'agit de constituer, à l'aide de ressources budgétaires spécialement affec-

1 Memoria para el aAn 1S99 ; 1900, p. 41.

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tées à cet effet, ane eocaisse métallique assez considérable pour pouvoir uo jour avec son aide oi^aniser et assurer la converlibilité de la circulation fiduciaire'

En attendant que le stock en fât assez important pour que le Gouvernement argentin pût décréter sans crainte celte conversion, ainsi que pour faciliter et préparer celle réforme, diverses mesures d'exéculion immédiate étaient prévues par la loi.

Le projet du Gouvernement comportait, en eETel, ta création et le foDclioonemeot de deux organismes qui étaient la caisse de conversion et le bureau des changes. Le rôle de la caisse de conversion consistait d'une part, à remettre un peso-papier d'une émission spéciale et oouvetle à quiconque viendrait lui remettre la quantitéd'orà laquelle la loi devait évaluer cette unité monétaire, et, d'autre pari, à échanger au même tau\ et jusqu'à concurrence des sommes d'or qu'elle aurait ainsi reçues, du numéraire contre le peso-papier doat on viendrait lui demander le remboursement. Celle caisse devait donc en cas de nécessité fournir au commerce une certaine quantité d'or à un prix fixé d'avance et constituer en outre, une sorte de régulateur automatique, augmentant ou réduisant selon les besoins du marché le chiffre de la circulation fiduciaire parle mojiende l'échange, à bureau ouvert et à un taux déterminé, du papier contre de l'or ou de l'or contre du papier.

Le bureau des changes (" Olîcioa de Giros ») établi à la Banque de la Nation, était soumis à la surveillance étroite de J'Ëlat et la loi de 1S99 lui assurait une dotation d'or considérable. U avait pour mission d'assurerla stabilisation du change quidevait se conformer au nouveau rapport légal établi entre l'or et le papier et d'entraver toutes les Qucluatioos qui pouvaient risquer d'y porter atteinte : « Le bureau des changes, est-il dit dans le rapport du ministredes Finances de 1S99', disposanid'une masse d'or coDsidérable et qui ira sans cesse augmenlant, dominera les changes inlernalionaux et facilitera les opérations du commerce et de l'industrie en modérant tantôt la hausse et tantôt la baisse du change. Il sera notre meilleur auxiliaire pour établir l'équilibre de notre situation monétaire ». L'élément essentiel de la loi était donc la fixation d'un rapport nouveau entre l'or et le

< Memoria, p. 16.

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LA POLITIQt'E MONÉTAIRE DE L'aRGENTINE BT DU BRÉSIL. SI S

papier. Le Gouvernemeol résolut de fixer le taux de conversion à 41 centavos-or par peso-papier (celui-ci au pair du change eût valu lOOcentavos). C'était prendre comme base de la stabilisation du change argentin un agio sur l'or de 127,27 0/0.

Si ce projet était de Dature à satisraire les producteurs et exportateurs argentins, il n'en souleva pas moins dans le pap de violentes protestalioas. Le choix d'un pareil rapport n'était pas, en effet, sans impliquer une banqueroute partielle, car il ne correspondait point à la valeur en or des diverses émissions de peso-papier faites par le Gouvernementargenlin.

De 1883 à 1891, en elTet, 322.900.000 pesos-papier avaient été mis en circulation représentant, d'après le cours du change au jour des diverses émissions, une somme de 187.324.000 pesos-or. En opérant sa conversion au taux de 44 centavos-or par pesopapier, le Gouvernement argentin n'était plus déhiteurque d'une somme de 141 .076.000 pesos-or, réduisant ainsi sa dette primitive de 36 0/0.

Ofl reprochait également k la loi d'arrêter arbitrairement le mouvement de baisse du change favorable à tant d'intérêts légitimes et particulièrement aux finances du pays. Quoiqu'il fût infiniment probable que le peso-papier ne saurait jamais atteindre le pair, c'est-à-dire valoir ceni cenlavos-or, il n'en résultait pfts moins de l'expérience des dernières années que le pesopapier aurait pu aisément, st l'Etat n'était intervenu, atteindre au moins la valeur de 50 cenlavos-or. La chambre de commerce de Buenos-Ayres protesta d'une façon particulièrement énergique. Elle insistait sur ce fait que toutes les lois qui avaient autorisé les émissions, avaient solennellement et sans exception déclaré qu'elles seraient remboursées au pair. Quant aux avantages dont certains polémistes reprochaient aux capitaux étrangers employés dans des industries argentines de bénéficier par suite de l'appréciation du papier, ces avantages n'élaient-ils pas largement compensés par les risques qu'ils avaient courus et toutes les perles auxquelles les capitalistes étrangers avaient été exposés durant la période où croissait sans cesse la prime surt'or?

Quoi qu'il en soit, la réforme monétaire futvotée te 5 novembre 1899 par les congrès argentins, dans les termes où la lui soumettait le Gouvernement. Voici le texte de la loi ' :

' M«morisl899, 1. 1, p. 71.

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An. 2. — t>ï f.''' .('.> «■l'T-r^tlf <lccr^UT3 avec |i«ca«v4e mis

An. Z. — Le poavwr eicculif lomra sm ComIs de nserte

m«U]tw](]«. VMI4 l« iMtn de " fom^t de cmxtrsmm destine e&cla- •itcm/ral au vr%\cK et à b ^rde de ladite coQversîoa-

Akt. i. — Poar b fonnaiionde ce footk de coaTersioo les-sMH ni«* »uiMnt/r^ deffoot être réserrêei :

â^ .*> 0 0 des droiUaddilionoeU Mir tes importations:

h Ij-.* SrèoêtlefA de b Baoqae de b nation:

c, \jn (iroduîtj oeU annuel» de b liquidation de b Baoqoe nalionale, aprê* paiement du coût de la liquidation des dettesde b Banque et des rraisd'admioislralioa;

'/, \jii proiluiis de b ^enlc des chemios de fer Aodins.

f, \a:% 6.%7.8C0 peso»^r eo cedules nationales appartenant ti la naiion;

f) Tout ce qui pourra être volé annuellement à cet effet dans b liiidjtet de b nation.

,\ht, s. — Les sommes susmenlionnées doivent être déposées a In Itfirique de b nation de la bçon suivante et aux dates soaaindiquée» ;

a) Lus produits desK 0/0 additionnels des droits d'iraporiatioD doivent être déposés chaque jour à la Banque de b nation oa à ■ns iturcursales à dater de b présente loi;

h) Les bénéfices de la Banque de la nation doivent être codelatés semestriellement par la Banque elle-même, convertis en or <!t crédités au fonds de conversion;

c) Le surplus résultant de la liquidation annuelle de la Banque nationale sera payé à la Banque de b nalion converti en or «t crédité de la même façon que ci-dessus;

(/) Los 6.901.860 pesos-or en cédules nationales seront négociéfl par le pouvoir exéculiT avec la Banque hypothécaire nationale et le produit payé à la Banque de b nation aux dates qui seront ju)(ét<3 les plus opportunes;

e) Li> produit de la vente des chemins de fer Andins sera |ta>é, siiAt reçu A la Banque de ta nation.

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