‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 81 sur 238 · S.0TO · texte numérisé non relu

S.0TO

Si l'oo veul comparer l'importance des deiii productions par leurs valeurs respectives, on s'aperçoit que, aui cours mojeos correspondants, le semestre se terminant au 30 novembre 1899 donnait environ 7.800.000 francs, aussi bien pour le plomb que pour l'argenl. Pour le semestre se terminant au 31 mai 1903, on obtenait 7.000.000 francs environ pour Pargent et 9.100.000 francs pour le plomb. On voit donc que l'argent ne peut, dans cette exploitation, être considéré comme produit è titre princi* pal, et que son importance tend même à diminuer au profit de celle du plomb.

Dans les deux autres provinces australiennes productrices d'argent (Oueensland et Tasniaoie), celui-ci se trouve presque toujours sous forme de cuivre ou de plomb argentifère. Le plomb est toujours en quantités considérables. Au Oueensland, une seule mine (The Silver Spur Mine at Texas) dans le district de Slanthorpe mérite proprement le nom de mine d'argent. Toutes les autres ne produiseQt lo métal blanc que comme sous-produit de l'or ou du cuivre*. Encore même faut-il remarquer que dans la Silver Spur Mine at Texas, la production se composait comme il suit pour l'année 1902 : 77.399 onces d'argent, i 1 1 onces, d'or, 44,25 tonnes de cuivre et 50 tonnes de plomb'. La va-

1 Hrport of U,e DirtcloT of the Mini. Wssbinglon, 1903, p. 279. * /i'jiort of the Dirfctor of Ihe Uint upon the Production of ihe preûou* MeCaU. Washington, 1903, p. 878.

' Ibid.

LA PRODUCTION DE l'aRQENT. 271

leur, au cours de l'année donnait environ 190.000 francs d'argent et 96.000 francs pour les autres métaux.

Il parait donc exact de dire que tout l'argent australien est produite titre de produit complémentaire ou de sous-produit; et ici encore, les évaluations du tableau IV paraissent avoir attribué une place plutôt excessive h la quantité d'argent extrait comme produit principal.

Nous serions donc vraisemblablement amené à la même conclusion en ce qui concerne les autres principaux pays producteurs d'argent si nous étudiions les éléments de leur production. Mais les renseignements statistiques nécessaires nous ont fait défaut.

2° Étude synthétique des courbes.

L'analyse attentive des éléments statistiques dont nous avons pu disposer, nous a amené à la conclusion que les évaluations de la commission monétaire mexicaine, en ce qui concerne le chiffre de la production de l'argent à titre complémentaire ou subsidiaire, étaient assez vraisemblables et plutôt inférieures à la réalité. Pour le Mexique, nos inductions nous ont fait douter de la possibilité d'admettre que la moitié eoviron de la production argentifère fût due ù des mines donnant exclusivement de l'argent Pour les États-Unis le chiffre de 5.000.000 d'onces attribué à la production exclusive de l'argent parait aussi exagéré ; des renseignements personnels qui m'ont été fournis par l'Américain Smelting and Refining Company sont beaucoup plus catégoriques et affirment que la production de l'argent à titre de produit unique n'existe plus aux États-Unis, le prix de l'argent n'étant plus assez rémunérateur pour en permettre le traitement.

iMaiss'il en est ainsi, il doit y avoir entre la production de l'argent et celle des métaux auxquels il se trouve le plus communément uni, une liaison statistique très étroite. Celle-ci doit setraduire, dans une interprétation graphique des chiO'res des productions parallèles de ces métaux, par un synchronisme plus ou moins accentué des courbes de l'argent et des autres métaux (plomb et cuivre). Et nous sommes, par conséquent, en possession d'un instrument de vériGcation synthétique de l'exactitude de DOS recherches antérieures.

Nous alIoDs donc successivemeal tracer les courbes ai^eol et plomb, argent et cuivre, pour les Étals-Uais d'abord, puis pour la production mondiale.

Les productions comparées de l'argent et du plomb aux États- Unis depuis 1860 donnent le tableau graphique suivant :

ei

in de l'ugcDt u pimliKtiiia di

>u ëult-Uaii. Sis

On ne peut manquer, dans l'ensemble, d'ôtre frappé du parallélisme étroit de ces courbes au moins jusqu'en 1896. Dès le premier abord, la corrélation entre les deux- productions apparaît avec une grande nellelé. Il est bon toutefois de serrer d'un peu près l'inleprétalion de ces données grapbiques. Cinq caractéristiques essentielles peuvent être dégagées : 1° L'ascension rapide et décisive des courbes de la production argent et plomb commence simultanément vers 1870. Or, il con-

LA PRODUCTION DE l'aRGBNT, 273

vient ici de rappeler que c'est vers cette époque que s'ialroduisent ou que se répaodeat dans la métallurgie de l'ai^enl les procédés perfectionnés d'extraction tels que pallinsonnage mécanique et zingage. Cette ascension simultanée constitue donc à la fois une preuve de l'influence de ces procédés nouveaux sur la quantité d'argent produite et sur la liaison désormais plus étroite entre la production de l'argent etcelle du plomb, grâce à la possibilité d'extraire l'argent des minerais plombeux à très faible teneur.

2° Après un léger palier commun aux deux courbes et coupé de quelques perturbations non concordantes de 1875 à J880, une reprise très nette et simultanée se produit pour les deux métaux en 18S0.

Z" L'année 1892 marque pour les deux courbes un sommet commua très remarquable, car il est précédé et suivi de deux mouvements decroissanceet de décroissance très rigoureusement liés.

4° Après la chute postérieure à 1892, qui atteint son point le plus bas en 1894 pour l'argent et en 1895 pour le plomb, une reprise commune se produit, mais que l'argent ne suit que jusqu'à 1896.

5° A partir de cette date, en effet, le parallélisme cesse. La production du plomb continue à se traduire par une courbe très rapidement ascendante; la courbe de l'argent au contraire oscille faiblement autour d'un axe horizontal. Voilà qui paraît compromettre assez gravement la thèse de ta liaison des productions argent et plomb, et par suite, la thèse plus générale et plus importante de la prédominance de la production complémentaire ou subsidiaire de l'argent.

H n'en est rien cependant. A notre avis, au contraire, cette divergence graphique momentanée renforce la thèse en question.

Quelle peut être, en effet, la cause de cet arrêt dans la production de l'argent aux États-Unis? Pour l'expliquer, il faut sans aucun doute se reporter à la courbe des prix de l'argent {V. Diagramme, p. 290). On y verra que les années 1890 à 1894 marquent une chute terrible de la valeur de l'argent. Un certain nombre de mines d'argent proprement dites durent donc se fermer. D'autres fermetures encore suivirent et en plus grand nombre

Page 1