‹ Questions neurologiques d'actualitéChapitre 147 sur 153 · TOXICITÉ DU LIQUIDE CÉPHALO RACHIDIEN · texte numérisé non relu

TOXICITÉ DU LIQUIDE CÉPHALO RACHIDIEN

Cette question a été l'objet de très nombreux travaux el les résultats

des auteurs sont souvent contradictoires.

Certains prétendent que le liquide céphalo-rachidien des cpileptiqucs est toxique lorsqu'il a été prélevé aussitôt après la crise ■ c'est ce qui

nous engage à relater une série d'expériences que nous avons faites avec mon collègue et ami René Mathieu sur ce sujet.

Nous avons prélevé immédiatement après une crise convulsive du liquide céphalo-rachidien d'une de nos épileptiques en état de mal, et nous lavons injecté aseptiquement dans le cerveau d'un cobaye.

Nous avons recommencé 1 expérience à plusieurs reprises sur trois cobayes différents que nous vous présentons aujourd'hui : ils n'ont eu à la suite de cette injection aucun accident grave, etenparticulier ils n'ont présenté aucune crise convulsive : leur état est aujourd hui normal, et cependant l'injection remonte à un temps variant de 2 à 3 mois. Nous avions injecté très lentement 1 centimètre cube de liquide céphalo-rachidien dans le cerveau des cobayes. Ce fait démontre qu'il peut y avoir état de malépileptique sans que ce liquide céphalo-rachidien, prélevé aussitôt après une crise, soit toxique pour le cobaye, quand il est introduit directement dans le cerveau. :

EXAMENS HÊMATOLOGIQUES

Vous savez, Messieurs, quel intérêt les travaux récents de M. Widol et de son école, relatifs à l'hémoclasie, ont donné aux recherches hématologiques. Il n'est pas étonnant qu'on ait appliqué à l'épilepsie ces méthodes d'investigation. Vous trouverez le résumé de ces travaux dans un article récent de M. Pagniez, dans un rapport de M.Courot, dans la thèse de M. Chwatt et dans celle de M. Brillet.

Je voudrais seulement vous apporter, à titre documentaire, le résultat des examens que M. René Mathieu a pratiqués chez une de nos épileptiques en état de mal.

Cas Pic. — Elat de mal épileptique.

Hémoglobine, 95 0/0 valeur globulaire.

Globules rouges, 4.000.000.

Très légère anisocytose.

Globules blancs 18 200

Pourcentage

, Polynucléaires neulrophiles 56 %

Polynucléaires éosinophiles i" 1 %

Formes de transition , • 1 %

Lymphocytes. ) ..... 42 %

Monos Moyens. ) ' ■

On voit qu'il va seulement une leucocytose modérée avec prédominance des éléments mononucléés, mais que cette formule, dans son ensemble, n'a rien que de très banal. De plus, l'examen du sérum san-

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guin de cette malade a montré qu'il se comportait d'une façon normale à l'égard de globules rouges d'individus normaux et de sujets épileptiqucs. Enfin la résistance globulaire chez cette malade était normale.

La malade avait eu 5 crises dans la journée, mais, le soir, à 4 h. 15, elle était en assez bon état, et consciente.

A 4 h. 30, elle a une crise très violente d'épilepsie généralisée, à 4 h. 51, une nouvelle crise, à 5 heures, une grande crise avec cyanose très marquée du visage. A 5 h. 09, à 5 h. 20, nouvelles crises, puis les crises se succèdent sans interruption ; on peut en compter une douzaine en une demi-heure.

Pendant 2 heures, l'observation a porté sur le nombre des leucocytes dans le sang, sur la tension artérielle, sur le nombre des pulsations, sur la température.

Nombre des leucocytes :

Les numérations ont été, au début, pratiquées de 5 en 5 minutes, pendant les crises et durant leur intervalle. Puis, les numérations ont été faites, en cherchant à saisir le début même des crises.

Il convient de remarquer combien sont grandes les difficultés techniques de ces examens : en effet, la malade a des crises de cyanose très marquée, il est donc vraisemblable que le nombre des globules rouges et blancs doit varier, par le fait même de cet accès passager, dans tous les capillaires périphériques.

Dans l'intervalle des crises, la respiration est superficielle, la malade est pâle et la circulation dans les capillaires périphériques subit des modifications inverses de celles qui accompagnent l'état de crise.

Cette remarque préalable étant faite, voici les résultats obtenus :

Au début de la période initiale, la malade étant en état de contracture tonique, avec visage cyanose.

Nombre de globules blancs : 9.200.

5 minutes après, malade dans la phase stertoreuse.

Nombre des globules blancs : 10.600.

5 minutes, crise terminée.

Globules blancs : 10.200.

5 minutes après, inconscience absolue, mais pas (Je irises.

Globules blancs : 7.200.

4 h. 51. On fait le prélèvement tout à fait au début de la crise, au moment où apparaissent les signes précurseurs. (Rotation îles yeux en haut et à droite.)

Globules blancs : 0 200.

5 h. 06. Après la fin d'une crise.

Globules blancs : 9000.

5 h. 20. Examen pratiqué tout à fait au début d'une grande crise.

Globules blancs : 11.000.

L'examen de la tension artérielle, fait en se mettant dans les conditions techniques les moins défavorables, montre qu'au cours de la crise comitiale, on observe une augmentation de la tension qui retombe bientôt à son chiffre normal ; dans le cas particulier, la tension était passée de 15 à 21 et était retombée à 15 après la fin de la crise convulsive.

Vous retiendrez de ces faits, Messieurs, que dans un de nos cas d'état de mal les plus longuement étudiés, les modifications hématologiques ont été minimes ou nulles.

Ces résultats négatifs n'ont qu'une valeur documentaire, c'est à ce titre que nous avons cru utile de vous les signaler. Bien loin de nous la pensée d'en tirer des conclusions d'une portée générale.

Il est seulement intéressant de souligner l'opposition qui existe, dans l'état de mal, entre la gravité des phénomènes cliniques et le résultat très modeste — presque nul à la vérité — des examens biologiques.

On peut donc se demander si les phénomènes sympathiques dont l'étude est actuellement à l'ordre du jour ne jouent pas un rôle important dans la production de ces accidents graves. Cette question mérite d'autant plus de retenir l'attention que la notion de répercussivité sympathique a été introduite récemment par M. André Thomas.

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