‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 82 sur 238 · C.-S. - UO» POLIER · texte numérisé non relu

C.-S. - UO» POLIER

f74 lBon pourr.

après la Dourelle cbute de 1897 qui est pins profonde el qui paraît définitive.

Mais l'eff'et iacooteslable de ces Termetures saccessÎTes qai font disparaître des exploilatioDs où l'aident seal était produit, pour laisser au coolraire subsister les exploitations mixtes, est de rendre plus étroite la liaison des chiffres de la produclioD d'argent et delà production de plomb. t)t si cette liaison disparaît i l'œil sur le tableau graphique, c'est que la diminution absolue de la production argent vient en contrarier la manifestation.

En d'autres termes, tandis que la courbe du plomb continue sa marcbe ascendante, la courbe de l'argent se trouve subir un affaissement momentané, parce que l'élémenl composant de celte courbe donné par tes mines d'argent proprement dites se trouve fortement réduit. Mais la liaison entre la production de l'argent et celle du plomb existe cependant toujours en puissance. Des symptômes révélateurs en existent dans les deux dernières années de nos courbes: J 899 marque une légère dépression commune et 1900 une reprise. Nous n'avons malheureusement pas pu nous procurer les chiffres de la production ploinbifère pour les années suivantes.

Si nous considérons maintenant la production de l'argent dans ses rapporls avec la production du cuivre aux Elats-Unis, nous serons loin de découvrir des symptômes aussi précis d'un rapport de dépendance que pour le cas de l'argent et du plomb. A vrai dire même nous ne trouverons dans le rapprochement des courber, en dehors de leur corres|iondance ascensionnelle, aucune de ces carariéristiques qui permettent avec quelque certitude d'affirmer l'existence de rapports entre deux phénomènes. Gela n'a rien d'ail leurs, en l'espèce, qui doive nous surprendre. La production du cuivre jointe à celle de l'argrnt est beaucoup moins abondante et moins fréquente que celle des plombs argentifères. D'après le tableau que nous avons donné plus haut (V. tableau VI) l'argi-nt exlraitdes minerais de cuivre n'entre dans le chiffre do la production argentifère totale des l^lats-L'nis que dans la proportion de 22,1 0/0, en 1902, tandis que l'argent extrait du plomb donne 48,8 0/0. Ces proportions s'abaissent même à 21,8 0/0 pour le cuivre, coutre .*)0,8 0/0 pour le plomb en 1900, el à 10,2 0/0 pour le cuivre, contre 40,6 0/0 pour le plomb en 1891. La rapport, très faible il y a treize ans, tend donc à augmenter

L4 PRODUCTION DE L'iRGBNT. 275

au béaédcedu cuÏTre, mais il est encore beaucoup moins important que celui du plomb à l'argent.

Aussi avons-nous le graphique suivant :

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!76 lEon poliek.

La comparaison graphique de la production de l'argent et de la productioD du cuivre dans le monde ne donne aussi que dès concordances 1res générales et peti ou pas de caractérisUques. II est d'ailleurs logique qu'il en soit ainsi, car la proportion du cuivre et par conséquent de l'argent extrait des pyrites cupri-

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fères est beaucoup plus importante aux États-Unis que dans aucun autre pays du monde.

Mais si l'on revient, au point de vue mondial, au rapprochement des courbes de la production argentifère et de la production plombifère, on constate de nouveau, comme dans le cas du tableau graphique similaire se rapportant ù la production des Ëtats-Uois, que les coicordances de ces deux productions sont

LA PRODUcmON D

révélées par un certain nombre de caractéristiques assez précises.

C'est ainsi que, en dehors de raccroissement simultané général des deux productions, on peut remarquer de 1889 à 1890, un large alTaissement de la production du plomb correspondant à une pente plus adoucie de la courbe ascendante de l'argent; en 1892 cl 1893, un sommet commun suivi d'une cliute commune en 1894. Après cette date, le même phénomène de la stabilisation relative de la production argent, tandis quese poursuit l'ascension de la producliou du plomb, se reproduit pour les chiffres mondiaux comme pourceux des Ëtats-Uois. La raison en est la même. L'effondrement des cours de l'arf^ent ayantdù produire des fermetures de mines d'argent proprement dites, celte diminution de production vint contrarier la marche ascendante de la courbe qui, toutes choses égales d'ailleurs, aurait sans doute continué à suivre celle de la production du plomb. Du reste, les années 1898, 1899 et 1900, nous donnent les traces peu douteuses d'un synchronisme assez marqué entre les deux productions.

Malgré tout, cependant, il est incontestable que le parallélisme de la production de l'arçent et de celle du plomb est beaucoup moins saisissant en ce qui concerne la production mondiale que pour celle des États-Unis. Sans doute cette concordance moindre s'explique par l'intervention, lorsqu'il s'agit de chiffres globaux, des quantités d'argent produites à titre principal comme au Mexique et dans l'Amérique du Sud et vraisemblablement aussi par des chiffres moins sûrs.

Malgré qu'il ne soit guère plus possible de douter qu'il y ait entre la production de l'argent el celle du plomb des rapports extrêmement étroits, nous pouvons encore essayer de saisir ces rapports par un troisième moyen qui est : le rapprochement des prix de l'argent, des prix du plomb, et de ceux du cuivre, et l'élude de leurs variations respectives.

Or, celte nouvelle expérience va nous donner une confirmation tout à fait frappante de l'hypothèse.

Considérons, en effet, le diagramme ci-joint qui traduit en

courbes graphiques tes variatious des prix de l'argent, du plomb et du cuivre. Il est impossible, à partirde 1875, moraeot où commeuce, gr&ce à la démoastratioa de l'argent, un régime de libre établissement de ses cours, de n'être pas frappé par le synchronisme de ces courbes.

On y distingue en particulier les caractéristiques suivantes :

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Relaliou des prii d* l'i^enl, do plomb <t du Nilire.

1" Les années 1880 à 1882 qui sont des années de hausse con- . sidérable du plomb et du cuivre, sont aussi des années de relèvement ou de soutien des cours de l'argent qui interrompt momentanément sa chute; ^

2' Les années 1882 à 1885 donnent un fléchissemenlsimullané pour les trois métaux.

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280 LÉON POLIKK.

3° L'année 1890 marque un sommet commun pour les trois métaux'.

4' A partir de 1890 on conslale une dépression commune Irès profonde qui atteint son maximum en 1894 et qui est suivie d'un relèvement commun. Toutefois, l'argent ne suit ce relèvement des cours du plomb et du cuivre que d'une façon secondaire. Il est entraîné par un mouvement général d'aiïaissemenl. Maison verra, à la fin de cette étude, que le priii de l'argenl, dans ses variations principales parait obéir aux influences d'un autre facteur, — la production de l'or, — et que seules ses varialioDs secondaires sont en relation avec les cours des métaux dont il est un produit complémentaire ou un sous-produit. Or, cette influence de la production d'or s'est faît'sentir surtout à partir de 1890, et voilà pourquoi, après 1894, l'argent ne suit que de loin, et comme en sourdine, les relèvements du plomb et du cuivre.

Pour rendre, au reste, encore plus évidentes, et indéniables les relations qui existent en Ire les cours de l'argent et ceux du plomb, nous donnons encore un tableau graphique des variations menstielles des prix de ces deux métaux de 1895 à 1901. On verra que la liaison est presque absolue et rigoureuse. '

Le mouvement propre de la courbe de l'arg'ent se fait dans le sens d'un fléchissement particulièrement visible, sur ce diagramme, de juin 1896 à septembre 1897. Il faut en faire abstraction: Il apparaît alors que les oscillations de Ja courbe des prix' du plomb sont suivies très exactement par la courbe des prix de l'argent, acec un léfjf.r retard.

Ces constatations sont intéressantes. Elles sont d'autant plus à retenir qu'elles s'opposent à une tbèse que j'ai vu exprimer à deux reprises et qui provient moins de l'observation des faits que d'une conception a priori séduisante, mais radicalement fausse*.

' La brusque Tsrialion des cours de cuiïro on 1888^ n'est pis suivie par l'argent parce qu'elle a pour cause un mouvement arliSciel et l'oudrojaut d« spéculalion (S;ndicat de! cuivras de Secrâtan).

* V. Report on the InlroducUon of Ihe Gold- Exchange Standard into China and other sUver-uning countriea (Commission on intemalional Ëichange). ■Washington, 1903, pp. 121 et s,, et aussi Estudia aobre la plata en nu relacionei cou los lUUmoi moneiarios por la comùion mexîcana de eambios intfrnationaltt p. 20 et tableaux tS et 47.

l.A PRODUCTION DE I.'aRGENT. 281

Voici comment on l'énonce : A mesure tjue le prix de l'argent est allé en s'abaissanl, \es prix des métaux produits en connexion avec le métal blanc soilt allés en s'élevant continuellement. Ainsi, par exemple, dans une eiploifatiou qui produit en même temps du cuivre et de l'argent, si le prix de l'argent tend ft baisser, celui du cuivre tend à hausser, et réciproquement. Si les prix du plomb, du cuivre et du zinc, ajoute-t-on, n'étaient pas aujourd'hui plus hauts qu'auparavant, il est probable que la production de l'argent n'aurait pas pu se maintenir, par suite de l'impossibilité où auraient été les exploitations de faire leurs frais.

Et, à l'appui de cette thèse, pour montrer la marche ascensionnelle des cours des trois métaux argentifères, on produit le tableau suivant :

Tableau Xi.

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