CHAPITRE PREMIER
Lea index «yaDl ponr objet de meeurer les \-art«tlo&B
du coat de U vie et le principe
de la représentai Ion proportionnelle.
Les systèmes de représeatattoD proportioDnelle attribuent [ diSërentea marchaadises ua coeTGcieDl correspondant à ir importance dans le budget ou dans la consemmatioa génée : moyennes budgétaires et moyennes graduées reposent sur même principe et s'opposent par là aux moyennes générales; ilement ce principe a une portée plus restreinte dans les sysles des moyennes budgétaires, puisque celles-ci sont limitées i différents articles du budget d'une classe sociale et sont en dite un système de cuefâcients de classe.
.. — Moyennen budgétàiret on systiino do roprésentatioa proportionnelle limitée.
Le système de l'indice unique précède logiquement le système ; moyennes budgétaires dont on peut dire qu'il contient le rme. Le produit qui a été pendant longtemps réièment essen- I de la nourriture et du budget de la plus grande partie de la pulation, le blé, a servi d'indice des variaiions du coût de la :; sa consommation et son prix de revient paraissaient présenune assez grande stabilité. Mais ce système d'indice unique lé abandonné parce qu'on a reconnu que le prix du blé n'offre ; le caractère de stabilité désiré : autrefois, local, il variait lucoup dans l'espace; aujourd'hui, mondial, il varie trèssenilemenl dans le temps. Le blé n'occupe plus dans l'alimenioD une place aussi importante que jadis : la mesure des
variations du coût de la vie a été demandée, oon plus aux variations d'un seul article du budget, mais à celles des différeuts articles qui forment la dépense habituelle des familles d'une certaine classe.
Obéissant à la logique de l'idée qui avait fait choisir le blé comme indice unique, on s'est servi des monographies de familles pour établir des moyennes où les différents articles çnirent avec un coefficient proportionnel à leur importance dans le budget d'une certaine classe de la société. Préconisé en France par M. de Foville' et mis en application en Amérique par le professeur Palkner, le système des moyennes budgétaires doit être examiné dans son principe, dans sa mise en pratique et dans ses résultats.
Au point de vue théorique, le système soulève une objection de principe, il suppose Uses des consommations qui varient justement sous l'influence des variations de pris *. Les conclusions qu'on peut tirer des moyennes budgétaires n'ont qu'une portée restreinte qui ne s'étend pas au delà de la classe d'individus et de familles dont les budgets ont servi de base aux calculs. Ces moyennes sont limitées & un nombre trop restreint de marchandises et donnent une trop grande importance aux objets d'alimentation pour avoir une signilication générale au pointde vue du mouvement des prix et des variations de ta valeur d'échange de la monnaie.
Au point de vue pratique, la méthode budgétaire a démontré les difficultés d'application du principe de la représentation proportionnelle. Elle a été l'objet d'une expérience de large envergure en Amérique : ce sont les index numbers contenus dans le rapport du sénateur Aldrich et dressés par les soins du professeur Falkner, index indiquant de 1 860 à 1891 les variations générales des prix de 223 articles par rapport à l'année 1860'.
• De PoTiJIe, ArtieU Prix dam le N, Dict. £ économie poUHqua.
* Avp«Ut, Euai iwr la théorie générale de la monnaie. Guillaumia, 1901, p. 24«.
' R«port bj M. Aldrich from tho commillcu on finance March. 3, 1893 et Bulletin of Department of Labor, n« 17, March. Washington, I90O. Ces indei ont «6 continués jnsqa'i 1890 par le professeur Falkner et pabliés dans le Bulletin pricité (ta période de base est la moyenne des prix trimeatriels de janvier 1690 k janvier 189!).
10 Sdouard dollèans.
Ce» index doonealdeux moyennes, une moyenne arithmétique simple et une moyenne graduée et permettent de comparer les deuT méthodes. De cette expérience, qui avait porté sur 2.561 budgets de famille établis par le commissaire du travail américaia, on peut tirer un triple enseignement : les diTticultés que rencontre la mise en pratique du principe de représentation proportionnelle, la prépondérance accordée aux objets d'alimentation dans les moyennes budgétaires, enfin la similitude de résultats que présentent les moyennes arithmétiques simples et les moyennes budgétaires.
i) La méthode budgétaire est d'une pratique difficile. Dans l'expérience instituée par le professeur Falkner, le prix de chaque article devait recevoir un coefficient proportionnel à son importance dans les budgets de famille. Ce principe put être appliqué pourla nourriture; mais, pour les autres chiffres de dépense, il fui nécessaire d'assigner à certains prix des coefHcienls arbitraires. On était obligé de combiner et de grouper les cotes de prix pour les ajuster aux chiffres de dépenses. Pour adapter aux prix les articles de dépenses, on était obligé de recourir à des hypothèses purement gratuites. Le loyer par exemple occupe une large place dans le budget; mais, dans le chiffre de celle dépense, quelle part assigner aux briques, au bois, au verre'? A quels produits attribuer les dépenses non individualisées el inscrites sous le titre de : divers? On fit une double supposilton : on présuma que la moitié de ces dépenses diverses avaient été affectées à l'achat de marchandises; on imagina que ces marchandises qui avaient fait l'objet d'un achat direct se trouvaient justemi'nt être les produits qui n'avaient pas déjà trouvé place dans les articles de dépenses budgétaires. On donnait ainsi au prix de ces produits, dont on ne pouvait suivre la trace, une importance égale & la moitié de celle que les dépenses diverses avaient dans le budget de la famille. Cette catégorie de mar< chandiaes comprenait les métaux, instruments et outils, les médicaments et produits pharmaceutiques, les meubles et les matériaux de construction. On voit combien d'hypothèses et de conjectures arbitraires présuppose la mise en application de la mé-
1 Tauuig, RetuUa of Reeent inveitigatiotu onpricii în United Stata {ButUtin de Tlmtitut international de itatiatigve, t. VUI, p. 22, 1895).
LA MONNAIE ET LES PRIX. 1i
thode budgétaire. En l'espèce, on ne put faire entrer en ligne de compte que 68,6 0/0 des dépenses budgétaires.
2) L'importance exagérée que prennent dans tes moyennes budgétaires les articles d'alimentatioa mérile aussi d'attirer l'attention, parce qu'elle donne à l'index une signification particulière et limitée. Dans les budgets dont s'est servi le professeur Falkner pour établir les moyennes graduées, la nourriture forme 40 0/0 de la dépense totale : le coefficient d'importance des objets d'alimentation s'élève donc à près de la moitié, et c'est par l'importance du facteur alimentaire que le professeur Taussig explique la différence existant entre la moyenne simple et la moyenne budgétaire avant 1860'. Ces budgets étaient ceux de familles ouvrières. Dans les autres classes de la société, la hausse du prix des aliments aurait une moindre importance et pourrait être contrebalancée par la baisse du prix d'autres articles. Les moyennes budgétaires pourront par suite indiquer une hausse du coât de la vie, tandis que les moyennes arithmétiques simples ou même les moyennes graduées, dont les coefficients seront empruntés non aux budgets de famille, mais à une appréciation de l'importance de chaque article dans la consommation générale de la communauté, indiqueront une baisse. Les résultats de la moyenne budgétaire ne sont exacts que pour la classe de la société envisagée et sont erronés si l'on considère la collectivité : même en se plaçant au point de- vue social des variations du coût de la vie, cette méthode n'a qu'une portée resireiole.
3) L'expérience américaine permet de comparer les résultats des moyennes simples et ceux des moyennes budgétaires dont voici le tableau :
Ajinéos, Uorenna irlth. Hojaima bodgdlklra.
Simple.
tSit H5,8 98,1
t Tauisig, Of. ett-, p. 27. La majeane budijâUire étaïl alors plus ba*M que l'autN ; mai* apr^ celte époque elle s'est relsvfe par suite de la haussa des ■FtJctes d'alimentation qai se produisit aussi bien en Europe qu'en Amérique comme le montre M. Bieaajmé : Le coût de la vie à ParU à différente* epoguti {JowrmU de la too. dt Statittiq\te, 1895).
EDOUARD DOLLËANS.
,yGoog[c