‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 86 sur 238 · SU · texte numérisé non relu

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Ce ûécliissement des prix de l'argent, que l'on peut même faire partir de 1862 {V. Tableau Xlll), simble donc coïncider assez exactement avec le mouvement ascensionnel de la production argentifère. El l'on est tenté de passer facilement de cette coïncidence à la conclusioa qu'un rapport de causalité existe entre ces deux phénomènes.

Ceci ne peut toutefois être qu'une hypothèse dont la vérification minutieuse s'impose. L'existence de ce rapport n'apparaît en vérité à la lecture du tableau qui précède, comparée avec celle du tableau de la production, qu'avec un caractère assez général et assez grossier. D'autres faits peuvent peut-être expliquer la chute des prix ; et le parallélisme de la production et des prix peut n'être pas aussi étroit qu'il semble.

Il importe cependant d'être fixé sur les causes de ce phénomène capital de l'histoire monétaire. Le jugement théorique et pratique qu'il conviendra de porter sur la controverse bimétalliste en dépend. Une réponse exacte à la questioa des causes de la dépréciation de l'argent donnera, en même temps quedes pronostics certains sur le sens de l'évolution monétaire, le moyen déjuger si ces causes sont de celles sur lesquelles pourraient agir les différents remèdes proposes jusqu'ici par leshimétallisles.

LÉON POLIER

DaDs sa forme la plus simple, la croyance & l'eiistence d'iio liea entre la production el les prix de l'argent s'affirme par celte proposition absolue : L'accroisi^fment de la production argentifère est la cause de la chute des prix de l'argent.

Or, ceci s'interprète de deux manières : l'accroissement de la production de l'argent peut être envisagé, en effet, ou bien par rapport k l'accroissement de la production de l'autre métal précieux étalon de la mesure des valeurs, ou au point- de vue absolu. Il faut, au surplus, remarquer que la première interpréta- (ioD serait la plus significative et la plus rationnelle. Car, pour deux métaux précieux qui servent d'étalon de mesure des valeurs, les variations de valeurs ne peuvent être, pour chacun d'eux, saisies ou que par rapport aux valeurs de l'ensemble des marchandises échangeables, on que par rapport à la valeur de l'autre métal étalon. b)l le rapport des valeurs de ces deux métaux étalons doit évidemment varier comme le rapport de leurs quantités, s'il y a vraiment ud lien entre la production et la valeur'.

Il est vrai que l'argent, surtout depuis qu'il a perdu dans un grand nombre de pavs la qualité d'étalon monétaire, peut être considéré par rapport à l'or comme une simple marchandise ordinaire dont la valeur peut être influencée par la production, et c'est alors l'accroissement absolu de la production de l'argent qui devra être envisagé dans ses rapports avec la valeur de ee mêlai.

Examinons tour à tour la baisse de la Valeur de l'argent à ces deux points de vue :

A. — lin premier lieu, en ce qui concerne le rapport do production des deux métaux, il est absolument frappant qu'iln'y ait qu'une corrélation assez faible entre les variations de ce rapport et les variations du rapport de leur valeur.

On peut voir, en effet, d'après le tableau ci-contre (tableau XIY) que malgré l'accroissement énorme de la production de l'argent, lu rapport de cette production à celle de l'or était en 1902 à très

' BciuLgiiin, De h wsitre di ht vuleitr{tlev. d'.'con. pnlitiqui. t. X, p. 703).

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Tableau XiV.

Rapports des productions de l'Or et de l'Argent.

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