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VI. La chronaxie en physiologie et pathologie humaines

1° Technique.

M'appuyant sur les travaux et les beaux résultats de Lapicque, confirmés par les travaux de Keith Lucas, j'ai cherché à introduire en médecine la mesure de l'excitabilité par la chronaxie, en utilisant les décharges de condensateurs, dont la manœuvre est beaucoup

plus facile et plus rapide que celle des appareils utilisables avec le courant galvanique, tels que le pistolet de Weiss, appareils qu'on

LA CHRONAXIE

désigne du nom de « Rhéotomes balistiques ». Quelques tentatives avaient été faites par Doumer et Cluzet avec les condensateurs, mais n'avaient pas donné de résultats incontestables. Rien de nouveau n'était sorti de ces premières recherches.

Dès le début de mes recherches, il m'apparut que les conditions dans lesquelles se plaçaient Doumer et Cluzet, comme Hoorweg d'ailleurs, c'est-à-dire les conditions ordinaires de l'électrodiagnostic, étaient mauvaises à cause des variations de résistance du sujet, déterminées à la

A Condensateur a mF mf\

capacité variaùle(0,0Jë50

110OOu ou

6000UJ Sujet et E Lee t rode s

Fig. 10. — Schéma de montage pour la mesure de la chronaxie avec les décharges de coudensateurs chez l'hotnme. — Commutateur à deux directions : Position A de la fiche (représentée sur la figure) ; fermeture et ouverture du courant continu. Position B : charge et décharge des condensateurs

fois par la valeur de l'intensité et parle temps du passage du courant. J'ai donc commencé par chercher à étudier la résistance du sujet, et j'ai vu que toutes lesjmesures de résistance à l'aide du courant galvanique étaient illusoires et ne pouvaient servir pour les ondes brèves ' . Aussi je suis arrivé à rechercher, non la manière de connaître cette chose insaisissable qu'on appelle d'un très mauvais mot, la résistance du sujet, mais la manière de l'éliminer.

J'ai employé le montage de Lapicque, en modifiant simplement la valeur des résistances. Je constitue un circuit dérivé en mettant

1. G. Bourguignon, Soc. de Biologie avec la collaboration de Barré). 17 octobre 1914. Journal de Radiologie et Electrologie, mai 1915. Acad. des sciences, 14 février 1910.

158 G. BOX Iti.l K, VO \

H).(HH) w dans l'une des branches de la dérivation, le sujet et 1 l.(KK) <-) en série avec lui dans l'autre branche de la dérivation, et 4.000 w en série dans le circuit général (voir 6g. 10.) ' avant la bifurcation. La résistance en série avec le sujet peut être abaissée à 0 000 W quand le seuil galvanique est trop élevé ; mais c'est la valeur minima compatible avec une précision suffi santé.

Le circuit ainsi constitué a une résistance sensiblement constante, quels (pie soit le sujet ou la région examinés : sa valeur moyenne est de 10.500 m. Le voltage dont il faut disposer est plus élevé que dans les procédés classiques. Il faut au moins disposer d'une source de 200 v. Je me sers d'électrodes impolarisables2.

La mesure de la chronaxie est des plus simples. On cherche le seuil galvanique, en volts : on a ainsi la rhéobase. On double le voltage rhéobasique et on cherche la capacité qui donne le seuil avec le voltage rhéobasique doublé. On connaît ainsi la capacité C" qui correspond à la chronaxie.

Pour calculer la chronaxie en fraction de secondes, on peut employer une formule plus simple que celle de Lapicque. En effet, la résistance R étant constante, on peut se contenter de multiplier la capacité chronaxique par un coefficient bien choisi. En exprimant la capacité en microfarads au lieu de l'exprimer en farads, on voit, en appliquant la formule de Lapicque, que 1 microfarad correspond à une chronaxie de 0*004.

: = RC: X 0,37

On peut donc simplifier la formule de Lapicque et écrire :

Si le seuil galvanique est trop élevé, dans certains cas pathologiques, pour qu'on puisse doubler le voltage, on cherche la capacité qui donne le seuil avec le voltage maximum dont on dispose, soit 200 v, et on calcule la capacité chronaxique par la loi d'Hoorweg.

En effet, Ct

De CY — a -|- bc on tire

a = CV - bC = C (V -

(1 OU . = j '-

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