LES VARIATIONS DU TAUX DE L'URÉE DANS L'ETAT DE MAL ÉPILEPTIQUE
Au cours des recherches (pie nous avons faites en collaboration avec le Dr Rodrigue/, (de Barcelone) sur les variations du taux de l'urée dans l'Épilepsie, nous avons été amené a étudier comment se comporte le taux de ï'azotémie dans l'état de mal épileptique.
L'étude des variations biologiques de l'urée envisagée dans ses rapports avec les crises d'Épilepsie, a fait l'objet denombreux travaux Nous citerons surtout le mémoire de Krainsky, ceux d'Allers et Rohde, et surtout un important travail d'Ohregia et l'iechia. Depuis lors, MM Dufour et Semelaigne ont étudié, dans une intéressante observation clinique, l'n/.otémie qui précéda chez une de leurs malades la crise épileptique. M.Sicard n'a pasobservéune augmentation t\u taux de l'a/otemie dans lesjOUTSOU les heures qui précèdentl'éclosiondela crise convulsive, Signalons encore que pour MM. Laurès etGascard la rétention de I urée dans le liquide céphalo-rachidien serait un élément de diagnostic entre l'Epilepsie et
TU vstéric.
Les conclusions de nos recherches avec M. Rodriguez ne nous permettent pas de confirmer cette manière de voir, et à cet égard il est intéressant de comparer les résultats obtenus à la suite de la crise d'Épilepsie banale ou dans l'état de mal épileptique .
Pour permettre de comparer les faits, nous empruntons au mémoire précité le tableau des pages 508 et 509.
Voici maintenant les résultats de nos recherches dans un cas d'état de mal épileptique avant évolué une fois vers la guérison et la seconde fois vers la mort.
Les conclusions que nous avions adoptées avec le Dr Belarmino Rodriguez sont résumées dans le tableau de la page 510.
La première ponction lombaire a été faite alors que la malade avait depuis 24 heures des crises subintrantes ; nous avons observé alors une rétention très notable de produits azotés dans le sang avec une dissociation évidente entre les résultats par les deux méthodes de dosage (1 gr. 31, 0 gr. 52).
Dans le liquide céphalo-rachidien, la rétention a été moins marquée, et la différence beaucoup plus faible entre les produits azotés d'une part et l'urée d'autre part.
En même temps, l'élimination uréique urinaire était importante. Lorsque cette malade évolua vers la guérison, nous avons vu diminuer progressivement le taux des corps azotés dans le liquide céphalo-rachidien, et lors de la troisième ponction le chiffre en était normal.
Par contre, dans le sérum sanguin, la rétention azotée a persisté plus longtemps, et même lors du dernier examen la prédominance du taux des corps azotés sur celui de l'urée existait toujours dans des proportions anormales (0 gr. 43).
Ces études en série montrent que dans l'état de mal étudié par nous la formule de la rétention uréique est différente de celle que nous avons observée dans l'épilepsie vulgaire, puisqu'il y a, dans notre cas d'état de mal, rétention de produits azotés dans divers liquides de l'organisme.
D'autre part, il y a prédominance de la rétention dans le sérum sanguin et non pas dans le liquide céphalo-rachidien.
Lorsque l'évolution se fait vers l'atténuation des signes cliniques, la disparition de l'azotémie céphalo-rachidienne estassez rapide, tandis que persiste uneazotémie sanguine notable avec dissociation entre le taux de l'urée et des produits azotés non uréiques.
Il est évident que ces faits s Opposent à tout ce que nous a révélé, au point de vue de la rétention azotée, l'étude des crises d'épilepsie vulgaires et espacées.
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