‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 28 sur 238 · C.-S. — ÉOOOAHD DclUàmb. i · texte numérisé non relu

C.-S. — ÉOOOAHD DclUàmb. i

.EDOUARD DOLLÏANS.

it que loucher l'Angleterre; oéaamoiDS la statistique duua- « les inscrWil dans la coDsommatioa anglaise sans qu'i la ie aucuD indice permit de supposer qu'ils avaient quitté ce

'incerlilude des statistiques Houanières est encore plus forteit mise en relief par la comparaison qu'a faite Sœlbeerde& stiques de deux pays dans leurs exportations et importations proqnes de métaux précieux'. Si l'on prend par exemple gleterre et la France, la statistique anglaise des importa- B devrait coïncider avec la statistique française des exporta- 9 et la statistique française des importations avec la statistianglaise des exportations. Qr il est loin d'en être ainsi et la paraison des deux statistiques révèle des diEférences qui ivent pour une période de 14 ans (l87l-18Si) à une moyenne uellede plus de t3 millions de francs pour l'exportation de lox précieux d'Angleterre en France et à, une moyenne uelle de 43 millions de francs pour l'importation des mé- . précieux de France en Angleterre.

zportation de la France et importation correspondante

en Grande-Bretagne.

(VaUur «n tnarki alUmandë)

DUrérenea m plu StiUMlqn* usIMm. SUtlrtlqna trmiicaln. Mloa l> «aUMlqni aORlata»

Exportation de la Grande-Bretagne et importation correspondante en France.

StUbtlqDs traotalH. BUtlniqu ugliiie. «don la «UtMtqiM uiiUki.

1 1878 l'importation en Angleterre d'or provenant de la ice était évaluée par la statistique anglaise, à 145.977. 00(f es. L'exportation correspondante de la France poorl'Angle-

•tbaer. Matériaux, p. 44, U, 46, 47.

terre était évaluée par la statistique française à 61.302.688, ou une différence de plus du simple au double.

Eu 1873 l'importalion en France d'argent provenant d'Angleterre était évaluée par statistique française 120.098.SOO et par slalîslique anglaise 88.055.500.

Ces comparaisons montrent te peu de confiance qu'on doit avoir en des statistiques qui, pour une même année et pour un même métal, diCTèreat du simple au double. Ces comparaisoos ne sont même pas possibles pour tous les pays : la statistique américaine, par exemple, est faîte pour l'année financière commençant au 1" juillet et finissant au 30 juin.

La démonstration peut-être la plus frappante de l'inexaclilude des statistiques douanières résulte de la contre-statistique commerciale qui, à partir de 1883, a été dressée en Italie par le ministère de l'Agriculture, du Commerce et de l'Ioduslrie. Les éléments de cette con Ire-statistique sont fournis par les grandes institutions de crédit et les grandes entreprises de transport du royaume : celle statistique commerciale repose sur l'idée de « prendre pour ainsi dire le mouvement des métaux précieux à son point de départ, de raccompagner pendant qu'il s'accomplît et de le rejoindre à sou point d'arrivée' ».

Oq a réalisé cette idée en s'adressant aux établissements qui sont les points de départ et d'arrivée des métaux précieux, c'està-dire le Trésor, l'État, les grandes banques d'émission et les établissements qui effectuent le déplacement des métaux comme les postes, les chemins de fer et sociétés de navigation.

Les chiffres recueillis par celte contre-enquête ne peuvent, semble-t-il, donner qu'un minimun*. Néanmoins, dans bien des cas ils surpassent les chiffres de la douane. Par exemple en 1901, pour l'importation de l'or, le chiffre du ministère du Commerce allait jusqu'au triple du chiffre de la statistique douanière. La comparaison des deux statistiques, pour la période qui s'étend de 1888 à 1902*, permet de relever, entre les deux

' CarLo Ferrari», p. 838

1 • Qooiqao l«i décItraUons des expéditeurs iodiquent ordinairement des somniet moindres qne celles qui ont été réeliemeat ento;ées, on a pourtant pu constater qD'«llei sont toujours plus élerAes que celles fournies par 1m bureaux de dootna et par couiéquent on peut les considérer comme plas proches do la Târité •.

1 Rapport de l'admiDistration des roonnaies et mMaillea, 1903-1904, p. 213. Pour

tDOUARD DOLLËAMJ.

îsliques, les différeaces anouelles moyennes suivantes; laslaique commerciale était en moyenne supérieure annueilent à la statistique douanière de :

. . . Importation 7.420.000 lires. Exportation S.539.000 lires, genl. — 5.225.000 — — 7.62S.000 —

b) Statut i^ue du monnayage.

A statistique du monnayage présente plus de certitude : la statistique douanière. Mais elle De donne que des indioos incomplètes sur les motivemeots du stock monétaire n pays :

* Tout d'abord, si la statistique du monnayage indique les roissemcnts les plus importants que subit le stock, elle ne les ële pas tous; elle ne tient pas compte des monnaies étrangères les lingots et, i ce point de vue, elle doit être complétée par jtres sources.

I* De plus, si elle révèle partiellement les accroissements du :k monétaire, elle ne dit rien des perles qu'il subit. Sans ite la statistique indique pour l'Allemagoe le chiffre des dénélisalions et déduit du chiffre global de la frappe la somme Tente à celle démonétisation ' ; pour la France, l'Angleterre, ! fournit l'indication de pièces démonétisées en bloc et des zes refondues. Mais la statistique du monnayage ne rensei- I ni sur les refontes pour l'usage industriel ni sur les exporons et cette double lacune en amoindrit singulièrement la tée.

jes refontes de monnaie pour l'usage industriel ont, à ceris moments, une grande importance. C'est ainsi que les écus érieurs à 1830 ont été refondus en masse par l'industrie fée quand le procédé du titrage perfectionné dû à Gayisac eut prouvé qu'ils contenaient un excédent d'argent fin m peu d'or. Lorsque l'argent faisait prime bous Napoléon, es la découverte des placers calédoniens cl australiens, on

It difftreDCa est encore plu* coaïid*r»We, Or, icnporUtion : 140.706.000 coulra 12.000. EiporUKon : 5.893.000 contre 10.070.000. Argent, importaUon : n.!78.00O re 23.EG7,000 ; eiportation : 1.7».000 contre 4.140.000. Elipport do l'administration des monnaies et médaille», 190), p. 227-226.

pouvait trouver profit à refondre ou à exporter les moaaaios d'argent. La statistique de la coosominatioa industrieile est trop imparfaite pour oous reaseigner sur les refoules de moanaies desliaees à l'usage industriel. Seule la statistique des Étafs-Unis donne uue évaluation de la refonte des monnaies; mais il se trouve justement que la coutre-enquéle de la direction de la Monnaie américaine vient d'infirmer cette évaluation, les chiffres pour l'or étant trop faibles de moitié*.

La statistique du monnayage ne nous renseigne point du tout non plussur les diminutions du stock, sur les exportations pour lesquelles on est obligé d'en revenir aux fallacieuses statistiques douanières. Si l'on prend par exemple l'Angleterre et qu'on veuille se faire une idée de son stock monétaire, on doit bien se garder de considérer la statistique du monnayage. De 1816 à 1903 les frappes anglaises se sont élevées à :

£ 682 52 millions.

Soit 15 milliards de francs. 1.300 milliom france.

Contre, en France, 1795-1903, 9,e miUivds. 5,6 milliards.

Si, des frappes anglaises, on défalque les démonétisations on doit retrancher 69 millions £ : il reste 513 raillions £ ou 13 mil-. liards de francs. Mais nous savons que le stock monétaire anglais est loin de s'élever & ce chiffre. La diSérence entre le stock actuel et les frappes a été l'objet de refontes de la part soit des courtiers en métaux ou bullion dealers, soit des bijoutiers ou doreurs » qui prennent volontiers comme matière première le numéraire nouvellement émis parce qu'ils évitent ainsi les frais d'essais et qu'ils sont sûrs du titre* », soit surtout des Gouvernements étrangers qui transforment les souverains eo pièces françaises, allemandes, russes, américaines*... On voit qu'on ne peut demander aux frappes de donner sur le stock anglais un renseignement même approximatif.

■ Voir plat bas, p. 80 «I raiv.

■ De PoTÏUe, Be. Fr., 6 août 1904.

* Avi Élals-UDis toDl l'or étranger qui • pu entrer dans lei calisea publiques doit être immMatement refondu : 1898-1900, refonlea pour 700 nnllioiu da franci.

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. EDOUARD DOLLÉANS.

rëseotant eu elles-mêmes uae gr&ade eiactilude, les statislrs du moonajage' ne sont au point de rue du slock et de ses alions qu'uoe indication insuffisante et fragmentaire qui ne rrait élre complétée que par ces procédés d'informations larfaites que sont les statistiques douanières.

II. — STATISTIQUES COUBIHiBS DB U PEODUCTION ETDIi: LA COnSOUHATION IHDt'STBlELLE DKS MÉTAUX PBÉC(EUI.

I est un autre procédé d'évaluation indirecte destiné k faire arattre les variations du slock. Ce procédé consiste à faire traction du slock existant à un moment donné et à n'envisa-

que les accroissements que celui-ci subit chaque année du

de ta production réduite à son affectation exclusivement moure. La production, déduction faite de la ptrle par le frai et la consommation industrielle, est considérée comme reprélant l'accroissement annuel du stock et les variations de la duction, représentatives des fluctuations du stock, sont comèes aux variations des prix.

In peut adressera ce procédé uue objection préalable résul- 1 de ce fait que les statistiques du monnayage déco uvrent un ITre supérieur aux statistiques de production*. La frappe de

dépasse généralement la production des mines : en outre du :al neuf mis en œuvre dans les ateliers monétaires, certains Is refondent eux-mêmes leurs anciennes monnaies d'or soit ce qu'elles sont usées, comme la France, l'Angleterre, soit ce que le type en a été changé (par exemple : l'Autricbeigrie, le Chili). Dans bien des cas aussi les lingots apportés

hAtels des monnaies proviennent de pièces étrangères ou ivrages d'orfèvrerie qui ont été refondus. Si l'on tient compte a consommation industrielle pour la défalquer de la produc-

, il faudrait tenir compte aussi des ouvrages d'or et d'ai^t refondus sous forme de monnaie : si l'on déduit ce qu« la

Italistique gtn^Fal* du monnajag« d'aprèi la rapport de la Moaaaie amtri- ■-, 1880-1902 : Or, 4.659.900.000 dollart. Argsot, 3.173.600.000 dollan; soit an t-troU ans plus de 83 milliards pour l'oretprisda 16 milliards de fraDCB(Talear »ir) pour l'argent Rapport français, I9M, p. 359.

'ar exemple : 1880-1908. Or. Moana^age, 23 milliardt de fraacs et prodactioa, MliartU de francs.

DigilizedbyGoOgle

LA MONNAIE ST LES PRIX. 7f'

coasommalioo industrielle prend à la productioa, il faudrait ajoulerce que la coosommatioD industrielle rend à l'usage ino- . nétaite. Mais négligeons cette objection et considérons le double élément sur lequel repose ce procédé : les statistiques de production et l'évaluation du frai et de la consommation industrielle.

a) Statittiquet de production.

Nous renvoyons ici aux études dç MM. Brocard et Polier qui, pour l'or cl pour l'argent, feront des statistiques de production un examen critique. Sans entrer sur ce point dans le détail, nous devons constater qu'il existe, pour les statistiques de production comme pour les autres statistiques monétaires, des contradictions et des causes d'inexactitude : les chiffres donnés par la direction de la Monnaie américaine ne sont pas tous conformes aux évaluations directes des différents États. La statistique chiffre dans certains pays, non pas le poids net du métal fin, mais le poids brut des lingots inégalement affinés avec ou sans indication de leur richesse moyenne. De plus, souvent, les statistiques n'ont pas toutes de la production locale la même conception et ne distinguent pas les minerais indigènes traités dans le pays même des minerais indigènes exportés à l'état de minerais et traités dans un autre pays ni des minerais importés dans le pays considéré : d'où risque, pour la statistique, d'une omission ou d'un double emploi'. L'Allemagne, par exemple, jusqu'en 1896 était considérée comme productrice de plusieurs milliers de kilogrammes d'or alors que les mines allemandes n'en fournissent qu'une quantité infime : la statistique officielle comprenait dans ta production indigène l'or extrait par les usines du pays de minerais et lingots d'ai^ent aurifère importés sous la rubrique « argent »*. Le rapport de la commission améri-

< OmiiiioD, ai l'on n'enregistre qae l'or et l'argent «ilrtih >or place des minsrais indigbnea; doable emploi si i'on tient compte à )• fois dn métal conteon Ûta» les mioeraii indigineii exportas et du mitai conteon dans les mineFiis étrangers importés.

■ Rapport de rAdministration des moiinsiâs et médaillet, 1904, p. 230. Sur 2.57S kilogrammes d'or pur indiqués comme prodactian de l'Allemagne en 1903, il ne reste pas 100 kilogrammes, si l'on retranche la métal prédans tiré de minerais étrangers. Le même fait s'est produit en Au triche- Hongrie où la statistiqae ofSeielle accosa longten^s une production d'or de plasiears milliers de kilogrammes et d'une valeur de prés de 11 millions alors que les seules mines existant sur le ter-

EDOUARD D0LLËAN8.

caine' relève, pour t'arg;eDt, une erreur non moins singulière : la production de la Bolivie, qui se chiffre à 4 millions d'onces et qui traverse le Chili pour atteindre la mer, a été comptée deux fois, une fois en Bolivie et une fois en Chili.

Sous ces réserves, les statistiques do production n'en présentent pas moins une exactitude suffisante comme le montre ce tableau permettant de comparer trois statistiques de la production dé l'or entre 1892-1901.

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