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III. — Les causes

Quelles sont les causes de la baisse de l'argent?

La recherche deces causes a été malheureusement influencée par les questions de politique monétaire : il est certain que l'attitude même des partisans du moaométallisme et du bimétallisme était bien faite pour en fausser l'étude et pour faire tirer des conclusions a pnon nécessaires pour justifier l'un et l'autre système.

Pour les bimétallisles, k politique monétaire était naturellement la seule cause de la baisse de l'argent; ne fallait-il pas démontrer ou mieux affirmer qu'elle provenait de ta fermeture au métal argent des hôtels des monnaies, pour mieuxassurer ea-

1 M. Vjibierde [Projet de lai pour rigulariser et améliorer le change extérieur pour procurer le rétablissement de la circulation et delà libre frappe de U monnai< d'or) donne le chiffre légèrement différent de

10t7.15*.200 peseua:

326 B. RAYK&UD.

suite qu'avec ud retour au double étaloo la baisse serait défialtivement enrayée.

Pour les moQomélaUisteB au contraire, la cause du pbénomèae qu'oD voulait combattre était uoe caasc toute oaturetle, la surproduction âel'argeat : dès lors il élait biea inutile délester quoi que ce soit pour essayer de s'opposer à la dépréciaiioti économique de l'ai^eat et à l'appréciation croissante de l'or.

C'étaient là des nécessités vitales de la lutte des partis : nous renverrons ici monométallistes^t bimétatlisles dos à dos en vantant surtout demander aui faits une réponse, sans la chercher d'abord ailleurs, dans des considérations de système, pour la leur imposer ensuite.

Au seul point de vue de l'observalion des faits, il y a lieu de se demandera quoi peut tenir cette baisse continue et progre»sive de l'aident : les métau\ précieux obéissent comme tontes les marchandises au jeu de l'offre et de la demande, avec de notables particularités cependant qu'il importe de rappeler.

Les prix d'une marchandise quelcooque sont soumis à l'action de deux causes : le coût de production, l'offre et la demande. Or pour les métaux précieux le coàt de production n'agit sur leur valeur qu'à travers l'offre e1 la demande. 11 est nécessaire d'insister quelque peu sur cette démonstration théorique qui nous permettra plus loin dans l'analyse des causes de ta baisse de l'argent, d'éliminer l'influence du coût de production.

Les métaux précieux en effet, si l'on se place au point de vue du producteur, sont seulement consommés par la frappe : or celle-ci offre au producteur uo-déb»uché constant et &ur lequel le coât de production ne saurait influer : quelque soit en effet le prix de revient du kilog;ramme d'or, le producteur en faisant monnayer ses lingots, obtiendra toujours une même somme constante.

Pour l'argent, la situation est exactement la nvème, tant ^ue la fraippe en reste litu-e :

H n'y a donc de difficulté que pour les producteurs d'ai^enl d'un pays dans lequel la frappe est suspendue.

Ici sans doute le même raisonnement pourrait s'appliquer étant donnée la ressource que les producteurs d'argent ont de s'adresser aux pays qui restent encore ouverts à l'aident ; mais la raréfaction de la demande même pour un pays se traduira

LA BAISSE DE L UtOQJT VI9-A-VIS DE L OR. 3J7

^r Qoe diiniDatioD de la production. De plus, et c'est là la pnndpale raison, le coût de production de l'argent s'est plus aujourd'hui le plus souvent que l'accessoire des frais de production d'uD autre métal, l'argent n'apparaiasanl plus (\ae comoie HO sou5-produi(.

Pour ces diverses raisons, il peut donc sembler légitime de négliger l'influeDce du coût de producUon qui n'intervient dans la valeur da métal qu'à travers l'offre et la demande'.

C'est d'ailleurs ce que M. Raphaël-Georges Lévv n'hésite pas k admettre :

a L'or ayant chee la plu part des peuples one valeur uionétaire iie.n'a pas à propreoienl parler de cours; les mines d'or travaillent si leurs frais d'extraction sont inférieurs à 3.444 francs par kileg, rendu à l'Hôtel des monnaies ie plas proche, et fermnt s'ils sont supérieurs.

Les mines d'argent doivent bien agir de même, si leurs frais d'extraction dépassent le cours du jour; mais, enfermant, elles diminuent l'offre et ont donc chance de voir au bout de quelque temps le conrs se relever de façon à leur permettre de reprendre nne exploitation iructueuse, jusqu'à ce qu'un aoavel excès de production entraine une baisse ultérieure qui arrête encore nne fois leur activité. •

Les cours de chacun des deux métaux' dépendent donc de l'offre, qui est ici représentée non pas exclusivement par ta production annuelle mais par le stock aatérieur existant et 4e la demande qai comprend k la lois les emplois monétaires et les emplois industriels ; la baisse <le l'un d'eux peut donc tenir soit à la surproduction ou plus exactement à un accroissement de production, soit k une dimioutioD de demande, par restriction de l'emploi mo«élaii-e.

Il faut d'ailleurs remarquer tout de suite que ces deux causes sont solidaires et qu'elles agissent réciproquement l'une sur l'aittre, pour corriger leur action réciproque.

Ainsi la diminution de la demande monétaire agit trèscerlaiaeraent sur la production de l'argent et tend à la restreindre : on pourrait apporter de nombreux faits à l'appui de cette aflîrina-

' Congrts inlernaliowJ des valaurs motùliâres, t. 3.

* Pour toot ce qai conc«ra« les rapports des satlaux prtcUoK sieu lei mareliBndiaes, noua renvojona à l'étud« de M. E. Dolléans.

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